
Selon les grévistes, plus de 600 cliniques seraient touchées par le mouvement lundi. Chirurgiens, anesthésistes et obstétriciens libéraux sont en grève lundi pour pousser les pouvoirs publics à stopper la hausse de leurs primes d'assurance et à répondre à leurs revendications tarifaires. Ce mouvement, dont il est difficile de prévoir la portée pour les patients, provoque "l'inquiétude" dans les cliniques et la réprobation de certains syndicats. Le ministre de la Santé a solennellement appelé les chirurgiens à "assurer la continuité et la sécurité des soins", tout particulièrement en cette période de canicule (Lire l'article).
Les chirurgiens répondent qu'ils avaient prévenus de cette action depuis suffisamment longtemps et ont donc décidé de maintenir l'appel à la grève malgré les fortes chaleurs. Selon le ministère samedi, "les médecins de 71 cliniques privées" sur 603 "se sont déclarés participants au mouvement de grève". Quelque 680 blocs opératoires seront fermés "pour une durée illimitée", ont prévenu les trois syndicats concernés (UDCF pour les chirurgiens, Syngof pour les gynécologues obstétriciens et AAL pour les anesthésistes), soulignant les "problèmes de démographie majeurs" que vont bientôt connaître leurs spécialités.
"Il y a une très forte mobilisation", a affirmé Philippe Cuq, président de l'UDCF. Selon lui, plus de 3.000 chirurgiens, de 1.500 anesthésistes et 700 à 1.000 obstétriciens (libéraux) vont prendre part au mouvement. "Ces chiffres sont largement gonflés, même si le mouvement pourrait causer de réelles difficultés localement", a toutefois tempéré un directeur de clinique.
"Je suis très inquiet"
Selon la présidente de l'AAL, Marie-Pascale Quirin, "les patients des cliniques qui auraient des complications seront bien sûr pris en charge", mais les autres seront "dirigés vers l'hôpital". Le Syngof conseille aux femmes enceintes de "vérifier qu'il y a bien des obstétriciens et des anesthésistes" dans leur clinique mais a cependant assuré lundi que les accouchements seront pris en charge normalement.
"Je comprends ce mouvement, mais je suis aussi très inquiet pour le fonctionnement des établissements", a indiqué le président de la Fédération de l'Hospitalisation privée (FHP), Roger Ken Danis. Les Agences de l'Hospitalisation régionales (ARH) ont reçu pour mission de recenser les cliniques touchées et appelé les établissements non concernés (publics et privés non lucratifs) à prévoir des mesures en cas de surcroît d'activité. Les préfets pourront localement réquisitionner des médecins grévistes si ces mesures s'avéraient insuffisantes, ce que le préfet du Finistère a décidé de faire dès vendredi soir.
(Image DR)
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