Echange studio à Paris contre baby-sitting

Par Par Stéphanie MORBOIS, le 22 août 2006 à 07h00 , mis à jour le 03 décembre 2006 à 14h00

TEMOIGNAGE. Plus que quelques semaines avant la rentrée universitaire, et comme chaque année, les mêmes galères pour se loger dans un Paris de plus en plus cher. Pour éviter de payer un loyer, certains étudiants choisissent le " logement contre service ". Pas de chèque à faire à la fin du mois, mais en échange, quelques heures de ménage, de garde d'enfants ou d'aide aux personnes âgées.

école montessori enfants © DR

La douche est au quatrième étage, chez ses hôtes. Sa chambre de bonne, 12m2, perchée au huitième. Le confort y est spartiate : kitchenette, lit, bureau, télévision, mais c'est suffisant pour que Maud s'y sente bien. Fraîchement débarquée de Grenoble, l'étudiante en quatrième année de Sciences du Langage, juge la vie parisienne trop chère pour ses petits moyens d'étudiante. Elle choisit alors de se loger sans frais contre deux soirs de baby-sitting par semaine chez les propriétaires de son "studio". "Le logement contre service, était un très bon compromis au niveau financier", explique-t-elle.

Aujourd'hui chargée de communication dans une maison d'édition, Maud n'a gardé que de bons souvenirs de cette première année d'indépendance. "C'est vraiment une expérience positive que je conseille. Ca m'a permis de me lier d'amitié et ça ne m'a vraiment pas coûté de le faire. Les quatre enfants étaient sages et j'avais plaisir à les voir. Certains soir, ils étaient déjà couchés quand j'arrivais. Je n'avais plus qu'à leur chanter une chanson !", se souvient-elle, attendrie.

Plus de travail que prévu

Un tableau idyllique bien loin de ce qu'a connu Stéphanie. Cette comédienne de 27 ans avait tout juste vingt ans quand elle débarque à Paris. "J'étais très jeune et je me sentais plus en sécurité dans une famille que toute seule dans un appartement. Et puis mes parents ne m'aidaient pas suffisamment financièrement", raconte-t-elle pour justifier son choix.

Logée au septième étage d'un immeuble cossu du XVIe arrondissement, Stéphanie déchante. En plus des heures de garde de trois enfants infernaux, elle se voit contrainte de "faire les courses, assurer le soutien scolaire des enfants, débarrasser le lave-vaisselle". Des activités qui lui prennent du temps et qui n'étaient pas prévues dans l'annonce. " Ce n'était pas rentable, j'étais bien logée mais après tous les services rendus, les propriétaires auraient dû me verser de l'argent. A cause du prix des loyers, les propriétaires en profitent ", analyse-t-elle, amère.

Avant de s'engager, mieux vaut donc prendre toutes les précautions et bien se faire préciser la liste des tâches requises pour que celle-ci n'évolue pas en cours d'année. C'est en pleine connaissance de cause que Lucie, une Nantaise de 26 ans, a accepté une annonce repérée sur le site Internet du CROUS.

Après les bébés, le troisième âge

Pas de barrière d'âge pour le logement contre emploi. Début septembre, c'est chez une personne âgée qu'emmenagera la jeune femme. En échange d'une chambre de 9m2 dans le VIe arrondissement, cette étudiante en doctorat de Lettres à la Sorbonne, devra s'astreindre à quelques heures de ménage et à un déjeuner quotidien avec Victoire, 88 ans. Ses heures de présence: 11 heures/13 heures 30, pour le déjeuner. "Vraiment pas contraignant", selon elle. Même le ménage ? "De toute façon je l'aurais fait chez moi donc ça ne me dérange pas", répond-elle du tac au tac.

La jeune fille a toujours logé en chambre universitaire, mais à partir de 25 ans, les étudiants n'y ont plus accès à cause du nombre trop important de demandes. Enthousiaste, elle confie : "c'est la solution idéale, le quartier est central, proche de ma fac. Si j'avais dû louer un studio, j'aurais fait un petit boulot alors autant le faire chez quelqu'un que j'apprécie". Après un premier rendez-vous, le courant est bien passé entre Victoire et Lucie... Reste à savoir si les deux colocataires s'entendront sur le choix du programme télé !

Par Par Stéphanie MORBOIS le 22 août 2006 à 07:00
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8 Commentaires

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  • NATHALIE, le 24/07/2009 à 16h15

    Bjr , paris est devenue une ville de riche . il n y a plus de place pour les salaires moyens , j ai arretee mes etudes d eco en 3eme annees parceque je n avait les nmoyens de payer un loyer a paris.chapeau p ceux qui y arrivent

  • EB, le 22/08/2006 à 16h53

    On voit où mène une politique ultra libérale!

  • JCB, le 22/08/2006 à 16h27

    En attendant que l'on se décide à construire plus de logement, les étudiants peuvent toujours loger en banlieue c'est moins cher, souvent très bien desservi et moins mal famé que ce que l'on pourrait croire.

  • Bazin, le 22/08/2006 à 16h14

    Le retour au 19eme siecle, Vive les 20 ans de socialisme (héritage Mittérandien dont Mme Royal se réclame), Vive les démagogue de droite.........allez les jeunes revoltez vous. Vous n'avez plus rien à perdre.

  • Rene, le 22/08/2006 à 15h26

    Que c'est beau le socialisme version Delanoe!

  • Pascal, le 22/08/2006 à 15h17

    Comme dirait mon grand pere, 12m2 c'est déjà 10 de trops pour une cabine de douche et un lit pliant! ma femme y a eu droit et franchement ca n'est pas facile!!! respect à tous les etudiants dans la galere en ce moment :)

  • Pierre, le 22/08/2006 à 10h51

    Bon courage à tous les étudiants qui arrivent sur Paris. C'est clair que c'est pas facile (ça ne l'est deja pas quand on est parisien, salarié en CDI avec un salaire correct, alors étudiant qui ne connait pas grand monde...). En tout cas, si j'ai un conseil: sonner à toutes les portes, demander à l'entourage de l'entourage de votre entourage... Une partie des logements se loue par le bouche à oreille. Beaucoup de propriétaires demandent des gens "de connaissance" autour d'eux. C'est comme cela que j'ai trouvé deux apparts dans le 19eme à des amis grace à mes relations avec mon proprio (je paye mon loyer le 1er de chaque mois depuis 4 ans sans le moindre retard). Et mon appart, je l'ai eu par une connaissance indirecte.

  • Coulet, le 22/08/2006 à 08h05

    C'est pas facile!...

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