© DRLa douche est au quatrième étage, chez ses hôtes. Sa chambre de bonne, 12m2, perchée au huitième. Le confort y est spartiate : kitchenette, lit, bureau, télévision, mais c'est suffisant pour que Maud s'y sente bien. Fraîchement débarquée de Grenoble, l'étudiante en quatrième année de Sciences du Langage, juge la vie parisienne trop chère pour ses petits moyens d'étudiante. Elle choisit alors de se loger sans frais contre deux soirs de baby-sitting par semaine chez les propriétaires de son "studio". "Le logement contre service, était un très bon compromis au niveau financier", explique-t-elle.
Aujourd'hui chargée de communication dans une maison d'édition, Maud n'a gardé que de bons souvenirs de cette première année d'indépendance. "C'est vraiment une expérience positive que je conseille. Ca m'a permis de me lier d'amitié et ça ne m'a vraiment pas coûté de le faire. Les quatre enfants étaient sages et j'avais plaisir à les voir. Certains soir, ils étaient déjà couchés quand j'arrivais. Je n'avais plus qu'à leur chanter une chanson !", se souvient-elle, attendrie.
Plus de travail que prévu
Un tableau idyllique bien loin de ce qu'a connu Stéphanie. Cette comédienne de 27 ans avait tout juste vingt ans quand elle débarque à Paris. "J'étais très jeune et je me sentais plus en sécurité dans une famille que toute seule dans un appartement. Et puis mes parents ne m'aidaient pas suffisamment financièrement", raconte-t-elle pour justifier son choix.
Logée au septième étage d'un immeuble cossu du XVIe arrondissement, Stéphanie déchante. En plus des heures de garde de trois enfants infernaux, elle se voit contrainte de "faire les courses, assurer le soutien scolaire des enfants, débarrasser le lave-vaisselle". Des activités qui lui prennent du temps et qui n'étaient pas prévues dans l'annonce. " Ce n'était pas rentable, j'étais bien logée mais après tous les services rendus, les propriétaires auraient dû me verser de l'argent. A cause du prix des loyers, les propriétaires en profitent ", analyse-t-elle, amère.
Avant de s'engager, mieux vaut donc prendre toutes les précautions et bien se faire préciser la liste des tâches requises pour que celle-ci n'évolue pas en cours d'année. C'est en pleine connaissance de cause que Lucie, une Nantaise de 26 ans, a accepté une annonce repérée sur le site Internet du CROUS.
Après les bébés, le troisième âge
Pas de barrière d'âge pour le logement contre emploi. Début septembre, c'est chez une personne âgée qu'emmenagera la jeune femme. En échange d'une chambre de 9m2 dans le VIe arrondissement, cette étudiante en doctorat de Lettres à la Sorbonne, devra s'astreindre à quelques heures de ménage et à un déjeuner quotidien avec Victoire, 88 ans. Ses heures de présence: 11 heures/13 heures 30, pour le déjeuner. "Vraiment pas contraignant", selon elle. Même le ménage ? "De toute façon je l'aurais fait chez moi donc ça ne me dérange pas", répond-elle du tac au tac.
La jeune fille a toujours logé en chambre universitaire, mais à partir de 25 ans, les étudiants n'y ont plus accès à cause du nombre trop important de demandes. Enthousiaste, elle confie : "c'est la solution idéale, le quartier est central, proche de ma fac. Si j'avais dû louer un studio, j'aurais fait un petit boulot alors autant le faire chez quelqu'un que j'apprécie". Après un premier rendez-vous, le courant est bien passé entre Victoire et Lucie... Reste à savoir si les deux colocataires s'entendront sur le choix du programme télé !
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