© DRPatronat et syndicats des hôtels, cafés, restaurants (HCR) se sont retrouvés, vendredi, pour une réunion "de la dernière chance" afin d'éviter une imminente décision du Conseil d'Etat sur la validité d'un décret étendant des accords de juillet 2004 sur le temps de travail. Ces accords ont entériné la création d'une sixième semaine de congés payés contre le maintien des 398 heures hebdomadaires. La CFDT, non signataire de l'accord, avait déposé dans la foulée une saisine auprès du Conseil d'Etat estimant le décret illégal. Prochain rendez-vous le 6 septembre.
Contre : Johanny Jamos, secrétaire national de la CDT en charge du tourisme et du secteur HCR
La sixième semaine de congés payés ne compense pas le manque à gagner de la non-majoration des heures supplémentaires de la 36e à la 39e heures. Nous demandons que ces heures soient rémunérées au taux des heures supplémentaires comme pour n'importe quel salarié de droit commun. Car si l'ont fait le compte, ce ne sont pas cinq jours de congés que devraient avoir les salariés de la restauration mais huit.
Le Conseil d'Etat doit se prononcer d'ici la fin du mois de septembre et nous donnera raison. Quant aux menaces de Daguin qui explique que cela va ruiner la majorité des 180 000 établissements de ce secteur, il faut être sérieux. Nous avons fait le calcul et si le Conseil d'Etat estime que les salariés doivent être payés en heures supp pour les 18 derniers mois, cela reviendrait à 80 euros par entreprise. Pas de quoi mettre la clé sous la porte.
Nous acceptons de retirer notre saisine auprès du Conseil d'Etat à deux conditions : que l'on établisse avec le patronat un calendrier pour une refonte de la grille des salaires qui n'a pas été modifiée depuis près de 10 ans et "la publication d'un décret annulant" le précédent".
Pour : André Daguin, président de l'Umih, principale organisation patronale du secteur hôtel, café, restaurant.
Depuis que je suis aux manettes de l'Umih, je n'ai eu cesse d'oeuvrer à des progrès sociaux, de dire aux professionnels de ne pas être rétrogrades pour attirer les jeunes dans la profession. Et au moment où ils le font en octroyant une sixième semaine de congés payés, ils se font taper sur les doigts. Ce n'est pas sérieux.
Le recours de la CFDT auprès du Conseil d'Etat risque de tout foutre en l'air et de faire passer les salariés du secteur aux 35 heures. Avec le salaire qui va avec ! Or, les 800 000 salariés de la restauration et de l'hôtellerie veulent travailler plus et gagner plus. Si on oblige les petites entreprises à payer les heures de 35 à 39h en heures supp, ça va être une catastrophe. Nous proposerons vendredi un projet de grille de salaires mais nos efforts seront fonctions de la décision du Conseil d'Etat.
Photo : André Daguin, président de l'Umih et Johanny Ramos, de la CFDT.
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