
L'Intersyndicale nationale des praticiens à diplômes hors Union européenne à l'origine du mouvement a fait le calcul : ils gagnent 1.800 euros par mois contre 3.800 euros en moyenne pour leurs collègues à diplôme français (environ 47.000 praticiens).
Les quelque 6000 médecins étrangers ou Français mais titulaires d'un diplôme hors Union européenne sont appelés à la grève des "soins urgents" de vendredi à dimanche pour protester contre la précarité de leur statut et face à l'inertie du gouvernement concernant leur dossier.
Ils ne sont d'ailleurs pas reconnus par l'Ordre des médecins, un manquement déjà dénoncé à plusieurs reprises, lors de manifestations et de grèves depuis deux ans. Xavier Bertrand, ministre de la Santé, a toutefois dit s'être engagé à vérifier leurs compétences linguistiques notamment pour ensuite améliorer leur sort.
Si la grève du 14 juillet ne débouche pas sur des "avancées concrètes", l'Intersyndicale appelle d'ores et déjà à un nouveau mouvement le week-end du 15 août.
Discrimination
Le 9 mars, la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) avait demandé au ministre de la Santé, Xavier Bertrand, de l'informer "dans un délai de quatre mois" des mesures qu'il comptait prendre contre ces "discriminations, notamment en terme de rémunération", "alors même que leurs responsabilités concrètes sont identiques" à celles des autres médecins hospitaliers.
"Ce week-end, nous allons assister les médecins mais nous ne prendrons pas en charge directement les patients", prévient M. Annani, président de l'Intersyndicale. Car en temps normal, les médecins étrangers n'ont "pas le droit de prescrire, de soigner, de réaliser des interventions chirurgicales sans la présence d'un +médecin-tuteur+, mais la réalité des faits est loin de ressembler à ce discours officiel, en particulier pendant les vacances ou la nuit", explique la porte-parole de l'Inpadhue, Elisabeth Sow-Dione.
Pelloux "inquiet" de la situation dans les hôpitaux |
A la veille de ce long week-end du 14 juillet, le Dr Patrick Pelloux, de l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuhf), s'est dit "inquiet" jeudi "de la situation dans les hôpitaux" au vu de l'importance des fermetures de lits et de cette grève des médecins à diplôme étranger. Selon lui, "le nombre de lits d'hospitalisation fermés est très supérieur aux 15 % annoncés par le gouvernement et plus proche de 30 % à 40 %". |
(Photo d'archives TF1/LCI : Manifestation des médecins en janvier 2005)
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