Vers une alliance Renault-General Motors ?

le 01 juillet 2006 à 17h15 , mis à jour le 01 juillet 2006 à 17h36

La proposition de rapprochement émane de Kirk Kerkorian, actionnaire du groupe américain. Ce dernier pourrait lancer une étude de faisabilité d'une alliance Renault-Nissan-GM. Carlos Ghosn, président de Renault et de Nissan, a exprimé son intérêt.

Renault voiture 5000 euros © INTERNE

Depuis son arrivée à la tête de Renault il y a plus d'un an, Carlos Ghosn répète que l'alliance avec Nissan, dont il est aussi PDG, n'est pas "un club fermé". Il n'a pas cessé d'accentuer l'internationalisation du constructeur français pour doper les ventes mais aussi réduire les coûts. L'alliance Renault-Nissan, "collaboration structurée et respectueuse des identités", est adaptée à l'évolution d'une industrie "complexe et instable", avait-il expliqué à la veille de succéder à Louis Schweitzer.

L'heure d'une nouvelle alliance serait-elle venue ? Vendredi, le milliardaire américain Kirk Kerkorian, actionnaire de General Motors, a plaidé pour une alliance avec Renault et Nissan. En cours de soirée, dans un communiqué publié en France, Renault a confirmé que Carlos Ghosn avait bien été "approché" par Kirk Kerkorian et des représentants de son fonds d'investissement, Tracinda (qui détient 9,9% de GM), "pour évaluer l'intérêt qu'il y aurait à ce que GM rejoigne l'Alliance Renault-Nissan". "A ce stade, il est nécessaire que le conseil d'administration et la direction de GM apportent leur plein soutien à ce projet, pour entamer l'étude de cette opportunité après accord des conseils d'administration de Renault et de Nissan", a ajouté Renault.

"Une proposition sérieuse"

Au même moment, la filiale nord-américaine de Nissan signait aux Etats-Unis un communiqué reprenant exactement ces termes. "L'Alliance Renault-Nissan est une alliance ouverte qui n'a jamais été limitée à deux partenaires. Dans des circonstances favorables et avec des partenaires appropriés, l'Alliance pourrait être élargie", affirmait ce communiqué. Du côté du groupe américain, dont le conseil d'administration a tenu une réunion d'urgence pour débattre de l'appel de Kirk Kerkorian, des sources internes ont évoqué le lancement d'une étude sur la faisabilité d'une alliance à trois avec Renault et Nissan. "C'est une proposition sérieuse et nous devons la prendre sérieusement", a déclaré une des ces sources sous couvert d'anonymat.

A Wall Street, l'annonce de cette proposition a été jugée très positive pour GM, dont l'action a fini sur un bond de 8,56% à 29,79 dollars, accentuant ses gains après le communiqué de Renault-Nissan. GM traverse en effet une des pires crises financières de son histoire. Le groupe a subi en 2005 une perte nette de 10,6 milliards de dollars et s'est engagé dans une restructuration prévoyant des dizaines de milliers de suppressions d'emplois. Quant à Renault et Nissan, partenaires depuis 1999 via un système de participations croisées, le premier détenant 44,4% du second tandis que le japonais possède 15% du français, ils affirment qu'en 2005 ils ont pris à deux 9,8% du marché automobile mondial, se classant quatrièmes derrière GM, Toyota et Ford.

Photo d'ouverture : chaîne de montage Renault - archives

le 01 juillet 2006 à 17:15
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