La France à la conquête des mers

le 19 août 2006 à 17h14 , mis à jour le 19 août 2006 à 17h43

D'ici quelques années, la France espère accroître son domaine maritime d'un million de km2. Elle s'appuie sur la convention des Nations Unies de Montego Bay, qui permet à un Etat d'étendre sa zone économique exclusive en mer jusqu'à 350 milles des côtes. Un enjeu de taille, qui sera en discussion lundi à à New York.

TF1/LCI : Carte du domaine maritime français Carte du domaine maritime français © DR

La France s'apprête à faire valoir ses droits auprès des Nations Unies pour étendre son domaine maritime, un enjeu de taille pour un pays qui dispose déjà de la plus importante zone économique exclusive en mer après les Etats-Unis. La France a déposé une première demande commune avec l'Espagne, le Royaume-Uni et l'Irlande pour obtenir une extension du plateau continental au delà des 200 milles marins dans le golfe de Gascogne et en mer Celtique. Cette demande est inscrite à l'ordre du jour de la Commission des limites du plateau continental, créée par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer qui s'ouvre le 21 août à New York.

Actuellement, les pays côtiers ont tous les droits pour l'exploitation des ressources naturelles, minérales, énergétiques, biologiques, dans leur ZEE de 200 milles. Mais la convention des Nations Unies sur le droit de la mer de Montego Bay, ratifiée par la France en 1996, leur a donné la possibilité d'étendre à 350 milles cette zone si elle fait partie du plateau continental. Il faut pour cela démontrer que la zone revendiquée constitue "la prolongation naturelle du plateau continental par sa forme, sa faible profondeur se prolongeant loin en mer, comme par exemple au large de la Bretagne, la composition de ses roches", explique Walter Roest, un responsable de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), l'organisme qui assure pour la France la maîtrise scientifique de ce programme d'extension.

Les enjeux : hydrocarbures, minéraux...

TF1/LCI : Golfe de Gascogne : la zone économique exclusive française
Golfe de Gascogne : la zone
économique exclusive française
Le premier dossier présenté par la France conjointement avec les trois autres pays européens concerne une "petite" zone de 80.000 km2 dont la CLPC doit établir la limite extérieure. Ensuite, "on déposera d'autres demandes, concernant d'autres zones, par exemple au large des îles Kerguelen, de la Nouvelle-Calédonie, de la Guyane, ajoute Walter Roest. Au total, la France, dont la ZEE actuelle couvre 10,2 millions de km2, espère gagner 1 million de km2 supplémentaires.

Mais il faut faire vite : toutes les demandes devront être déposées avant mai 2009 et il y a un risque d'engorgement. La Nouvelle-Zélande, le Brésil, l'Australie préparent activement leurs dossiers. Car les enjeux sont importants. Ils sont d'abord économiques, avec des perspectives concernant les hydrocarbures, les minéraux, les espèces vivantes sur le fond de la mer, les bactéries utilisables pour des bio-technologies, à l'exception de la pêche qui reste cantonnée dans les 200 milles.

Photo d'ouverture : Carte du domaine maritime français - DR

le 19 août 2006 à 17:14
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