Emprunter même avec un cancer

Par Par Sophie LUTRAND, le 05 juillet 2006 à 17h35 , mis à jour le 06 juillet 2006 à 10h06

Une convention favorisant les emprunts pour les personnes malades qui doivent souvent s'acquitter de primes d'assurance exorbitantes doit être signée jeudi. Pourtant, pour certaines associations, le texte ne va pas assez loin.

xavier_bertrand

Lorsque Paulette hérite de la maison de ses parents, ses enfants et elle commencent à faire des plans sur la comète pour la transformer en maison de vacances capable d'accueillir la famille. Le temps de peaufiner le projet, Paulette tombe malade : cancer du sein. Après un an de traitement, la tumeur disparaît et la sexagénaire retrouve tout son dynamisme. Elle prend son dossier sous le bras et va voir son banquier pour obtenir un prêt pour les travaux. 60 000 euros sur 10 ans. Le banquier lui propose des mensualités de 600 euros. Cela rentre dans son budget. L'assurance accepte également son dossier mais, au regard de son dossier médical, exige des primes mensuelles de... 600 euros. Le projet tombe à l'eau.

C'est ce genre de déception que la nouvelle convention Aeras, Assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé, devrait prévenir. Ce texte, qui remplacera dès début 2007, la précédente convention Bellorgey, devait être signé jeudi par le ministre de la Santé, le ministre de l'Economie, les associations de banques, de malades et de consommateurs. Parmi les principales mesures, la possibilité de bénéficier d'une assurance invalidité en plus d'une assurance décès, la prise en charge de la surprime d'assurance pour les personnes à revenus très modestes et l'augmentation du plafond des crédits : 300 000 euros pour un crédit immobilier au lieu de 250 000 euros auparavant et 15 000 euros pour un crédit à la consommation contre 10 000 euros jusqu'à présent. Sont concernées les personnes malades d'un cancer, de maladies cardio-vasculaires, de séropositivité ou bien de diabète...

Une loi plus contraignante qu'une convention

Les associations Aides et Sida-info-service ont salué mercredi les avancées que devrait permettre cette convention, même si Aides juge qu'on est "encore loin du compte" pour permettre aux séropositifs d'avoir accès au crédit. L'association Sida-Info-Service voit pour sa part "une avancée significative qui devrait permettre de limiter l'une des principales souces de discrimination reposant sur l'état de santé des personnes".

Pourtant, deux associations ont d'ores et déjà fait savoir qu'elles ne signeraient pas la convention Aeras. L'Association des Paralysés de France estime qu'une "intervention législative est nécessaire si l'on veut que les mesures prises puissent avoir un réel impact". L'association demande une "application du principe de non discrimination", impliquant les règles "de proportionnalité du taux d'assurance aux risques et de mutualisation du risque". "Or, en ce qui concerne les personnes en situation de handicap, on constate une discrimination puisqu'elles se voient appliquer le plus souvent une surprime (...) pas toujours justifiée ni proportionnée par rapport au risque", ajoute l'APF.

L'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir ne signera pas non plus la convention. Pour celle-ci, la nouvelle convention ne va pas plus loin que la précédente. Or, la convention Bellorgey avait entraîné jusqu'à 60% de sous-déclaration auprès des assureurs selon une enquête Sida Info service. De peur de voir leur dossier refusé, les malades sous-estiment leurs problèmes de santé. En cas de problème, l'assureur "profite alors automatiquement d'un double effet d'aubaine créé par la loi : il n'a plus à verser d'indemnisation tout en conservant de plein droit l'ensemble des primes versées depuis le début du contrat. Pour les assureurs, les personnes à risque de santé aggravé constituent un risque zéro et des revenus garantis !", estime l'UFC-Que choisir.

Photo : Xavier Bertrand, ministre de la Santé

Par Par Sophie LUTRAND le 05 juillet 2006 à 17:35
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6 Commentaires

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  • Daisylia, le 17/10/2009 à 15h54

    Bonjour et merci de me lire voilà depuis environ 1an l'ont m'a déclaré une maladie coronarienne,(grosse artére du côté droit bouchée) ce qui s'appelle la maladie d'angor, et cette année au mois d'aout le médecin vient de déclarer un cancer bronchique à petite cellules à mon époux , à1an de sa retraite . nous avons une caravane trés moderne mais loude pour manipulé alors nous avions fait le projet d'acheter un camping car d'occasion avec pour apport personnel le montant de la caravane en reprise , nous avons demandez 32000? pour financé le reste dû mais sans assurance nous avons fourni tous les papiers nécessaires cette demande à été faite par le consessionaire auprés d'une société (financo pour ne pas la nommée ) nous avons essuyé un refu . c'est notre rêve pour voyager avec nos chiens alors a qui pouvons nous nous adreez s'il vous plait c'est urgent il ne nous garderons pas le camping car 1mois car ils ont fait une autre demande auprés d'une autre maison de crédit nous sommes en attente de réponse début semaine prochaine merci de nous lire et de nous orienter pour concrétiser notre rêve j'ai 63ans et mon époux 59ans salutations daisylia

  • Lili01, le 06/07/2006 à 15h46

    Il faut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade.....C'est vrai, je pense que cela simplifie la vie, je ne sais pas pourquoi mais cela simplifie bien la vie...

  • Bidou, le 06/07/2006 à 15h40

    Qui va financer cette mesure ? L'Etat, peut-être, avec ses excédents budgétaires !

  • Michel, le 06/07/2006 à 14h02

    Pas grave braves gens, même crevards empruntez empruntez pour le plus grand bonheur de votre banquier. Le jour où vous décéderez croyez vous que les banquiers vous feront cadeau du fric ou que l'état vous viendra en aide?? Non, ce sont vos héritiers qui trinqueront un max et seront poursuivis pas les huissiers qui les mettront sur la paille avant même qu'ils aient commencés a faire leur vie.. Le jour où vous verrez l'état et les banquiers prendre un risque ou vous faire des cadeaux, comme on dit, les poules auront des dents. Tout ça ce sont de honteuses manoeuvres pour artificiellement relancer la consommation et créant de l'endettement. Le gouvernement et les banquiers n'ont rien à foutre des conséquences de ces mesures. Beaucoup de jeunes gens seront SDF avant même d'être rentrés dans la vie active. Merci encore une fois à ce gouvernement qui piétine et méprise l'être humain.

  • Angele, le 06/07/2006 à 10h13

    Bravo pour ce vote. a quand le pret pour les gens interdiction bancaires, au moins leur permettre de rembourser ce kil doit aux organisme, au lieu de les laisser mourir avec 'interdiction bancaire" fiché pour longue durée.tout le monde a droit à une chance dans la vie.

  • Savineau, le 06/07/2006 à 08h07

    J'ai un cancer du sein,66ans,dans 4ans,je voudrais refaire la salle de bains adaptée à mes besoins,veuvenusufruitiére de ma maison,je ne pourrais pas rembourser des sommes élevées,dois-je mourir pour cela,je trouve cela ecoeurant,de nos jours ,il faut donner aux petits-enfants,mais pour nous rien,nous n'avons donc plus rien à faire sur terre,toutle monde vieillira et alors que deviendrons -nous,merci de m'avoir lu.

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