© LCIAprès des jours de valse-hésitation, les événements se précipitent dans la crise EADS-Airbus. Dimanche après-midi, des sources industrielles faisaient ainsi savoir que le co-président exécutif d'EADS, Noël Forgeard, et le président d'Airbus, Gustav Humbert, étaient tous deux sur le départ. Une annonce était prévue "dans la soirée". Mais quelques minutes plus tard à peine, deux communiqués officiels, émanant d'EADS et d'Airbus, officialisaient la démission de Forgeard, et celle de Gustav Humbert "avec effet immédiat".
Le premier sera remplacé par Louis Gallois, et le second par Christian Streiff. Louis Gallois, 62 ans, actuel président de la SNCF, est aussi ancien président d'Aerospatiale, l'une des sociétés à l'origine de la création d'EADS en 2000. Quant à l'ingénieur des Mines français Christian Streiff, 51 ans, nommé à la tête d'Airbus, il est l'ancien dauphin du patron de Saint-Gobain Jean-Louis Beffa. Il avait été un temps pressenti pour lui succéder.
L'annonce du choix de Louis Gallois saluée
Tom Enders, le co-président allemand d'EADS, conserve pour sa part son poste et assurera la présidence du comité des actionnaires d'Airbus. La structure bicéphale d'EADS, un temps sur la sellette, n'a finalement pas été remise en cause, la coprésidence franco-allemande étant maintenue au niveau de l'exécutif et au conseil d'administration, présidé par les deux actionnaires de référence Arnaud Lagardère (15%) et DaimlerChrysler (30%). Les syndicats FO et CGT d'Airbus ont plaidé dimanche pour le maintien de cette direction bicéphale. Mais EADS "a décidé d'intégrer étroitement la Division Airbus à la structure organisationnelle du groupe", tirant la leçon des dysfonctionnements de communication ayant entouré les retards de l'A380.
"L'Etat a soutenu la proposition faite par les acteurs industriels", a commenté Thierry Breton sur Europe 1 peu après l'annonce du choix de Louis Gallois. Un choix salué par Georges Sarre, premier secrétaire du MRC (chevènementiste), qui voit en Louis Gallois "sans doute le meilleur capitaine d'industrie du pays". Le secrétaire général de la CGT-cheminots, Didier Le Reste, l'a qualifié pour sa part de "grand commis de l'Etat, intègre et désintéressé", en soulignant qu'il a "battu des records de longévité à la SNCF". La place qu'il y laisse vacante reviendra à Anne-Marie Idrac, actuellement à la tête de la RATP. Elle-même sera remplacée à la RATP par Pierre Mongin, directeur de cabinet de Dominique de Villepin.
Quant à Noël Forgeard, mis en cause pour avoir vendu un gros paquet d'actions EADS en mars, peu avant le désengagement partiel des deux actionnaires DaimlerChrysler et Lagardère, et l'annonce de nouveaux retards de l'A380, il était sous le feu des critiques et avait dû se prêter à une audition devant les commissions des Finances et des Affaires économiques de l'Assemblée nationale. "Je suis compétent et honnête. Il est hors de question" de démissionner, assurait-il alors. Mais tout comme Gustav Humbert, il fait finalement les frais des contretemps du programme d'avion géant d'Airbus.
Photo d'ouverture : Noël Forgeard - archives
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