© INTERNELe mouvement de grève des chirurgiens, obstétriciens et anesthésistes, à l'appel de trois syndicats (UCDF, Syngof, AAL), a touché mardi 167 cliniques privées (contre 111 la veille) sur 747. Le taux de grévistes était de 29,4%, contre 25,9% la veille, selon la Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins (Dhos, ministère de la Santé). "Nous estimons à 70% le nombre de médecins mobilisés", a pour sa part déclaré le président de l'Union des chirurgiens de France (UCDF), Philippe Cuq.
Celui-ci a dénoncé "le jeu politicien auquel se livre le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, qui utilise la canicule pour mettre la pression sur notre mouvement sans s'attaquer aux problèmes de fond, aux enjeux de santé publique que sont l'avenir de la chirurgie française et le renouvellement des médecins dans les années à venir". La présidente de l'Association des anesthésistes libéraux (AAL), Marie-Pascale Quirin, avait déploré, plus tôt dans la journée, "ne pas avoir la moindre nouvelle du ministère". Xavier Bertrand avait pourtant indiqué, mardi soir sur Europe 1, avoir proposé aux trois syndicats de les rencontrer "dès vendredi après-midi, pour que l'on puisse enfin règler ce problème, qui a besoin d'être réglé durablement".
La menace d'une grève des accouchements
Les trois syndicats ont entamé lundi "pour une durée illimitée" une opération "France sans bloc opératoire" dans les cliniques privées, pour pousser les pouvoirs publics à stopper la hausse de leurs primes d'assurance et répondre à leurs revendications tarifaires. La parution dimanche d'un décret déjà annoncé prévoyant une aide à l'acquisition, sous conditions, d'une assurance, plafonnée à 7000 euros, n'a pas satisfait les grévistes. Cette "aide est plafonnée, alors que dans le même temps, le gouvernement nous dit qu'il ne peut rien faire pour plafonner les hausses des primes en responsabilité civile professionnelle", a relevé le secrétaire général adjoint du Syngof, Jean Marty. "Nous voulons que les hausses de primes d'assurance soient comprises dans les tarifs des cliniques", a ajouté Philippe Cuq.
Les trois syndicats estiment que le nombre de cliniques touchées va continuer à augmenter dans les prochains jours, "du fait des départs en vacances en fin de semaine de nombre de nos collègues", selon Mme Quirin. Ils réclament aussi l'application des revalorisations tarifaires restées selon eux lettre morte, ce que conteste le gouvernement. La Fédération hospitalière de France, qui regroupe l'ensemble des hôpitaux publics, s'est dite "choquée" par ce mouvement, estimant que les grévistes "s'affranchissent du sens des responsabilités".
Jean Marty a pour sa part menacé d'une grève des accouchements dans les cliniques privées "s'il n'y a pas de réaction des pouvoirs publics". "Pour l'instant, on a senti que ce serait mal perçu par l'opinion publique, mais dans quelques jours, si rien ne bouge, nous serons obligés d'en passer par là", a-t-il menacé.
Photo d'ouverture : archives
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