© TF1"Le problème n'est plus d'interdire ou de ne pas interdire, mais de faire respecter l'arrêt de la Cour de cassation de juin 2005 qui fait obligation aux employeurs d'assurer la santé de leurs salariés", a déclaré Didier Chenet, le président du Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synhorcat). Il réagissait aux propos du ministre de la Santé qui a laissé entendre mercredi que l'interdiction totale du tabac dans les cafés, hôtels et restaurants interviendrait dès le 1er janvier prochain. Selon Didier Chenet, cette mesure nécessiterait la mise en place d'un "fonds de solidarité, au même titre que celui mis en place pour l'amiante".
Seuls les bars-tabacs, discothèques et casinos devraient bénéficier d'aménagements. Le président de la Confédération des débitants de tabac, René Le Pape, continue cependant de demander des dérogations, tout en reconnaissant que la santé des salariés constitue un "obstacle". Selon lui, "les épurateurs d'air apportent une solution efficace".
Au restaurateur de décider
L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), l'organisation patronale majoritaire du secteur, reste la plus hostile à une interdiction "autoritaire" de fumer dans les lieux publics. "Une société ne peut pas marcher à coup d'interdictions successives sur le sel, sur le gras, sur le tabac", a lancé mercredi son président André Daguin. Pour lui, "c'est au restaurateur de décider si son établissement sera fumeur ou non, de l'afficher et de s'adapter en fonction de ses clients". Pour préserver les salariés, l'Umih propose néanmoins la mise en place de fumoirs, à "condition qu'il n'y ait pas de service".
Elle préconise aussi une meilleure application de la loi Evin. Ce texte, en vigueur depuis 1991, impose la création d'espaces non fumeurs dans les lieux publics. Mais il n'est pas ou peu appliqué dans les bars et les restaurants. Une mission parlementaire doit rendre ses conclusions en octobre. Son président, le député socialiste Claude Evin, s'est d'ailleurs dit mercredi "très étonné" que le ministre de la Santé Xavier Bertrand ait "déjà décidé", alors que la mission ne s'est pas encore prononcée.
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