© INTERNELes "discussions exploratoires" sont-elles plus engageantes que des "discussions préliminaires". C'est en tout cas le terme employé par Nissan pour évoquer l'état d'avancement du dossier General Motors. Le conseil d'administration du constructeur japonais, partenaire de Renault, a approuvé lundi à Tokyo le principe de "discussions exploratoires" en vue d'une possible alliance avec l'américain General Motors. Et ce "à condition que General Motors appuie et entérine les propositions faites par ses actionnaires", a indiqué Nissan. Cette réunion a été présidée par le PDG de Nissan, Carlos Ghosn, qui veille également aux destinées de Renault. "Le conseil d'administration a délégué tous les pouvoirs nécessaires" à Carlos Ghosn pour "conduire toute discussion et négociation sur ce sujet", précise Nissan.
Le conseil d'administration de Renault se réunit, lui aussi, ce lundi pour discuter de "l'intérêt de donner suite" à la proposition de Kirk Kerkorian, influent actionnaire de General Motors, d'une alliance à trois entre l'américain et le tandem Renault-Nissan. Renault et son partenaire japonais Nissan envisageraient de prendre en commun jusqu'à 20% du capital de l'américain General Motors, selon l'agence de presse japonaise Kyodo News. L'investissement serait effectué à parts égales par Renault et Nissan, partenaires depuis 1999 via un système de participations croisées, le premier détenant 44,4% du second tandis que le japonais possède 15% du français.
"Nous ne sommes pas dans un schéma de fusion"
"A ce stade, il est nécessaire que le conseil d'administration et la direction de GM apportent leur plein soutien à ce projet, pour entamer l'étude de cette opportunité après accord des conseils d'administration de Renault et de Nissan", avait souligné Renault vendredi. Un "élargissement ne serait considéré par l'Alliance que s'il était mis en oeuvre dans le plein esprit de l'Alliance qui est basé sur la confiance, la transparence, la performance et le respect complet des identités d'entreprise et de marque", a précisé le constructeur français.
Interrogée dimanche sur le montant de l'éventuelle participation et de la transaction en cas d'alliance avec GM, la porte-parole de Renault à Paris s'est refusée à commenter des "spéculations". Elle a réaffirmé que "si quelque chose devait se faire, ce serait sur le principe de l'alliance Renault-Nissan, un schéma dont le fonctionnement est reconnu dans l'industrie automobile". "Nous ne sommes pas dans un schéma de fusion", a-t-elle dit. Quant aux bénéfices d'une telle opération pour Renault et Nissan, elle s'est bornée à déclarer que "Carlos Ghosn ne se lancerait pas dans une opération où il n'y aurait pas de bénéfices pour l'ensemble des partenaires".
General Motors traverse une des pires crises financières de son histoire. Le groupe a subi en 2005 une perte nette de 10,6 milliards de dollars et s'est engagé dans une restructuration prévoyant des dizaines de milliers de suppressions d'emplois.
Photo d'ouverture : chaîne de montage Renault - archives
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