Gérard Larcher s'exprimant après avoir reçu les professionnels du BTP, secteur très touché par la canicule © DRA la demande des fédérations patronales du bâtiment et des travaux publics, reçues mardi matin, Gérard Larcher va écrire mercredi aux présidents des associations des maires, départements et régions de France pour qu'ils "invitent" les collectivités locales, maîtres d'ouvrages des chantiers BTP, "à faire preuve de souplesse et de compréhension vis-à-vis des délais de livraison des chantiers dépassés à cause de la canicule". Il va également demander d'adapter les arrêts municipaux, notamment ceux liés au bruit, "afin d'autoriser les aménagements d'horaires sur les chantiers".
La nécessité "d'aménager ou de réduire le temps de travail sur certains chantiers peut poser des problèmes pour les entreprises qui doivent, surtout dans le domaine scolaire, terminer leurs chantiers d'ici la rentrée", a souligné Bertrand Sablier, délégué général de la Fédération française du bâtiment (FFB). Selon Patrick Liébus, de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), "il y a un ralentissement de l'activité à cause de la canicule, alors que la période estivale est traditionnellement porteuse". "Par rapport à un été classique, nous avons 15 à 20% de productivité en moins. On va avoir du mal à rattraper", a-t-il indiqué.
Alors que les salariés du secteur sont particulièrement exposés à la chaleur - un ouvrier de 53 ans est mort d'hyperthermie le 19 juillet sur un chantier à Mâcon - les employeurs du bâtiment ont "pris la mesure des choses, ils sont très mobilisés", a assuré Gérard Larcher mardi, lors d'une visite d'un chantier "modèle" à Paris. Face à la canicule, les employeurs ont "activé leur Caisse des intempéries", financée par leurs fédérations, qui prévoit une indemnisation à titre exceptionnel en cas d'arrêt de travail. Elle leur permet de verser 75% du salaire brut à leurs employés. Selon Gérard Larcher , seuls quelques chantiers d'enrobage des routes, où l'on utilise des matériaux à 180°, ont pour l'instant été fermés.
"Le Code du travail prévoit que l'employeur a comme responsabilité d'assurer la santé et la sécurité de ses salariés", a rappelé le ministre. La FFB a assuré qu'elle allait "accentuer ses efforts pour sensibiliser les entreprises sur le terrain sur les mesures de bon sens: aménager les pauses, décaler les horaires, eau fraîche à disposition, etc." Et à la rentrée, Gérard Larcher et le patronat du BTP vont organiser un "retour d'expériences et examiner les aménagements de la réglementation qui seraient nécessaires". La CFDT et la CFTC ont toutefois déploré ne pas avoir été reçues, estimant que les syndicats ont été "encore oubliés du gouvernement". Selon la CFTC, "les mesures prises dans le cadre de la prévention de l'hyperthermie au travail, si elles ne sont pas appliquées, doivent exposer l'employeur à des sanctions".
Photo d'ouverture : Gérard Larcher - archives
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