EMI libère sa musique sur Internet

Par , le 02 avril 2007 à 17h44 , mis à jour le 03 avril 2007 à 14h18

Le patron d'Apple en avait rêvé. EMI l'a fait. La maison de disques devient la première à vendre de la musique sans protection DRM sur la plate-forme de téléchargement d'Apple.

TF1 / LCI iTunes 7iTunes 7 - Selon La Tribune, les offres de téléchargement payantes situées hors de France sont bénéficiaires © Apple

Après les paroles, les actes. Lorsque Steve Jobs, patron d'Apple, s'est attaqué aux protections sur la musique. il y a deux mois, certains ont raillé une pieuse déclaration d'intentions. Les faits leur donnent tort et ce lundi 2 avril pourrait bien s'imposer comme une date dans l'histoire de la musique en ligne. EMI annonce en effet la mise à disposition de l'ensemble de son catalogue, sans DRM. C'est donc Apple qui aura la primeur de ce catalogue "libéré". "Le catalogue d'EMI sera disponible sur iTunes au mois de mai dans tous les pays", a annoncé Steve Jobs, roi des présentations aux médias, lors d'une conférence de presse conjointe avec EMI.

Cette décision confirme des signes avant-coureurs. Début février, Steve Jobs bluffe une grande partie du monde de la musique. Le président d'Apple se lance dans une grande diatribe contre les DRM, la méthode de protection anti-copie de la musique électronique. "Imaginez un monde sans DRM", se lâche même le patron d'Apple dans un texte intitulé "réflexions sur la musique". Il y lance un appel public aux maisons de disque pour une commercialisation des morceaux sans protection sur iTunes. L'appel prend d'autant plus d'ampleur que Steve Jobs est un des pères de l'iPod et le premier distributeur de musique sur Internet.

30 cents de plus par chanson

La liberté a un prix. Les consommateurs devront payer 1,29 cents par chanson "copiable" au lieu des 0,99 euros pour les fichiers protégés contre la copie, qui resteront disponibles. Pour ce prix, les nouveaux fichiers sans DRM seront encodés au format AAC en 256 Kbit/s au lieu de 128 Kbit/s. Apple et EMI proposent donc par la même occasion une meilleure qualité du son. Le communiqué d'Apple n'entre pas dans les détails mais il comprend un mot magique : "interoperabilité". Cela veut dire que ces nouveaux fichiers téléchargés sur iTunes pourraient - en plus d'être copiables à l'infini - être compatibles avec d'autres lecteurs MP3. Ceux de Sony ou Microsoft par exemple.

Une brèche s'ouvre

Pour Apple, cette décision est un revirement. Sommé par les législateurs d'ouvrir sa plate-forme et son iPod à la concurrence, la société avait fait la sourde oreille et même affirmé pouvoir se passer des marchés qui lui posaient problème comme la France.

Côté EMI, c'est une stratégie résolument offensive. Jusqu'à présent, les maisons de disque restaient terrorisées par le piratage. Accord implicite ou entente d'antichambre, elles maintenaient le statu quo en refusant de mettre à disposition leurs catalogues sans DRM sur Internet. Avec cette décision, EMI est donc le premier géant à mettre un coup de pied dans la fourmilière et s'offre un joli coup de pub. La meilleure des nouvelles, c'est qu'il y a peu de chances que ses adversaires lui laissent le champ libre. Les DRM ont du souci à se faire.

Bruxelles accuse Apple de pratiques anti-concurrentielles

La Commission européenne a reproché vendredi au groupe informatique américain Apple d'avoir enfreint les règles européennes de concurrence en imposant "des restrictions territoriales" à ses sites de téléchargement de musique iTunes. Ce reproche est la première étape d'une procédure formelle d'infraction en droit de la concurrence, selon le porte-parole de la Commissaire qui s'exprime dans les Echos (de mardi). La Commission juge illégal le fait qu'un consommateur européen ne puisse acheter de la musique en ligne sur le système iTunes uniquement depuis son pays de résidence, alors que les prix varient d'un pays à l'autre.

Par Olivier Levard le 02 avril 2007 à 17:44
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6 Commentaires

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  • Gg, le 05/04/2007 à 02h41

    Pourquoi cette augmentation du prix des chansons sans DRM de 30% ? Cette surenchere profite à qui EMI ou APPLE ?

  • Armand, le 03/04/2007 à 13h04

    Vous allez trouver que je râle, mais c'est le même prix qu'une chansons d'un album... sauf que l'on n'a ni CD, ni pochette, ni photo ni rien d'autre que le son. Mais bon, c'est un pas en avant que je salue avec enthousiasme.

  • Michael, le 03/04/2007 à 11h39

    Belle surprise de la part d'EMI , enfin un major qui a compris , mais par contre , là où ils n'ont toujours pas compris , c'est le prix de chaque titre téléchargeable , 1.29 euro , c'est trop cher , ca donne environ 18 euro pour un album de 14 chansons , mais il n'y a pas le prix du CD vierge , ni le cout de fabrication , ni la jaquette ni le circuit de distribution , ils auraient pu faire un effort , ca leur revient moins cher de mettre la musique en ligne qu'en grandes surfaces , mais les prix sont identiques , tandis qu'à 80 cents le titre , ils auraient davantage de clients

  • Jean-Marie, le 03/04/2007 à 03h17

    Il ne faut pas s'y tromper, EMI est simplement pragmatique. Ils ont réalisé qu'il y a deux types de personnes: Ceux qui respectent la lois (et payent) et ceux qui ont décidé de ne jamais rien payer (pour eux DRM ou pas ne change rien).

  • Liberte, le 02/04/2007 à 22h13

    Voila une bonne nouvelle. Nous etions en plein syndrome du digicode. Les delinquants passaient de toute facon par dessus le portail, alors que les gens honnetes avait oublie le code et se retrouvait coicees derriere la grille !

  • Happy Internaute, le 02/04/2007 à 20h35

    Alors là, BRAVO EMI! Enfin quelqu'un qui nous fait confiance, MERCI!

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