© AFPToutes les centrales syndicales l'annoncent : salaires et pouvoir d'achat seront LE point crucial de la rentrée sociale.
D'un côté, de bons chiffres qui poussent à relancer le débat sur la répartition des fruits de la croissance : un chômage toujours sur sa pente descendante, et la publication de bons indices économiques pour le deuxième trimestre qui permettent à Dominique de Villepin d'assurer que la croissance est "installée".
De l'autre côté, des points douloureux récurrents : hausse des prix des carburants, des tarifs de l'électricité et du gaz, des loyers, dans un contexte salarial marqué par des faibles hausses dans la fonction publique, des négociations dans le privé jugées décevantes par les syndicats, et une augmentation du Smic au 1er juillet de même jugée insuffisante.
"Le gouvernement est muet sur la question du pouvoir d'achat"
Gauche et syndicats sont donc partis à la charge en plein cœur de l'été, réclamant une négociation générale sur le pouvoir d'achat et les salaires dès la rentrée. Et ce lundi, le patron de FO, Jean-Claude Mailly, a lancé un nouveau coup de semonce dans les colonnes du Parisien/Aujourd'hui en France. En évoquant, pour mettre un peu plus la pression sur le gouvernement, un dispositif avancé début 2005 par Dominique de Villepin pour soulager les salariés en pleine envolée des prix du carburant, et jamais appliqué : le "chèque transport".
"Pour l'heure, le gouvernement est muet sur la question du pouvoir d'achat, s'irrite Mme Pingier, responsable du secteur économique du bureau confédéral de FO. Ce n'est pas dans sa logique actuelle d'inciter les employeurs à augmenter les salaires". Selon elle, "pour encourager la consommation, ressort essentiel de la croissance, le gouvernement est plus dans une logique de baisse des prix, logique à risque pour l'économie car elle peut entraîner une déflation. Ou encore dans une logique d'encouragement à l'épargne salariale." Mais pour la responsable de FO, le compte n'y est pas : "si l'épargne salariale peut être un plus, elle reste intégrée dans un plan qui bloque les fonds pour un minimum de 3 ans. On ne peut guère parler d'encouragement à la consommation !"
"Revaloriser tous les minima au niveau du Smic"
Avec FO, la CFTC réclame des discussions salariales "dignes de ce nom". Après la sortie de Jean-Claude Mailly lundi, Jacques Voisin, le patron de la CFTC, a également réclamé en soirée sur BFM l'ouverture de négociations "dans les "branches et les entreprises". Le trésorier du syndicat, Philippe Louis, insiste pour sa part sur "la nécessité de revaloriser tous les minima au niveau du Smic, ce qui aura un effet induit sur le reste de la grille salariale et permettra de lutter contre son tassement".
Au sein même de l'UMP, Pierre Méhaignerie, président de la commission des finances à l'Assemblée nationale, s'inquiète : "Le gouvernement doit adresser un message aux classes moyennes et modestes. N'oublions pas que le PS va faire campagne sur un Smic à 1500 euros", prévient-il dans Le Figaro. Pour répondre aux attentes des familles sur le pouvoir d'achat, il table avant tout sur la fiscalité et appelle le gouvernement à élaborer un budget 2007 "juste"... et à consacrer 500 millions de plus à la prime pour l'emploi.
Photo d'ouverture : archives
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