L'immobilier suspendu à la santé du crédit

Par Par Sophie LUTRAND, le 04 juillet 2006 à 16h12 , mis à jour le 05 juillet 2006 à 14h18

Les prix augmentent encore mais moins rapidement. Maintes fois annoncée, une chute des prix de l'immobilier est-elle à prévoir pour la fin de l'année ?

immobilier immeuble parisien

LCI.fr : A force de l'évoquer, la bulle immobilière est-elle de venue une réalité ?

Xavier Timbeau * : Nous sommes toujours dans une hausse du marché immobilier soutenue par le crédit aux ménages. Ce dernier bénéficie de deux facteurs : des taux d'intérêts très bas et un changement dans les pratiques bancaires qui favorisent non seulement des emprunts sur des périodes plus longues mais aussi une baisse des primes de risque et donc de la part des assurances dans les emprunts.

Or, ces deux phénomènes pourraient se tarir d'ici à la fin de l'année. Plus qu'à une baisse des prix, on pourrait assister à une moindre production de crédits immobiliers par les banques. Il faut savoir que 140 milliards d'euros de crédits ont été accordés depuis décembre 2005. Cela correspond à 5 points de PIB, c'est considérable.

LCI.fr : Quels sont les facteurs qui pourraient faire reculer le crédit immobilier ?

Xavier Timbeau : Aux Etats-Unis comme en Europe, nous assistons à un resserrement monétaire. Les banques centrales relèvent leurs taux d'intérêt. La banque centrale européenne a déjà relevé le sien d'un demi point depuis le début de l'année mais ça ne s'est pas beaucoup retrouvé dans les crédits aux particulier. Elle pourrait encore augmenter son taux principal de 0,5 point d'ici à la fin de l'année. Cela va provoquer une répercussion directe sur les prix, c'est sûr. Au moins une stabilisation et peut-être même une petite baisse.

LCI.fr : Si l'on regarde les chiffres publiés mardi, un ralentissement du marché semble déjà amorcé.

Xavier Timbeau : Non, on ne peut pas vraiment parler de coup d'arrêt. Les hausses annuelles se situent autour de +15%, c'est encore un bon niveau. Si l'on regarde les chiffres des notaires qui s'appuient sur les actes de vente et sont donc plus fiables que les agences qui tablent sur les promesses de vente, le marché immobilier reste très actif.

LCI.fr : Le marché immobilier obéit-il à un cycle économique particulier avec de fortes hausses suivies de chutes brutales comme dans les années 90 ?

Xavier Timbeau : Non, l'immobilier n'a pas de cycle particulier. Il est très lié à la santé des banques et à leurs pratiques. Dans les années 90, les banques prêtaient pour 15 ans, aujourd'hui, sur 30 ans. C'est ça qui maintient une demande forte.

10% pour l'Ile-de-France, 15% pour la France

  • Les prix de vente de l'immobilier ancien ont progressé en France de 9,1% au mois de juin sur un an, selon la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM). Le prix des maisons est en hausse de 9,8% en juin 2006 par rapport à juin 2005 et celui des appartements progresse de 8,7%.
  • Les prix des appartements en Ile-de-France ont encore augmenté de 14,3% au 1er trimestre 2006 par rapport au 1er trimestre 2005, contre +15,7% un an plus tôt, selon l'indice des notaires franciliens. Paris reste de loin le département francilien le plus cher, avec pour un appartement ancien 5.352 euros/m2 en moyenne (+12,7%).

* Xavier Timbeau est directeur du département analyses et prévisions de l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) et participait mardi à un colloque de l'Observatoire national des marchés de l'immobilier sur le thème : "
Bulle immobilière ou cycle ?"

Par Par Sophie LUTRAND le 04 juillet 2006 à 16:12
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7 Commentaires

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  • Laurent, le 05/07/2006 à 12h07

    La chutte des prix a déjà commencé! Je travail dans l'immobilier depuis plus de dix ans sur Paris et régions parisiènnes et nous en sommes déjà à 2% de baisse en quelques mois ce qui n'est que le début car cela devrait rapidement atteindre les 10%! Merci de publier de vraix information sur la situation actuelle.

  • Fabien, le 05/07/2006 à 12h06

    La baisse aura bien lieu tôt ou tard. N'en déplaise à tous les vendeurs de biens et autres profiteurs. Il n'y a qu'à être un petit peu lucide : personne ne s'étonne de voir les prix croitre de 10 à 15 % tous les ans depuis 8 ans (cela parait être rentré dans l'inconscient collectif), mais lorsque l'on parle d'une baisse significative (30 à 50 %) tout le monde est dubatatif. En fait cela s'appel tout simplement une correction de marché et cela s'applique à toute forme de valeurs foncières. Un petit conseil pour les ménages les plus modestes : IL EST URGENT DE NE PAS ACHETER EN CE MOMENT !

  • Patrick, le 05/07/2006 à 07h21

    Bonjour la baisse n'est pa pour demain et dans certaine region elle ne s'appliquera pas qui peut achetter en ce moment les riches comme toujours

  • Celavie, le 04/07/2006 à 21h57

    Je viens d'acheter, est ce grave docteur ?

  • MOUTTE, le 04/07/2006 à 21h31

    Quand on ne trouve que des merdes a acheter à des prix complètement fous, on prend la fuite on achète à l'étranger; Comment peut on vendre des appt de 32m2 a desprix exhorbitants pour 400 000 vous n'avez meme pas deux salles de bains, des chambres qi sont des placards des maisons sans conforts quand les francais ou les promoteurs vont se decider a construire des choces décentes . nous avons vecu aux uSa, il est tres frequent de rouver trois chambres deux bains dont un parental ou deux cambres deux bains m^émé dns les petits budgets. Quand aux agences immobilieres en France, il faut s'accrocher pour leur faire confiance. j( ai ete agen immobilier aux USA, la moindre erreur ou mensonge est sanctionnée; on ferait bien d'en faire faire autant. magouille a tous les niveaux merci mais nosu avons cerche un maison pendant un an, a part une sympa avec helas vue sur des cheminees de la SHELL nous n'a vons rien trouvé, on vous montre ce que vous ne voulz paa voir....merci

  • Mojorisin, le 04/07/2006 à 18h41

    Et j'ajoute : il y a encore un an les banques prêtaient têtes baissées à 100% voire 110% (frais de notaires inclus); Aujourd'hui ce n'est plus le cas, inutile donc d'être sorti de Saint-Cyr pour comprendre que ça commence à freiner des deux pieds chez beaucoups d'institutionnels...

  • Mojorisin, le 04/07/2006 à 18h36

    Comme on pourrait aussi ajouter : hausse vertigineuses des taxes locales, hausse des coûts d'entretien (+1.7% en un seul trimestre)et de construction...comme hausse des dépenses d'équipements (bricolage, jardinage, décoration);si l'immobilier, valeur moderne d'une idéologie basée avant-tout sur le revenu patrimonial et non celui du travail n'existait pas, il aurait fallu demander aux grandes banques centrales de l'inventer pour créer de la croissance mais aussi et surtout de la richesse virtuelle. Oups, déjà fait je crois! Quel dommage que plus aucuns projets industriels viables ne soient à l'ordre du jour car demain, on fera comment pour générer de la croissance une fois que tout le monde aura acheté sa bicoque et se sera endetté au point de ne plus pouvoir consommer? L'hypothèque rechargeable et le recours systématique au crédit bien sûr! Où comment endetter ses enfants et arrières petits enfants pour son seul confort présent tout en risquant la banqueroute au moindre drapeau rouge de votre banque...D'ici là, faites chauffer la CB!

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