
"On dirait que Renault, aux Etats-Unis, a passé son temps à rater des occasions". L'avis du Président du Club Renault d'Amérique du Nord changera-t-il dans les prochains mois ? Si le groupe franco-japonais détient aujourd'hui 5% du marché américain des véhicules neufs grâce aux marques Nissan et Infiniti, les voitures au losange en sont absentes depuis près de 20 ans, malgré des percées ponctuelles.
Les rues de New York sont déjà parcourues par des taxis Renault avant 1914, mais la marque de Billancourt ne repart à la conquête du plus grand marché mondial qu'au milieu des années 1950, aux ordres d'un gouvernement avide de devises en pleine guerre d'Algérie. De 1.500 exemplaires en 1955, les ventes de Renault outre-Atlantique passent à 118.000 en 1959, selon l'historien Jean-Louis Loubet, auteur d'une "Histoire de l'automobile française". C'est l'époque où la Dauphine conteste à la Volkswagen Coccinelle le titre de première voiture importée et où la Régie expédie 25% de sa production aux Etats-Unis.
B.B au service de Renault
Mais l'engouement des Américains pour les voitures françaises - Brigitte Bardot ira vanter le cabriolet Floride "made in France" au salon de New York en 1959 - est de courte durée. Inadaptées au réseau routier, les Dauphine tombent en panne et le service après-vente ne suit pas. En 1961, les ventes tombent à 28.000 et des dizaines de milliers de voitures invendues rouillent sur des aires de stockage.
Après de nouvelles tentatives en 1965 et 1969, Renault pense avoir une carte à jouer aux Etats-Unis dans la foulée du choc pétrolier de 1973 : en 1979, la marque, toujours contrôlée par l'Etat français, prend 5% du groupe automobile American Motors Corporation (AMC), le fabricant des Jeep, en grave difficulté. En contrepartie, AMC distribue des Renault dans son réseau. La marque vendra jusqu'à 208.000 voitures en 1983. Mais AMC bat de plus en plus de l'aile et la Régie doit renflouer le groupe jusqu'à en prendre le contrôle. C'est le contre-choc pétrolier de 1985 qui sera fatal. Les Américains ne veulent plus de ces voitures, certes économiques, mais moins fiables que leurs concurrentes japonaises . Avec pertes et fracas, Renault cède AMC à Chrysler en 1987.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





