Les cliniques privées en grève © TF1/LCI "Il y aura un arrêt total de l'activité - hormis tout ce qui est vital -, dans l'ensemble des cliniques, celles de médecine, chirurgie et obstétrique, de soins de suite et les établissements psychiatriques", prévient Ken Danis, le président de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), qui représente la quasi-totalité du secteur. La FHP a appelé mardi les 1260 cliniques privées à une grève des soins, pour dénoncer la décision du gouvernement de baisser les tarifs qui leurs sont remboursés par la Sécurité sociale afin de contenir le déficit de l'assurance maladie.
Cette grève avait été annoncée le 7 septembre, au lendemain de l'annonce par le ministre de la Santé Xavier Bertrand d'un plan global de 350 millions d'économies pour la fin de l'année afin de réduire le déficit de l'assurance maladie, qui est estimé à 6,3 millards d'euros fin 2006. L'effort demandé aux cliniques privées est de 60 millions d'euros. Il consiste en une baisse, sur les trois derniers mois de l'année, de près de trois points des tarifs des actes directement remboursés par la Sécurité sociale aux cliniques. Cette baisse de tarifs ne concerne pas les patients. Au 1er janvier 2007, les tarifs reviendront à leur niveau actuel, a promis Xavier Bertrand.
"Aveuglement et agressivité"
Pour justifier sa décision, le ministre a indiqué que l'assurance maladie avait constaté dans ces établissements privés au cours des premiers mois de 2006 "un dépassement de 300 millions d'euros" par rapport aux objectifs de dépenses fixés par la loi de financement de la sécurité sociale. Le 31 mai, le Comité d'alerte sur l'évolution des dépenses maladie, chargé de prévenir les pouvoirs publics dès que les dépenses dérapent, avait déjà tiré la sonnette d'alarme sur les dépenses des cliniques.
Le président de la FHP dénonce pour sa part "l'aveuglement et l'agressivité du gouvernement" qui, affirme-t-il, a pris décision sans concertation avec le secteur et sur la foi de "chiffres faux de l'assurance maladie qui ne sont que des extrapolations à partir de l'activité des quatre premiers mois de l'année".
A peine lancé, ce mouvement est déjà controversé. La Fédération hospitalière de France (FHF), qui représente les hôpitaux publics, a jugé les efforts financiers demandés aux cliniques "anormalement faibles" comparés à ceux imposés aux hôpitaux, touchés par le plan d'économies à hauteur de 115 millions d'euros.
D'après AFP
(Image d'archives TF1/LCI)
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