Pour ou contre la sixième semaine de congés payés dans la restauration

Par Par Sophie LUTRAND, le 24 août 2006 à 17h16 , mis à jour le 25 août 2006 à 13h12

Patronat et syndicats de la restauration se sont retrouvés vendredi autour du ministre délégué au Travail afin d'éviter une décision du Conseil d'Etat qui pourrait avoir une répercussion sur le temps de travail des 800 000 salariés du secteur. En jeu, la sixième semaine de congés payés. Prochain rendez-vous le 6 septembre.

André Daguin Umih Johanny Ramos CFDTrestauration © DR

Patronat et syndicats des hôtels, cafés, restaurants (HCR) se sont retrouvés, vendredi, pour une réunion "de la dernière chance" afin d'éviter une imminente décision du Conseil d'Etat sur la validité d'un décret étendant des accords de juillet 2004 sur le temps de travail. Ces accords ont entériné la création d'une sixième semaine de congés payés contre le maintien des 398 heures hebdomadaires. La CFDT, non signataire de l'accord, avait déposé dans la foulée une saisine auprès du Conseil d'Etat estimant le décret illégal. Prochain rendez-vous le 6 septembre. 

 Contre : Johanny Jamos, secrétaire national de la CDT en charge du tourisme et du secteur HCR

La sixième semaine de congés payés ne compense pas le manque à gagner de la non-majoration des heures supplémentaires de la 36e à la 39e heures. Nous demandons que ces heures soient rémunérées au taux des heures supplémentaires comme pour n'importe quel salarié de droit commun. Car si l'ont fait le compte, ce ne sont pas cinq jours de congés que devraient avoir les salariés de la restauration mais huit.

Le Conseil d'Etat doit se prononcer d'ici la fin du mois de septembre et nous donnera raison. Quant aux menaces de Daguin qui explique que cela va ruiner la majorité des 180 000 établissements de ce secteur, il faut être sérieux. Nous avons fait le calcul et si le Conseil d'Etat estime que les salariés doivent être payés en heures supp pour les 18 derniers mois, cela reviendrait à 80 euros par entreprise. Pas de quoi mettre la clé sous la porte.

Nous acceptons de retirer notre saisine auprès du Conseil d'Etat à deux conditions : que l'on établisse avec le patronat un calendrier pour une refonte de la grille des salaires qui n'a pas été modifiée depuis près de 10 ans et "la publication d'un décret annulant" le précédent".

 Pour : André Daguin, président de l'Umih, principale organisation patronale du secteur hôtel, café, restaurant.

Depuis que je suis aux manettes de l'Umih, je n'ai eu cesse d'oeuvrer à des progrès sociaux, de dire aux professionnels de ne pas être rétrogrades pour attirer les jeunes dans la profession. Et au moment où ils le font en octroyant une sixième semaine de congés payés, ils se font taper sur les doigts. Ce n'est pas sérieux.

Le recours de la CFDT auprès du Conseil d'Etat risque de tout foutre en l'air et de faire passer les salariés du secteur aux 35 heures. Avec le salaire qui va avec ! Or, les 800 000 salariés de la restauration et de l'hôtellerie veulent travailler plus et gagner plus. Si on oblige les petites entreprises à payer les heures de 35 à 39h en heures supp, ça va être une catastrophe. Nous proposerons vendredi un projet de grille de salaires mais nos efforts seront fonctions de la décision du Conseil d'Etat.

Photo : André Daguin, président de l'Umih et Johanny Ramos, de la CFDT.

Par Par Sophie LUTRAND le 24 août 2006 à 17:16
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16 Commentaires

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  • FLORI, le 27/08/2006 à 14h29

    POurquoi pas après tout? Ceci est un métier très difficile tant pour les salariées de la restauration que des patrons restaurateurs car les heures impliquent une très grande modestie en fonction d'une clientèle éprouvée par la chèreté de la vie.Le 5,5% de TVA aurait été une amélioration des services "bar-restaurant-hôtel" vu les grands investissements dans les personnels de tout aloi et de bonne éducation.Demandez donc à certains conseillères de patrôner cette gestion-personnels si arrude et si éprouvée comme les directions des "limonadiers-bars attendant un geste de leur propre ministère du tourisme.

  • Sébastien, le 26/08/2006 à 22h26

    Mais pour qui se prend se syndicat, les mentalités changent, les patrons aussi, n'oublié pas chers syndicats d'ou vient le métier et ce qu'il a parcouru comme chemin en moins de 20 ans. Je terminerai par dire que nous restons un métier de service, au service d'une clientèle qui ne cesse d'évoluer et d'être de plus en plus exigeante. Vous messieurs et mesdames les syndicats, n'aurez qu'à refuser les clients pour fautes de personnel et puis vous nous octroirez des primes pour moins travailler et rester chez nous, enfin lorsqu'en fin de mois nous serons un peu juste financièrement vous nous donnerez une rallonge. Le seul moyen d'y arriver est de travailler alors travailleur, travailleuse, ne laisser pas un syndicat détruire tous les efforts qui ont été fait par les deux parties patronaux et salariaux. Il faut avancer ensemble mais intelligement. Amicalement

  • Ducouret, le 26/08/2006 à 16h23

    Voila,apres la semaine de 35 heures,a mon avis assez douloureuse pour les entreprises,et la clientele(repercussion maintenant la sixieme semaine de conge payé................................. bientot 20 heures par semaine...... le smic a 2000 euros........ et toujours plus,au final,c'est le client qui paie.

  • Regis, le 26/08/2006 à 12h33

    Ils veulent plus de congés? ok, mais pas aux frais des contribuables, c'est au professionnels de ce secteur de le financer, pas a nous!

  • Le sagard, le 26/08/2006 à 10h16

    Il suffirait de demander aux ouvriers de la restauration ce qu'ils en pense,syndicats et employeurs ne cesse de parler pour les autres sans leur demander leur avis,un referendum dans le milieu et l'affaire serait vite resolu,perso a quoi bon plus de congés si les salaires ne suivent pas,une hausse importante des salaires serait preferable

  • Kad, le 25/08/2006 à 21h35

    Certains sont deja a 52 semaines de conges payes en France, je pense qu'au point ou on en est ...

  • DANIEL, le 25/08/2006 à 17h19

    Contre une sixiéme semaine de congé trés mal payés. Pour une rémunération conforme au droit du travail: heures sup - de nuit - férié. Un tel débat n'aurait jamais eu lieu si les entreprises réménéraient correctement leurs salariés en respectant le droit du travail. La lecture de revues spécialisées montre que les entreprises de restauration, hotellerie, font l'objet d'un fort pourcentage de plaintes auprés des Prud'hommes qui ne sont qu'une infinie partie de la réalité, il y a donc un malaise dans cette filiére.

  • Laurent, le 25/08/2006 à 15h09

    Avoir des congés à gogo ce n'est pas une solution...Avec les RTT, on a plusieurs semaines de congés mais beaucoup préféreraient de l'argent à la place. Arrêtons avec ces x semaines de congés payés et payons les gens à la place !!! Il faut remonter le pouvoir d'achat !

  • Jack, le 25/08/2006 à 15h02

    Les employés de la restauration se plaignent de ne pas voir leurs heures travaillées payées correctement et les patrons leur proposent...1 semaine de congés ! Pour faire quoi ? Partir avec quel argent ? Les patrons, qui ont touché de nombreuses subventions, ne veulent rien lâcher. Qu'on les y oblige en augmentant le SMIC hotelier.

  • Will, le 25/08/2006 à 11h42

    7 semaines de congé et 40H pour tous ?

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