600 cliniques perturbées par un mouvement de grève

le 24 juillet 2006 à 05h00 , mis à jour le 25 juillet 2006 à 09h46

Chirurgiens, anesthésistes et obstétriciens libéraux sont en grève depuis lundi matin et "pour une durée illimitée" en raison de hausses de leurs primes d'assurance. Plus de 600 cliniques seraient touchées selon les grévistes. Le ministre de la Santé juge le mouvement peu opportun et appelle les praticiens à assurer la continuité des soins.

TF1/LCI Chirurgien opération clinique hôpital

Selon les grévistes, plus de 600 cliniques seraient touchées par le mouvement lundi. Chirurgiens, anesthésistes et obstétriciens libéraux sont en grève lundi pour pousser les pouvoirs publics à stopper la hausse de leurs primes d'assurance et à répondre à leurs revendications tarifaires. Ce mouvement, dont il est difficile de prévoir la portée pour les patients, provoque "l'inquiétude" dans les cliniques et la réprobation de certains syndicats. Le ministre de la Santé a solennellement appelé les chirurgiens à "assurer la continuité et la sécurité des soins", tout particulièrement en cette période de canicule (Lire l'article). 

Les chirurgiens répondent qu'ils avaient prévenus de cette action depuis suffisamment longtemps et ont donc décidé de maintenir l'appel à la grève malgré les fortes chaleurs. Selon le ministère samedi, "les médecins de 71 cliniques privées" sur 603 "se sont déclarés participants au mouvement de grève". Quelque 680 blocs opératoires seront fermés "pour une durée illimitée", ont prévenu les trois syndicats concernés (UDCF pour les chirurgiens, Syngof pour les gynécologues obstétriciens et AAL pour les anesthésistes), soulignant les "problèmes de démographie majeurs" que vont bientôt connaître leurs spécialités.

"Il y a une très forte mobilisation", a affirmé Philippe Cuq, président de l'UDCF. Selon lui, plus de 3.000 chirurgiens, de 1.500 anesthésistes et 700 à 1.000 obstétriciens (libéraux) vont prendre part au mouvement. "Ces chiffres sont largement gonflés, même si le mouvement pourrait causer de réelles difficultés localement", a toutefois tempéré un directeur de clinique.

"Je suis très inquiet"

Selon la présidente de l'AAL, Marie-Pascale Quirin, "les patients des cliniques qui auraient des complications seront bien sûr pris en charge", mais les autres seront "dirigés vers l'hôpital". Le Syngof conseille aux femmes enceintes de "vérifier qu'il y a bien des obstétriciens et des anesthésistes" dans leur clinique mais a cependant assuré lundi que les accouchements seront pris en charge normalement.

"Je comprends ce mouvement, mais je suis aussi très inquiet pour le fonctionnement des établissements", a indiqué le président de la Fédération de l'Hospitalisation privée (FHP), Roger Ken Danis. Les Agences de l'Hospitalisation régionales (ARH) ont reçu pour mission de recenser les cliniques touchées et appelé les établissements non concernés (publics et privés non lucratifs) à prévoir des mesures en cas de surcroît d'activité. Les préfets pourront localement réquisitionner des médecins grévistes si ces mesures s'avéraient insuffisantes, ce que le préfet du Finistère a décidé de faire dès vendredi soir.

(Image DR)

le 24 juillet 2006 à 05:00
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14 Commentaires

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  • J-Yves, le 24/07/2006 à 19h30

    Au canada comme aux US, les gens portent plainte meme si le travail est bien fait, autre moyen d'arrondir ses fins de mois. Si les punitions se transformaient en tres fortes amendes pour l'etat de la prison pour les accuses et une compensation tres minimale, on verrait une baisse sensible de ce genre de proces

  • Olivier, le 24/07/2006 à 19h17

    Deontologiquement, je ne comprend pas que l'on puisse faire grêve lors d'une alerte sanitaire... bien que cela ne change pas grand chose, vu que de plus en plus les cliniques privées ne prennent plus d'urgences et renvoient vers l'hopital (même leurs propres patients dès que ça se complique). messieurs les grevistes, avez vous un peu de sens moral, ou ne pensez vous qu'a votre portefeuille? de telles pratiques me laissent perplexes quant à l'avenir. "nous on veut gagner notre pain tranquillement, pour le reste il y'a l'hopital public"

  • Lucien, le 24/07/2006 à 17h07

    Justifier la grève par la hausse des assurances.....si le travail est bien fait, les tribunaux rejetteront la plainte ,,,,qu'en conclure......

  • Bidou, le 24/07/2006 à 16h38

    "Grève dans les cliniques privées malgré la canicule". La canicule n'a jamais été une contre-indication à la grève, au repos et à la sieste.

  • Maret, le 24/07/2006 à 15h28

    Donner le quart de son salaire en assurance qui est prenneur?ou prendre l'argent quand on debute?

  • Daniel, le 24/07/2006 à 14h39

    Je trouve qu'ils exagèrent! il ne faut pas oublier qu'ils pratiquent souvent, pour ne pas dire toujours, des dépassements d'honoraires à la charge totale du patient et les montants demandés sont parfois exorbitants.

  • Jean claude, le 24/07/2006 à 13h41

    Que l'on soit pour ou contre , le problème est que ce ne sont pas des nantis qui font grève : 70 h par semaine : qui les fait ? le gros problème est que les vocations pour ce genre de boulot disparait et la relève n'existe pas j'ai le meme problème en tant que medecin généraliste :je bosse comme un fou = 70 h minimum j'ai 49 ans retraite peau de chagrin a 65 ans pas avant et aucun medecin jeune ne reprendra ma place . alors faudra pas se plaindre ensuite d'une sous medecine plus tard a 35 h et totalement incompétente

  • Lucas, le 24/07/2006 à 13h34

    Les primes d'assurance augmentent car les litiges avec les particuliers représentent des demandes d'indemnisation de plus en plus importantes. Tout ça a évidemment un coût. On ne peut pas à la fois se féliciter de la multiplication des procès et faire comme si cela n'avait pas un coût pour la collectivité au final. On ferait bien de réfléchir à tout ça avant de lancer les "class actions" à la française : on aura le même résultat et le prix du yaourt va augmenter car les fabricants devront se protéger face au risque de procès fleuves...

  • Lucas, le 24/07/2006 à 13h16

    Scandaleux !!!! apres les faignants du CPE les medecins s'y mettent aussi !!!! au travail VITE !!!!

  • Thierry, le 24/07/2006 à 12h59

    Dire que le mouvement des praticiens libéraux des cliniques met en difficulté l'hopital, est de la désinformation pour deux raisons: 1-les cliniques médico-chirurgicales et obstétricales n'ont jamais eu vocation à accueillir les urgences telles les déshydratations de la personne agée 2 si la grève des accouchements peut certes occasionner une gène pour l'hopital,ce dernier ne puisera certainement pas dans les personnels des services de médecine ou d'urgence pour absorber le surcroît d'activité. Le mouvement des anesthésistes chirurgiens et gynéco-obstétriciens est prévu depuis janvier de cette année, de nombreuses réunions publiques et conférences de presse ont eu lieu sur ce sujet.Une fois de plus les autorités semblent le découvrir 3 jours avant la date prévue. Incrédulité, méconnaissance du dossier ou mépris? On comprend mieux leur réaction qui n'est que désinformation comme l'utilisation d'évènement climatique pour dresser les uns contre les autres afin de provoquer la vindicte populaire.

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