Renault s'est plusieurs fois cassé le nez sur le marché américain

le 04 juillet 2006 à 17h22 , mis à jour le 04 juillet 2006 à 18h22

Renault, dont le conseil d'administration a autorisé lundi Carlos Ghosn, à entamer des discussions avec General Motors, a maintes fois tenté au cours du siècle dernier de séduire les Américains. Sans succès, jusqu'à présent.

logo renault

"On dirait que Renault, aux Etats-Unis, a passé son temps à rater des occasions". L'avis du Président du Club Renault d'Amérique du Nord changera-t-il dans les prochains mois ? Si le groupe franco-japonais détient aujourd'hui 5% du marché américain des véhicules neufs grâce aux marques Nissan et Infiniti, les voitures au losange en sont absentes depuis près de 20 ans, malgré des percées ponctuelles.

Les rues de New York sont déjà parcourues par des taxis Renault avant 1914, mais la marque de Billancourt ne repart à la conquête du plus grand marché mondial qu'au milieu des années 1950, aux ordres d'un gouvernement avide de devises en pleine guerre d'Algérie. De 1.500 exemplaires en 1955, les ventes de Renault outre-Atlantique passent à 118.000 en 1959, selon l'historien Jean-Louis Loubet, auteur d'une "Histoire de l'automobile française". C'est l'époque où la Dauphine conteste à la Volkswagen Coccinelle le titre de première voiture importée et où la Régie expédie 25% de sa production aux Etats-Unis.

B.B au service de Renault

Mais l'engouement des Américains pour les voitures françaises - Brigitte Bardot ira vanter le cabriolet Floride "made in France" au salon de New York en 1959 - est de courte durée. Inadaptées au réseau routier, les Dauphine tombent en panne et le service après-vente ne suit pas. En 1961, les ventes tombent à 28.000 et des dizaines de milliers de voitures invendues rouillent sur des aires de stockage.

Après de nouvelles tentatives en 1965 et 1969, Renault pense avoir une carte à jouer aux Etats-Unis dans la foulée du choc pétrolier de 1973 : en 1979, la marque, toujours contrôlée par l'Etat français, prend 5% du groupe automobile American Motors Corporation (AMC), le fabricant des Jeep, en grave difficulté. En contrepartie, AMC distribue des Renault dans son réseau. La marque vendra jusqu'à 208.000 voitures en 1983. Mais AMC bat de plus en plus de l'aile et la Régie doit renflouer le groupe jusqu'à en prendre le contrôle. C'est le contre-choc pétrolier de 1985 qui sera fatal. Les Américains ne veulent plus de ces voitures, certes économiques, mais moins fiables que leurs concurrentes japonaises . Avec pertes et fracas, Renault cède AMC à Chrysler en 1987.

le 04 juillet 2006 à 17:22
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5 Commentaires

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  • Bea, le 05/07/2006 à 11h40

    Deja au niveau design, Renault n'a aucune chance aux US! Les americains ne veulent pas de voitures aux formes si bizarres !

  • Thomas, le 05/07/2006 à 10h45

    C'est amusant : c'est une fois nationalisé que Renault n'a plus sû comment entrer et se maintenir sur le marché américain... Coïncidence ?

  • Feawing, le 05/07/2006 à 10h03

    Je me souviens qu'au début des années 80, certaines Renault, spécifique au marché américain remportaient un joli succès d'estime... surtout en France où elles offraient des qualités de finition et d'équipement nettement supèrieures aux modèles d'ici!

  • David Camacho, le 05/07/2006 à 02h00

    Les voitures francaises aux USA ont une tres mavaise image au point de vue qualite et performance. Les francaises ne peuvent pas rivaliser avec la reputation des allemandes et des suedoises(meme si ces dernieres sont maintenent americaines:Saab, Volvo) Si Renault ou bien Peugeot veulent vendre leurs propres marques, elles doivent se montrer originales et s'attaquer aux segments de petites voitures ou les francaises ont un atout majeur: leur originalite au niveau design (je pense a Citroen et ses micro cars). Les francaises n'ont aucune chance au niveau du segment berline, luxe, wagoon ou SUV etc dans le marche americain. La majorite des americains ne savent pas que renault ait pris une large participation dans le capial de Nissan. Ils s'en foutent. Ceux qu'ils veulent c'est une voiture qui "marche" et les nissans ont la reputation d'avoir les meilleurs moteurs au monde. Renault, son probleme est d'avoir aucune reputation serieuse ici malgre les incroyables innovation de cette marque. Je pense a l'espace ou a la twingo.

  • Mojorisin, le 04/07/2006 à 19h18

    Sur ce coup-là, on a un gros risque de se vautrer et au final de se faire bouffer des parts de marché par GM...

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