Course contre la montre pour sauver Eurotunnel

le 12 juillet 2006 à 22h16 , mis à jour le 12 juillet 2006 à 22h28

Les discussions entre la direction d'Eurotunnel et ses créanciers sur la restructuration de la dette se poursuivaient mercredi soir. L'échéance étant fixée à minuit, un porte-parole du groupe a annoncé qu'il y aurait un conseil d'administration jeudi, quel que soit le résultat des négociations.

eurotunnel gounon

La direction d'Eurotunnel et ses créanciers étaient toujours mercredi soir en pleines tractations pour tenter de trouver un accord sur la restructuration de la dette de 9 milliards d'euros, alors que le PDG du groupe a d'ores et déjà préparé le terrain en cas d'échec des discussions. Si les négociations demeurent infructeuses, le PDG Jacques Gounon sera reçu par un juge du Tribunal de commerce de Paris pour qu'il examine la demande de sauvegarde déposée par le groupe mardi matin. Le rendez-vous aurait été fixé jeudi à partir de 10 heures.

La demande d'une procédure de sauvegarde permet de "se préparer à toute éventualité et "de se mettre en ordre de marche dès demain (jeudi) matin", a-t-on déjà indiqué chez Eurotunnel. Mercredi soir, les discussions continuaient toutefois pour tenter d'éviter la procédure judiciaire. Les participants avaient jusqu'à minuit pour s'entendre. Et quoi qu'il arrive, le groupe réunira son conseil d'administration jeudi matin. Quelle que soit l'issue des négociations. Un porte-parole d'Eurotunnel l'a précisé mercredi soir : "Il y aura une solution jeudi", car "l'échéance c'est jeudi".

L'Adacte assigne en référé Eurotunnel "pour fausse information"

Parmi les créanciers figurent des banques, comme l'américaine Goldman Sachs ou la française BNP Paribas, mais aussi des sociétés d'investissements comme Résurgence ou Eliott, qui détiennent des obligations du groupe. Une partie des "obligataires" s'oppose au plan de refinancement proposé par la direction d'Eurotunnel, s'estimant lésés. Inspiré du droit des faillites américain ("Chapter 11"), le plan de sauvegarde permet d'éviter le dépôt de bilan. Il concerne des entreprises connaissant des "difficultés qu'elles ne peuvent surmonter et de nature à les conduire en cessation de paiement". Il s'agit d'éviter, à terme, la liquidation judiciaire. Un juge est désigné pour tenter de mettre d'accord les parties. Pendant ce temps, les dettes - qu'Eurotunnel doit théoriquement commencer à rembourser début 2007 - sont gelées.

Enfin, même si créanciers et direction parvenaient à se mettre d'accord, reste encore une embûche de taille : la position des actionnaires. Convoqués en assemblée générale le 27 juillet, ils seront appelés à se prononcer sur le plan de refinancement si celui-ci est adopté. L'Adacte, association d'actionnaires, a indiqué mercredi son intention de voter contre ce plan, s'il reste en l'état. Cinq de ses membres ont assigné en référé Eurotunnel "pour fausse information". L'audience est prévue le 18 juillet au Tribunal de commerce de Paris. L'association a aussi demandé la désignation d'un expert pour examiner la dette ainsi que l'ajournement de l'assemblée générale du 27.

Photo d'ouverture : Jacques Gounon , PDG d'Eurotunnel - archives

le 12 juillet 2006 à 22:16
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