Dans un bloc opératoire (LCI-TF1) © TF1-LCIRefusez de payer les dépassements d'honoraires des chirurgiens. C'est, en substance, ce que le ministre de la Santé recommande aux patients français au lendemain de l'appel lancé par trois syndicats de chirurgiens, anesthésistes et obstétriciens libéraux à pratiquer des dépassements d'honoraires dès vendredi. On imagine mal cependant, un malade sur le point d'être opéré d'une apendicite, prendre le risque de refuser le supplément financier que lui demande le chirurgien.
L'UCDF (chirurgiens), le Syngof (gynécologues-obstétriciens) et l'AAL (anesthésistes) voient dans ces dépassements d'honoraires "sauvages" une façon de dénoncer un "blocage" de leurs tarifs. Les mêmes syndicats étaient à l'origine d'un mouvement de grève qui a perturbé l'activité des cliniques privées une partie de l'été.
Les caisses d'assurance maladie saisies
Selon Xavier Bertrand, ces dépassements illégaux "auraient pour conséquence directe de pénaliser les patients". Le ministre de la Santé "rappelle que les médecins installés en secteur 1 (tarifs "sécu", ndlr) ne peuvent pratiquer de dépassement que pour exigence particulière du malade quant au moment ou au lieu de réalisation de l'acte médical", écrit le ministère dans un communiqué.
Le ministre a demandé que les caisses d'assurance maladie engagent des actions de contrôle du respect des dispositions conventionnelles". Il a également "demandé à ce que les caisses d'assurance maladie informent les patients de leur droit de refuser de payer tout complément d'honoraire illégal, ou de se faire rembourser un dépassement qui leur serait facturé dans ces conditions".
"Un régime de la terreur"
Le vice-président du Collectif inter-associatif sur la santé, Christian Saout, a réagi mercredi sur Europe 1, en menaçant de saisir la justice" si des praticiens libéraux appliquaient des dépassements d'honoraires afin de dénoncer un "blocage" de leurs tarifs.
"Nous sommes extrêmement choqués par cet appel (ndlr : lancé par les trois syndicats afin de pratiquer des dépassements d'honoraires dès vendredi), nous vivons dans un régime de la terreur", a estimé M. Saout, rappelant que les usagers avaient "déjà accepté de payer une grande partie des assurances en responsabilité civile professionnelle des chirurgiens".
(Image TF1-LCI : archives)
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