La fin de l'argent pas cher

le 03 août 2006 à 15h21 , mis à jour le 08 septembre 2006 à 10h38

La Banque centrale européenne a relevé son taux directeur pour la quatrième fois depuis le mois de décembre. Il est désormais de 3% soit son niveau de 1999. Le Président de la BCE a laissé entendre que le mouvement de hausse ne s'arrêterait pas là afin de maîtriser d'éventuelles poussées inflationnistes.

BCE Jean-Claude Trichet déc 2005 © LCI

La quatrième hausse depuis décembre. Après un statu quo de deux ans et demi, la Banque centrale européenne a à nouveau relevé son principal taux directeur, taux qui détermine par effet de dominos ceux pratiqués par les banques auprès de leurs clients (lire ci-dessous). Ce taux est passé de 2,75% à 3% afin de combattre les risques de surchauffe inflationniste liés notamment à la flambée des prix du pétrole. La dernière hausse remontait au mois de juin.

De nouvelles hausses de taux directeurs seront nécessaires en zone euro si la reprise économique continue, a déclaré jeudi le président de la BCE, Jean-Claude Trichet. Malgré ce nouveau resserrement des conditions du crédit, "la politique monétaire reste accommodante", a-t-il indiqué. La situation reste tendue sur le front de l'inflation, a rappelé le banquier central.

Les projections actuelles de la BCE anticipent une progression des prix à la consommation en 2006 et en 2007 au-dessus de son objectif. En juillet, l'inflation en glissement annuel est restée stable à 2,5% comme en juin, selon des chiffres publiés lundi par Eurostat. La BCE prévoit cependant des risques de hausse avec un enchérissement du prix du pétrole et une amélioration sur le front de la croissance.

Comment ça marche ?

Le taux directeur est le véritable baromètre du coût du crédit dans les pays qui ont adopté la monnaie unique européenne. Les banques répercutent en principe ce loyer sur les intérêts des crédits qu'elles accordent à leurs propres clients. Plus le taux de la BCE est bas, plus le coût du crédit a de chance d'être bon marché ce qui, en théorie, favorise la croissance. A l'inverse, une hausse du taux du crédit permet théoriquement de ralentir la demande et par conséquent d'éviter une surchauffe inflationniste.

Photo : Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, (LCI)

le 03 août 2006 à 15:21
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