
On compte aujourd'hui en France quelque 300.000 "aidants familiaux". Ces personnes qui viennent en aide à un de leur proche dépendant le font parfois au détriment de leur vie professionnelle. Pour les soutenir, Dominique de Villepin, à l'issue de la Conférence annuelle de la famille qui s'est tenue lundi à Matignon, a annoncé la création d'un congé spécifique. Il a souligné à cette occasion la nécessité "d'adapter notre modèle social" à la nouvelle donne que constitue le vieillissement de la population avec "un défi essentiel, le renforcement du lien entre les générations". Le gouvernement souhaite "soutenir davantage les personnes qui ont la charge d'un parent dépendant, encourager les jeunes retraités à s'investir dans la vie de la cité et permettre aux jeunes de prendre leur envol" grâce à un "coup de pouce qui leur manque parfois", a-t-il résumé.
Le congé de soutien familial, qui doit entrer en vigueur début 2007, est destiné aux "aidants familiaux" auprès de personnes âgées ou de personnes handicapées dont le handicap est particulièrement lourd, ainsi que des parents bénéficiant de l'Allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH). Il sera renouvelable dans la limite d'un an et ne pourra pas être refusé par l'employeur. Le coût estimé de cette mesure est de 10,5 millions d'euros en année pleine, a précisé le gouvernement. Aucune rémunération n'est prévue, mais le salarié en congé de soutien familial continuera à acquérir des droits à la retraite via l'assurance vieillesse du parent au foyer (AVPF), qui garantit déjà notamment la continuité des droits à la retraite des parents d'enfants handicapés.
"Un congé de trop pour les PME"
Pratiquement, le salarié, qui devra respecter auprès de son employeur un préavis de deux mois (sauf urgence) et avoir une ancienneté d'au moins un an, aura la garantie de retrouver son emploi ou un emploi équivalent dans son entreprise au terme du congé. C'est une commission des droits des maisons départementales des personnes âgées ou une équipe médico-sociale du département qui détermineront la qualité d'"aidant familial", à faire valoir auprès de l'employeur.
Par ailleurs, pour offrir du "répit" aux aidants familiaux, le Premier ministre a souhaité que soient développées les places d'accueil de jour et les renforts de professionnels à domicile, rappelant les mesures déjà annoncées dans le cadre du plan "solidarité grand âge". D'autres mesures visent à encourager le bénévolat des "jeunes retraités", comme la possibilité ouverte pour les collectivités de créditer pour eux un "compte épargne-service" avec des chèques emplois-services universels (Cesu).
Parmi les premières réactions, la présidente de la Caisse nationale des allocations familiales, Nicole Prud'homme, a estimé que la Conférence de la famille 2006 avait "ouvert de nouvelles perspectives pour la politique familiale". La CGPME a critiqué pour sa part la création d'un "congé de trop pour les PME", car "un salarié absent par périodes aléatoires de 3 mois peut gravement désorganiser une petite entreprise, en rendant difficile son remplacement". Le président de l'Union nationale des associations familiales (Unaf) François Fondard s'est félicité de la "reconnaissance" accordée aux "300.000 aidants familiaux". Cependant, l'Ufal (Union des familles laïques de France), membre de l'Unaf, a estimé que le congé de soutien familial était "un recul", marquant le désengagement de l'Etat dans la prise en charge de la dépendance.
Image LCI. En France, 300 000 aidants familiaux viennent en aide aux personnes dépendantes de leur famille.
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