Les restaurateurs se résignent à l'air pur

le 23 août 2006 à 17h20 , mis à jour le 23 août 2006 à 18h22

Dossier : Tabac

Buralistes et restaurateurs restent réticents à une interdiction totale de fumer dans leurs établissements qui pourrait intervenir au 1er janvier 2007. Toutefois, ils pourraient s'y résigner afin d'éviter les éventuelles poursuites de leurs salariés victimes du tabagisme passif.

tabac cigarette clope cendrier fumer © TF1

"Le problème n'est plus d'interdire ou de ne pas interdire, mais de faire respecter l'arrêt de la Cour de cassation de juin 2005 qui fait obligation aux employeurs d'assurer la santé de leurs salariés", a déclaré Didier Chenet, le président du Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synhorcat). Il réagissait aux propos du ministre de la Santé qui a laissé entendre mercredi que l'interdiction totale du tabac dans les cafés, hôtels et restaurants interviendrait dès le 1er janvier prochain. Selon Didier Chenet, cette mesure nécessiterait la mise en place d'un "fonds de solidarité, au même titre que celui mis en place pour l'amiante".

Seuls les bars-tabacs, discothèques et casinos devraient bénéficier d'aménagements. Le président de la Confédération des débitants de tabac, René Le Pape, continue cependant de demander des dérogations, tout en reconnaissant que la santé des salariés constitue un "obstacle". Selon lui, "les épurateurs d'air apportent une solution efficace".

Au restaurateur de décider

L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), l'organisation patronale majoritaire du secteur, reste la plus hostile à une interdiction "autoritaire" de fumer dans les lieux publics. "Une société ne peut pas marcher à coup d'interdictions successives sur le sel, sur le gras, sur le tabac", a lancé mercredi son président André Daguin. Pour lui, "c'est au restaurateur de décider si son établissement sera fumeur ou non, de l'afficher et de s'adapter en fonction de ses clients". Pour préserver les salariés, l'Umih propose néanmoins la mise en place de fumoirs, à "condition qu'il n'y ait pas de service".

Elle préconise aussi une meilleure application de la loi Evin. Ce texte, en vigueur depuis 1991, impose la création d'espaces non fumeurs dans les lieux publics. Mais il n'est pas ou peu appliqué dans les bars et les restaurants. Une mission parlementaire doit rendre ses conclusions en octobre. Son président, le député socialiste Claude Evin, s'est d'ailleurs dit mercredi "très étonné" que le ministre de la Santé Xavier Bertrand ait "déjà décidé", alors que la mission ne s'est pas encore prononcée.

le 23 août 2006 à 17:20
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

11 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Raillard, le 24/08/2006 à 13h46

    Bravo pour ce "décret", mais à quand l'interdiction pure et simple du tabac?? Les taxes sont un bon revenu pour l'Etat...

  • TITEUF53, le 24/08/2006 à 13h17

    Je suis non fumeur et, bien que tolérent à l'égard des fumeurs, j' approuve totalement une interdiction totale dans les restaurants. L'odeur de clope gache réellement mon plaisir et jusqu'à maintenant la loi était inaplicable. En revanche interdire la cigarette dans un bureau de tabac tiens de la plus grande absurdité.

  • Dréfo, le 24/08/2006 à 11h52

    Pourquoi il n'y a qu'en France qu'il y aurait des dérogations pour les restaurateurs ? Je travaille comme serveur et croyez-moi, travailler dans une atmosphère enfumée pour faire plaisir à quelques personnes qui se foutent de ma santé, très peupour moi !! Appliquons la loi jusqu'au bout et n'écoutons pas ce pauvre Mr daguin qui ne pense qu'aux sous de ses adhérents et non pas au droit à la santé des employés du monde de l'hôtellerie.

  • M.Aurele, le 24/08/2006 à 11h08

    "Faire respecter l'arrêt de la Cour de cassation de juin 2005 qui fait obligation aux employeurs d'assurer la santé de leurs salariés", voila bien qui risque poser problème aux futures exceptions. Quels vont donc être ces aménagemens pour les discothèques et casinos? une zone fumeur? cela ne devrait-il pas déjà être obligatoire? Combien de temps avant la prise en compte des non-fumeurs (et des salariés) dans ces établissements? Le tabagisme passif, le plus grave d'après toutes les informations données, ne les concerne donc pas? Il ya donc maintenant 2 sortes de salariés: Ceux dont on protège la santé et ceux des discothèques et casinos qui peuvent bien mourrir d'un cancer offert par les fumeurs ! A quand les premières poursuites contre l'état (ou l'employeur)? Dans 5 ou 10 ans? Le tabac est dangereux, mais légal! Voilà bien un drole de paradoxe.

  • Dorcas, le 24/08/2006 à 09h07

    Les fumeurs ne s'en rendent pas compte mais l'application de cette mesure leur permettrait au moins d'allonger un peu leur vie. Le tabac tue, beaucoup de gens ont l'air de l'oublier ou de l'ignorer...

  • Jim, le 24/08/2006 à 08h37

    Et voila, on va repartir dans des querelles sans fins entre politiques. Tous les pays d'Europe se mettent à interdire de fumer dans les lieux publics. Et dans tous ces pays, les restaurants et autres bars n'ont pas vu leur clientèle baisser. Ce sera pareil chez nous.

  • Martine, le 24/08/2006 à 08h34

    Bonjour, Peut-être que les restaurateurs gagneraient des clients plutôt que d'en perdre si on interdisait de fumer. Récemment, j'étais à Deauville dans un restaurant où un couple fumait cigarettes sur cigarettes, nous avons demandé à changer de place, d'autres clients sont partis avant d'être servis parce qu'ils étaient trop incommodés. C'est un exemple parmi beaucoup d'autres ... quand je vais acheter ma carte téléphonique dans un débit de tabac, j'y vais en apnée, peut-être que ce serait sympa de boire un petit café au comptoir sans cette tabagie ! à méditer. Martine.

  • Ludo, le 24/08/2006 à 05h35

    Bien qu'il soit scandaleux qu'un client se plaigne de la fumée de cigarettes dans les restaurants (rien ne l'oblige à s'y rendre), le cas des salariés, lui, est tout à fait légitime et sans appel.

  • Philippe, le 24/08/2006 à 03h12

    Tout ce qu'ils vont gagner, c'est de faire perdre aux restaurants 30% de clientèle de fumeurs. Demandez donc à un fumeur impénitent quel plaisir il va prendre à un repas au restaurant sans pouvoir au moins s'en griller une à l'apero et au café..

  • Jean, le 23/08/2006 à 20h26

    Je suis venu en france à Paris en fevrier 2005; un midi , j'avais faim je regarde le menu dans un restaurant parisien: je m'installe en demandant où est l'espace non fumeur, le barman m'indique le bar en me disant que c'est aéré ( bein enfumé pour une personne dite normale); moralité je suis sorti sans manger car cela n'a pas d'allure d'etre obligé de manger dans un fumoir: autere morale de l'histoire: le restaurant venait de perdre un client

Lire tous les commentaires

      logAudience