Liban, destination en stand by

Par Par Stéphanie Morbois avec AFP, le 18 juillet 2006 à 16h14 , mis à jour le 18 juillet 2006 à 17h44

Le Liban, cible d'intenses bombardements israéliens, est désormais une "destination touristique sinistrée", alors qu'elle était en train de redémarrer, selon des professionnels du tourisme en France. Le tourisme libanais est un petit marché "très particulier", principalement "régional" a estimé l'un d'entre eux.

TF1/LCI Evacuation des ressortissants français

Plus aucun touriste ne circule entre la France et le Liban. L'aéroport de Beyrouth est fermé depuis jeudi dernier en raison des bombardements israéliens. Tous les vols en direction du pays sont annulés, pour l'instant jusqu'au 23 juillet. La situation devrait évoluer en fonction du rétablissement de la paix sur place. Pour certains professionnels du tourisme en France, le Liban est désormais une "destination touristique sinistrée", alors qu'elle était en train de redémarrer.

"Le Liban était en pleine période de reprise du tourisme. Les infrastructures étaient rénovées, les hôtels en bon état. Le Liban était prêt à retrouver la faveur d'une clientèle, notamment fançaise, attirée par ce pays. Cette première expérience s'arrête aussitôt", a déclaré à LCI.fr le président du Syndicat national des agents de voyages et tour-opérateurs (SNAV), Georges Colson. "C'est un coup dur sur une région qui avait une chance de reprendre une place significative dans le tourisme méditerranéen. En revanche, la crise ne touche pas dans l'immédiat les pays voisins comme la Syrie, la Jordanie et le Sud d'Israël", a-t-il ajouté.

"Les séjours sont toujours assurés à Eilat, station balnéaire au Sud d'Israël, loin de la zone frontalière. On ne constate aucune baisse pour l'instant sur cette destination mais la situation peut évoluer à toute vitesse", a-t-il expliqué. De plus, les circuits touristiques devraient, selon lui, être détournées pour éviter les zones frontalières. A sa connaissance, les touristes qui ont dû annuler leur voyage au Liban ont totalement changé de destination et renoncé à se rendre au Moyen-Orient. 

Comme prévu en "cas de force majeure", le remboursement des billets pour le Liban s'obtient sans problème dans les agences de voyage ou les aéroports.

Visit friends and relatives

" 80% du tourisme est régional au Liban. C'est un tourisme très particulier. Il y a beaucoup de VFR visit friends and relatives", c'est à-dire des personnes qui se rendent au Liban pour rendre visite à leurs proches, famille ou amis, a expliqué à LCI.fr Jean-Paul Chantraine, PDG du voyagiste Asia. "C'est un petit marché. Nous avions enregistré quelques centaines de clients entre maintenant et fin octobre", a-t-il précisé. "Les événements ont marqué un coup de frein au tourisme pour un certain temps", a-t-il ajouté.

A Globeo Travel, une agence de voyage du XVIIe arrondissement de Paris, on évoque la "déception" des clients face à l'annulation d'un voyage prévu de longue date. Selon la responsable, "certains clients se rabattent vers Erevan en Arménie" pour tenter de se rapprocher de la zone où se trouvent leur famille.

L'évacuation des ressortissants français souhaitant quitter le Liban a commencé lundi après-midi à Beyrouth. Le ministère des Affaires étrangères a recensé au total 5000 à 6000 touristes français, notamment des Français visitant leurs familles et des voyageurs d'affaires. Environ 80.000 touristes français ont visité le Liban en 2005, soit le plus fort contingent parmi les voyageurs en provenance de l'Europe.

Par Par Stéphanie Morbois avec AFP le 18 juillet 2006 à 16:14
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