Bras de fer annoncé sur le pouvoir d'achat

Par Par Franck LEFEBVRE, le 21 août 2006 à 19h00 , mis à jour le 21 août 2006 à 19h51

La croissance repart, le chômage baisse et le gouvernement se félicite. Les syndicats soulignent pour leur part les difficultés des salariés dans un contexte de hausse générale des prix de l'énergie et de loyers élevés. Et comptent bien faire du pouvoir d'achat le thème central de la rentrée sociale.

[Expiré] [Expiré] supermarché senior allemagne commerce distribution © AFP

Toutes les centrales syndicales l'annoncent : salaires et pouvoir d'achat seront LE point crucial de la rentrée sociale.

D'un côté, de bons chiffres qui poussent à relancer le débat sur la répartition des fruits de la croissance : un chômage toujours sur sa pente descendante, et la publication de bons indices économiques pour le deuxième trimestre qui permettent à Dominique de Villepin d'assurer que la croissance est "installée".

De l'autre côté, des points douloureux récurrents : hausse des prix des carburants, des tarifs de l'électricité et du gaz, des loyers, dans un contexte salarial marqué par des faibles hausses dans la fonction publique, des négociations dans le privé jugées décevantes par les syndicats, et une augmentation du Smic au 1er juillet de même jugée insuffisante.

"Le gouvernement est muet sur la question du pouvoir d'achat"

Gauche et syndicats sont donc partis à la charge en plein cœur de l'été, réclamant une négociation générale sur le pouvoir d'achat et les salaires dès la rentrée. Et ce lundi, le patron de FO, Jean-Claude Mailly, a lancé un nouveau coup de semonce dans les colonnes du Parisien/Aujourd'hui en France. En évoquant, pour mettre un peu plus la pression sur le gouvernement, un dispositif avancé début 2005 par Dominique de Villepin pour soulager les salariés en pleine envolée des prix du carburant, et jamais appliqué : le "chèque transport".

"Pour l'heure, le gouvernement est muet sur la question du pouvoir d'achat, s'irrite Mme Pingier, responsable du secteur économique du bureau confédéral de FO. Ce n'est pas dans sa logique actuelle d'inciter les employeurs à augmenter les salaires". Selon elle, "pour encourager la consommation, ressort essentiel de la croissance, le gouvernement est plus dans une logique de baisse des prix, logique à risque pour l'économie car elle peut entraîner une déflation. Ou encore dans une logique d'encouragement à l'épargne salariale." Mais pour la responsable de FO, le compte n'y est pas : "si l'épargne salariale peut être un plus, elle reste intégrée dans un plan qui bloque les fonds pour un minimum de 3 ans. On ne peut guère parler d'encouragement à la consommation !"

"Revaloriser tous les minima au niveau du Smic"

Avec FO, la CFTC réclame des discussions salariales "dignes de ce nom". Après la sortie de Jean-Claude Mailly lundi, Jacques Voisin, le patron de la CFTC, a également réclamé en soirée sur BFM l'ouverture de négociations "dans les "branches et les entreprises". Le trésorier du syndicat, Philippe Louis, insiste pour sa part sur "la nécessité de revaloriser tous les minima au niveau du Smic, ce qui aura un effet induit sur le reste de la grille salariale et permettra de lutter contre son tassement".

Au sein même de l'UMP, Pierre Méhaignerie, président de la commission des finances à l'Assemblée nationale, s'inquiète : "Le gouvernement doit adresser un message aux classes moyennes et modestes. N'oublions pas que le PS va faire campagne sur un Smic à 1500 euros", prévient-il dans Le Figaro. Pour répondre aux attentes des familles sur le pouvoir d'achat, il table avant tout sur la fiscalité et appelle le gouvernement à élaborer un budget 2007 "juste"... et à consacrer 500 millions de plus à la prime pour l'emploi.

Photo d'ouverture : archives

Par Par Franck LEFEBVRE le 21 août 2006 à 19:00
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5 Commentaires

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  • André, le 22/08/2006 à 17h54

    Je conseille à Philipe de Grenoble de négocier une augmentation.Au cas par cas, une augmentation est toujours une bonne chose. Il y a des secteurs économiques qui le peuvent, d'autres pas, voire provoquer la disparition de l'emploi.Je ne pense pas que la situation de la maison France passe par des diatribes simplistes. Nous attendons les discours politiques (à défaut d'actes) et souhaitons qu'il soit d'un niveau plus élevé (c'est pas sur)

  • Toufou, le 22/08/2006 à 16h24

    Oh l'argument à deux serterces comme dirait Obélix, non mais et pourquoi pas le smic à 2000€, comme ça le pain serait à 2.5€, mon loyer à 1700€ et mon découvert à 800€. Mais dites moi messieurs les syndicalistes et le loup garou il vient nous manger après? Non je rigole le loup garou en l'occurence serait plutôt une économie chinoise ou indienne un peu envahissante, hum!!!

  • JC, le 22/08/2006 à 16h07

    Philippe Grenoble: Meme sans la revalorisation du SMIC, votre salaire est DEJA augmente. En travaillant 35h, en gardant le meme salaire, l'augmentation est de 5/40 soit 12.5% ce qui est tres respectable. 5h gagnees par semaine, ca fait 20h par mois. Vous pouvez les utiliser pour faire vos propres reparations ou cultiver votre propre jardin pour diminuer les depenses et donc augmenter votre pouvoir d'achat. Il n'y a rien d'anormal, ici au Canada, si je travaille moins, je gagne moins.

  • Richard, le 22/08/2006 à 16h02

    Et pourquoi ne pas consacrer les excédents à reduire la dette française afin de préparer les jours sombres de l'avenir notamment sur les retraites qui ne pourront pas être financer du fait du papy boom et de la dénatalité????

  • Philippe, le 21/08/2006 à 21h20

    Revalorisation, SMIC a 1500 €.... je pense vivre dans un'autre planète, mon salaire stagne voir diminue et le tout augmente meme l'air que je respire.

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