© INTERNERenault et Nissan ont donné leur feu vert lundi à des discussions sur un éventuel mariage à trois avec General Motors. Le conseil d'administration de Renault a dit lundi soir avoir "approuvé la position proposée par (le pdg) Carlos Ghosn : des discussions avec General Motors, concernant une alliance potentielle, pourraient être engagées dès lors que General Motors en ferait la proposition". Proposez, nous disposerons. Celui de Nissan avait dit un peu plus tôt souhaiter la poursuite "des discussions exploratoires concernant une possible alliance avec General Motors, à condition que GM appuie et entérine les propositions faites par ses actionnaires". Les administrateurs ont délégué "tous les pouvoirs nécessaires" à Carlos Ghosn, PDG de Renault et Nissan, pour "conduire toute discussion et négociation sur ce sujet".
Les deux groupes répondaient à la proposition du milliardaire américain Kirk Kerkorian, actionnaire de General Motors à 9,9% via son fonds d'investissement Tracinda, d'entrer dans l'alliance Renault-Nissan. GM n'a toujours pas réagi. Renault et Nissan, liés depuis 1999 par des participations croisées, songeraient à prendre à parts égales jusqu'à 20% du capital de GM, selon l'agence de presse japonaise Kyodo.
Les avantages... et les risques
Financièrement, Renault et Nissan ont assez d'argent en caisse pour acheter une part de GM, dont la capitalisation boursière a fondu. "Prendre 10% dans GM représenterait 1,3 milliard d'euros pour Renault (autant pour Nissan)", ce que le groupe "peut largement encaisser" alors que son endettement est "modeste", selon un analyste parisien. Mais il reste à déterminer ce que Renault et Nissan gagneraient à s'allier avec un groupe en crise et en passe de perdre sa place de n°1 mondial au profit de Toyota.
Autres inconvénients d'un mariage à trois, le ralentissement attendu de la croissance et du marché automobile américains, et une exposition accrue aux risques de GM. Or "les problèmes de GM en Amérique du Nord sont largement liés au chiffre d'affaires et à des problèmes de marque, pour lesquels ni Nissan ni Renault ne peuvent aider", selon la Deutsche Bank.
Selon François Loos, ministre délégué à l'Industrie, "il faut y aller avec énormément de prudence parce les Etats-Unis c'est un marché immense et compliqué" et parce que General Motors rencontre des difficultés liées notamment selon lui au financement des retraites. De son côté, la CGT s'est dite "préoccupée" de voir "l'émergence d'un tel monstre en termes de concentration de capital, de pouvoir et d'influence sur l'avenir de l'industrie automobile mondiale".
Photo d'ouverture : chaîne de montage Renault - archives
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