
LCI.fr : Alors qu'il provoque quelques craintes sur le marché américain, pensez-vous que la fermeture du gisement BP en Alaska peut avoir des répercussions sur le prix de l'essence à la pompe ?
Mathieu Kaiser, économiste à la BNP : C'est peu probable. Si le prix à la pompe augmente, c'est en raison du contexte, de la guerre au Liban, des tensions entre l'Onu et l'Iran, voire de la hausse du prix du brent. Une éventuelle augmentation peut également être la conséquence d'un ajustement de l'euro par rapport au dollar. Nous sommes dans un contexte ou les prix sont élevés, certes, mais nous attendons une décrue du prix du baril dans les semaines à venir. Une légère augmentation à la pompe est toujours possible, mais elle serait probablement très faible.
LCI.fr : Le gouvernement américain a assuré qu'il mettrait a disposition une partie des 700 millions de barils contenus dans des réserves stratégiques en cas de besoin. La France dispose-t-elle de réserves stratégiques similaires ?
Mathieu Kaiser : La France a des stocks, mais ils sont beaucoup moins importants que ceux des Etats-Unis. Le problème qui peut se poser en cas de manque d'approvisionnement, c'est que l'Europe, contrairement aux Etats-Unis et mis à part le Royaume-Uni, ne produit pas de pétrole. Il est aussi important de préciser qu'il ne faut pas envisager le problème d'un point de vue français, mais européen. Le marché énergétique français fait partie d'une problématique plus large, en l'occurrence de la politique énergétique européenne.
LCI.fr : Le prix du brent peut-il continuer à augmenter ?
Mathieu Kaiser : C'est un ensemble de choses qui reste difficile à prévoir. L'année dernière, déjà, en août 2005, le prix du brent en euros atteignait des plafonds. Les intervenants sont sensibles à la moindre secousse du marché. Ce qui est important, c'est de regarder la moyenne du prix du brent sur le mois, pour dégager une réelle tendance.
(Photo : TF1 / LCI)
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