Un militant contre le projet de privatisation de GDF © TF1/LCI "Touche pas à mon énergie !", c'est avec ce mot d'ordre que les syndicats avaient appelé ce mardi à la mobilisation contre la privatisation de Gaz de France et sa fusion avec Suez. Au moment même où les députés continuaient leurs débats houleux à l'Assemblée, aux prises avec des dizaines de milliers d'amendements, les fédérations CGT, FO, CFTC, CFE-CGC et Unsa de l'Energie commençaient à crier dans la matinée, leur opposition à un projet où les usagers seront forcément perdants, affirment-ils.
Gaz de France a dégagé un nouveau bénéfice net record au premier semestre, en hausse de 44% à 1,7 milliard d'euros, et a relevé ses prévisions pour l'ensemble de l'exercice 2006. La fédération CGT de l'énergie a estimé mardi que ces bénéfices s'étaient "envolés" en raison notamment d'une "hausse des tarifs du gaz". "On est loin des affirmations du président de Gaz de France indiquant que l'entreprise vendait à pertes. On est loin aussi de ses promesses que l'objectif de GDF était de fournir le gaz le moins cher possible", ajoute la CGT.
Rejet sans appel
A Paris, le défilé des électriciens et gaziers a rassemblé 2300 personnes selon la police, 7000 selon la CGT. A Nantes, 450 manifestants se sont réunis devant le siège d'EDF-GDF où ils ont enterré symboliquement un cercueil sur lequel était inscrit "OPA Suez-GDF". A Rennes, deux agents habillés de blanc, un marié GDF et sa femme EDF, se sont dit "oui" devant 300 personnes. Des célébrations de mariage symboliques ont également eu lieu à Clermont-Ferrand (devant 600 personnes), Brest (100 personnes), Bourges (110 personnes) et Caen (200 personnes). A Toulouse, la mobilisation a pris la forme d'une manifestation de 400 à 500 personnes pour la police, un millier selon les organisateurs. Des rassemblements avec distribution de tracts ont également eu lieu devant les centrales nucléaires de Golfech (Tarn-et-Garonne) et de Gravelines (Nord), à Thionville et Montbéliard.
Pour les syndicats, ces manifestations renforcent le résultat , "sans appel" à leurs yeux, du référendum interne de la semaine dernière, quand 94% des gaziers interrogés avaient dit "non" à la privatisation de GDF. Et malgré la participation modeste aux défilés ce mardi, l'épisode du CPE a montré qu'une mobilisation limitée au départ, pouvait gagner beaucoup d'ampleur, rappelle la CGT.
Jean-François Copé privé d'électricité et de gaz |
Des militants CGT de GDF et d'EDF ont coupé mardi l'électricité et le gaz à la résidence parisienne du porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, en signe de protestation contre le projet de loi de privatisation de GDF, a annoncé la CGT. Le recours aux coupures ciblées de gaz et d'électricité a été utilisé à plusieurs reprises par les syndicats pour s'opposer symboliquement au changement de statut de GDF ou EDF. Ainsi, le 13 avril 2005, des électriciens CGT d'EDF avaient notamment coupé l'électricité dans la résidence secondaire de l'ex-commissaire européen Frits Bolkestein, à Ramousies (Nord) près de Maubeuge, pour "défendre le service public, contre le libéralisme". (D'après AFP)
Image LCI. Un militant contre le projet de privatisation de GDF.
D'après AFP
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