
2%, c'est la hausse sur laquelle patronat et syndicats de salariés se sont mis d'accord mercredi lors du Conseil d'administration de l'Unedic. La mesure prend effet à compter du 1er juillet sera donc rétroactive. Après "deux années de vaches maigres", selon les mots de la présidente de l'Unedic Annie Thomas (CFDT), les syndicats voulaient que les demandeurs d'emploi bénéficient d'une augmentation conséquente de leurs allocations.
En 2004, dans un contexte financier difficile, le "salaire" des chômeurs avait été revalorisé d'1%, un taux inférieur à l'inflation. 2005 avait été une année blanche. Pour 2006, "on nous annonce de bons chiffres je ne vois pas pourquoi les chômeurs n'en profiteraient pas", avait déclaré Michel Coquillion de la CFTC avant la tenue de la réunion.
La tentation d'assainir la dette
La reprise des créations d'emplois et la forte baisse du chômage, conjuguées aux mesures d'économies prises par l'Unedic, a joué favorablement sur les comptes de l'assurance chômage. L'Unedic devrait enregistrer un excédent de de 245 millions d'euros fin 2006, ramenant le déficit cumulé à 13,2 milliards d'euros à la fin de l'année, selon des chiffres publiés mercredi. Pour le patronat, ces chiffres prouvent au contraire que la situation reste "fragile" et que la "priorité doit être donnée au remboursement de la dette", selon Jean-François Veysset de la CGPME.
Une hausse de 2% se situe donc plutôt dans la fourchette basse de ce qui était espéré : entre 1,9% et 3%. La CFDT et la CFTC revendiquaient une revalorisation "au moins égale" à la hausse du Smic, soit 3%. La CGT réclamait, elle, une revalorisation au moins équivalente à celle du Smic cumulée en 2005 et 2006, soit +8,56% mais convenait qu'il fallait "arrondir tous les angles pour qu'il y ait une position commune afin d'aboutir à une revalorisation du pouvoir d'achat". C'est chose faite.
Le recours au privé pour placer les chômeurs reconduit |
Le bureau de l'Unedic a décidé mercredi d'étendre les expériences de placement des chômeurs par des cabinets privés, pour faire passer de 7.000 à 40.000 le nombre des demandeurs d'emploi concernés. La rémunération de l'organisme prestataire de service est désormais conditionnée à la réussite du placement. Elle sera "de 30% à l'accueil de la personne, 35% à la signature d'un CDD ou d'un CDI d'une durée minimale de six mois et 30% s'il est constaté une ancienneté continue de six mois dans la même entreprise", a précisé Jean-Claude Quentin, secrétaire confédéral de Force Ouvrière, membre du bureau de l'Unedic.
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