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Par Par Sophie LUTRAND, le 29 août 2006 à 07h00, mis à jour le 29 août 2006 à 21:44
Alors que le Medef tient son université d'été à Jouy-en-Josas jusqu'à jeudi, LCI.fr a demandé à ses homologues syndicaux leur perception de Laurence Parisot, un peu plus d'un an après son élection. La rupture avec la méthode Seillière est saluée par tous. Reste à traduire le discours en actes.
Laurence Parisot, présidente du Medef © J.P MullerEn privé, Laurence Parisot aime les oiseaux, le ski nautique, se passionne pour les courses de Formule 1 et la peinture surréaliste. Eclectique. A la tête du Medef depuis un peu plus d'un an, la directrice de l'Ifop est encore peu connue du grand public. Moins "visible" que son prédecesseur, elle a toutefois imposé son style. En interne mais aussi auprès de ses homologues syndicaux. "Elle est accessible, humble, très ouverte au dialogue", dit d'elle Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC. " Nous avons des échanges directs, courtois, ce n'était pas du tout le cas avec son prédécesseur".
La rupture donc. En tout cas avec le style et la méthode d'Ernest-Antoine Seillière qui avait réussit à crisper toutes les parties. "Avec E.A Seillière, nous étions dans la provocation permanente et l'invective", poursuit le patron du syndicat des cadres. "Seillière était le digne représentant non pas de l'entreprise mais de l'actionnariat", poursuit Jacques Voisin, président de la CFTC. "Le pari de Mme Parisot est de rehausser l'image des entrepreneurs". Et sur la forme, la femme semble convaincre.
Sur la méthode aussi. "Avec le Medef, nous sommes en phase sur le rôle des partenaires sociaux, sur la place du contrat par rapport à la loi", estime Jacques Voisin. Un rapport de Dominique-Jean Chertier, ex-conseiller social de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, propose que les partenaires sociaux puissent se saisir de tout projet gouvernemental de modification du code du travail. Si patronat et syndicats parvenaient à s'entendre, le Parlement ne pourrait qu'accepter ou rejeter en bloc le texte issu de leur accord. Une proposition qui sied aux syndicats de salariés mais aussi au Medef.
Passer à l'acte
Ses homologues syndicaux louent également son côté "sociétal". En témoignent les thèmes de réflexions de l'université d'été de Jouy-en-Josas : "Concilier l'inconciliable", "Hommes/femmes: attention danger ?", "L'universel et le diversel"... "C'est positif sur la forme. On se parle franchement mais cela n'avance pas beaucoup sur les dossiers", a nuancé Jean-Claude Mailly de Force Ouvrière au journal Le Monde de mardi.
Voilà le bémol. Chez tous ses interlocuteurs syndicaux, le même reproche : l'intention y est mais les chantiers font du sur place. "Nous n'avons pas beaucoup avancé sur la diversité en entreprise. Les bonnes questions sont posées mais on n'y arrivera pas si cela ne se transforme pas en dispositif un minimum contraignant pour les entreprises", juge Jacques Voisin. Même constat sur le dossier de la pénibilité au travail, chantier ouvert lors de la réforme des retraites en 2003 et toujours pas très avancé. Les discussions sur la réforme de l'assurance chômage débuteront le 28 septembre : "Il faut que nous rentrions dans le vif du sujet" pour que ce soit une "année sociale utile", affirme Bernard Van Craeynest. Le tout avant le mois de mai. "Concilier l'inconciliable". C'est le thème de l'université d'été du Medef.
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