Un "regard noir" n'est pas un motif de licenciement

le 13 septembre 2006 à 15h07 , mis à jour le 13 septembre 2006 à 15h36

Un salarié d'un centre d'appel, licencié pour insolence et notamment "regard noir" a gagné son procès aux Prud'hommes. Sa société a été condamnée à lui verser des indemnités.

call center centre d'appels téléphoniquesUn centre d'appels téléphoniques (archives) © DR

Un salarié licencié entre autres pour son regard noir, signe d'"insolence caractérisée" envers une formatrice, par un centre d'appels de Laxou (banlieue nancéienne), a gagné son procès aux Prud'hommes de Nancy, a annoncé mercredi son avocat. "Le conseil des Prud'hommes de Nancy a dit qu'on ne pouvait pas licencier quelqu'un car il avait un regard noir" et a condamné la société Arvato communication services à lui verser 13.500 euros d'indemnisations, s'est félicité Me Olivier Bauer, son avocat.

Alexandre, 24 ans, avait été licencié en octobre 2005 au terme d'une session de formation sur la "gestion du stress" pour "insolence caractérisée envers une formatrice", "désorganisation et dénigrement" de cette formation, "non-respect d'une consigne" et "abandon de poste". "Lors d'un exercice, vous avez passé cinq bonnes minutes à taper mécaniquement sur la table tout en ayant un visage crispé et agressif. Vos collègues ne cessaient de vous regarder en attendant ardemment que vous cessiez ce mouvement", mentionne sa notification de licenciement.

Abandon de poste ou pause pipi ?

Sur cette même lettre, la direction d'Arvato CS lui reproche d'avoir griffonné sur un brouillon des messages comme "attendre l'heure pour sortir d'Arvato et rentrer chez soi : prendre des appels courts pour que le temps passe plus vite", ou encore "attendre de bien gagner sa vie : changer de travail sans attendre". "Mais l'employeur n'avait pas à prendre ce brouillon et encore moins à s'en servir comme motif de licenciement", selon Me Olivier Bauer.

"L'abandon de poste" était lié à une "pause toilettes de dix minutes" et le "non-respect d'une consigne" au fait qu'il ait "rangé son portable" a précisé Anthony Kessler, le secrétaire départemental adjoint de SudPTT 54, dont il était membre. Le Conseil des Prud'hommes a estimé que le licenciement pour faute grave sans indemnité après quatre ans de salariat dans l'entreprise était abusif. L'entreprise Arvato communication services s'est refusée à tout commentaire.

(d'après AFP)

le 13 septembre 2006 à 15:07
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10 Commentaires

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  • Riquelme.alain, le 13/09/2006 à 17h49

    Je trouve déplorable maintenant que ces MRS les patrons licencient les gens pour n'importe quel motif,bientôt on licenciera les gens par ce qu'ils ont un cheveux plus long que les autres. Je me demande où cela va t'il s'arrêter.

  • Lionel, le 13/09/2006 à 17h32

    être syndiqué chez SUC à nancy c'est pousser le bouchon un peu loin et une provocation en soi

  • David Winter, le 13/09/2006 à 16h49

    Non seulement ils traitent les employés pour des animeux et leurs bousillent les nerfs, mais ils nous dérangent trop souvent au téléphone. Quand on leur demande de retirer nos numéros de leurs listes et de nous en communiquer les sources, ils ne le font jamais. S'il y a une chose qui devrait disparaître, ce sont bien les centres d'appel.

  • Anissa, le 13/09/2006 à 16h43

    Si seulement on savait ce qui se passait réellement dans les centres d'appels !! j'y ai travaillé pendant des années et je vous assure que c'est la pire des choses qui puisse exister!! bravo et félicitation pour ce jeune au moins lui il a su comment agir !

  • Pat57, le 13/09/2006 à 16h40

    Comme quoi avec un bon avocat et beaucoup de mauvaise foi, on peut gagner sa vie... Le plus lamentable, c'est que les syndicats cautionnent ce genre d'individu nuisible mais procédurier.

  • Hardivin, le 13/09/2006 à 16h26

    Encore une consilidation du fait que les employés peuvent faire ce qu'ils veulent dans une société puisque partir 10 min aux toilettes (sauf en cas de gastro c'est un peu long...) et etre arrogant avec sa hiérarchie est toléré en France.....bravo les prud'hommes....

  • François, le 13/09/2006 à 16h21

    Certes, il a gagné son procés, mais il est viré quand même. Qui est le vrai gagnant dans cette affaire ? L'entreprise ou le salarié déçu ? Que réprésente 13500 euros pour une entreprise ? Le salarié avec la médiatisation de son affaire va certainement avir du mal a retrouver un employeur prêt à prendre le risque de s'encombrer d'un emm.... empécheur de tourner en rond. Donc, je repose ma question, qui est réellement le gagnant ?

  • Taz, le 13/09/2006 à 16h18

    Les centres d'appels sont de véritables centres d'esclavage tant les conditions et les méthodes de travail sont avilissantes. Je sais de quoi je parle.

  • Coulet, le 13/09/2006 à 16h04

    Et un regard haineux et agressif?...

  • Maret, le 13/09/2006 à 15h46

    Heureusement car j'aurais été licencier 50 fois et je m'aime pas les formatrices

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