cour des comptesFrançois Fillon se sentira un peu moins seul à la lecture du rapport annuel de la Cour des comptes sur la Sécu. Au lendemain de l'appel du conseiller de Nicolas Sarkozy à une mise à plat des régimes spéciaux de retraites (RATP, SNCF, EDF-GDF), on peut lire dans le document que la Cour déplore que "les prestations de ces régimes n'aient pas été réformées" suivant les principes de la réforme... Fillon de 2003. Il était alors prévu d'aligner les durées de cotisations des fonctionnaires avec les salariés du privé. "Il résulte (de cette absence de réforme) que 20% des retraités de ces régimes ont moins de 60 ans", note le rapport.
Cour des comptes : le dernier rapport de Philippe Séguin
Dans son rapport 2010, marqué du sceau de Philippe Séguin qui l'aura étroitement piloté jusqu'à son décès, début janvier, la Cour va s'attacher à débusquer les nombreuses anomalies dans la gestion publique.
Publié le 08/02/2010
Une nouvelle fois, la Cour des comptes ne peut que constater les besoins "considérables" de financement pour la sécurité sociale, chiffrés à 37 milliards d'euros "à l'horizon 2009". Pour l'année en cours, elle les chiffre à 16 milliards. Cela "conduira inévitablement à une hausse des prélèvements et à de nouveaux plans d'économie allant au-delà de ce que prévoient les réformes des retraites de 2003 et de l'assurance maladie de 2004", prévient-elle.
"Des amis qui ont des idées"
Globalement, les magistrats de la rue Cambon relèvent certes une légère réduction, en 2005, du déficit global du régime général de la Sécu : il est passé de 13,2 milliards en 2004 à 11,6 milliards "grâce au début de redressement enregistré par la branche maladie". Mais la Cour estime que cette amélioration est "en trompe l'oeil", du fait de la situation financière des branches vieillesse et famille, "confrontées à un déficit structurel sans perspective de rétablissement à court terme".
Mais François Fillon aura sans doute plus apprécié encore les propos de Nicolas Sarkozy, interrogé sur la question dans les coulisses de son voyage aux Etats-Unis. "Je préfère avoir des amis qui ont des idées", a lancé le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP. "Qui peut dire que le problème des régimes spéciaux ne se pose pas ?", a-t-il demandé, précisant toutefois que son "opinion n'était pas arrêtée" sur la question. "On débattra tranquillement de ce sujet en toute transparence", a-t-il promis. Il peut compter sur les villepinistes pour animer les échanges.
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