iTunes 7 - Selon La Tribune, les offres de téléchargement payantes situées hors de France sont bénéficiaires © AppleAprès les paroles, les actes. Lorsque Steve Jobs, patron d'Apple, s'est attaqué aux protections sur la musique. il y a deux mois, certains ont raillé une pieuse déclaration d'intentions. Les faits leur donnent tort et ce lundi 2 avril pourrait bien s'imposer comme une date dans l'histoire de la musique en ligne. EMI annonce en effet la mise à disposition de l'ensemble de son catalogue, sans DRM. C'est donc Apple qui aura la primeur de ce catalogue "libéré". "Le catalogue d'EMI sera disponible sur iTunes au mois de mai dans tous les pays", a annoncé Steve Jobs, roi des présentations aux médias, lors d'une conférence de presse conjointe avec EMI.
Cette décision confirme des signes avant-coureurs. Début février, Steve Jobs bluffe une grande partie du monde de la musique. Le président d'Apple se lance dans une grande diatribe contre les DRM, la méthode de protection anti-copie de la musique électronique. "Imaginez un monde sans DRM", se lâche même le patron d'Apple dans un texte intitulé "réflexions sur la musique". Il y lance un appel public aux maisons de disque pour une commercialisation des morceaux sans protection sur iTunes. L'appel prend d'autant plus d'ampleur que Steve Jobs est un des pères de l'iPod et le premier distributeur de musique sur Internet.
30 cents de plus par chanson
La liberté a un prix. Les consommateurs devront payer 1,29 cents par chanson "copiable" au lieu des 0,99 euros pour les fichiers protégés contre la copie, qui resteront disponibles. Pour ce prix, les nouveaux fichiers sans DRM seront encodés au format AAC en 256 Kbit/s au lieu de 128 Kbit/s. Apple et EMI proposent donc par la même occasion une meilleure qualité du son. Le communiqué d'Apple n'entre pas dans les détails mais il comprend un mot magique : "interoperabilité". Cela veut dire que ces nouveaux fichiers téléchargés sur iTunes pourraient - en plus d'être copiables à l'infini - être compatibles avec d'autres lecteurs MP3. Ceux de Sony ou Microsoft par exemple.
Une brèche s'ouvre
Pour Apple, cette décision est un revirement. Sommé par les législateurs d'ouvrir sa plate-forme et son iPod à la concurrence, la société avait fait la sourde oreille et même affirmé pouvoir se passer des marchés qui lui posaient problème comme la France.
Côté EMI, c'est une stratégie résolument offensive. Jusqu'à présent, les maisons de disque restaient terrorisées par le piratage. Accord implicite ou entente d'antichambre, elles maintenaient le statu quo en refusant de mettre à disposition leurs catalogues sans DRM sur Internet. Avec cette décision, EMI est donc le premier géant à mettre un coup de pied dans la fourmilière et s'offre un joli coup de pub. La meilleure des nouvelles, c'est qu'il y a peu de chances que ses adversaires lui laissent le champ libre. Les DRM ont du souci à se faire.
| Bruxelles accuse Apple de pratiques anti-concurrentielles |
La Commission européenne a reproché vendredi au groupe informatique américain Apple d'avoir enfreint les règles européennes de concurrence en imposant "des restrictions territoriales" à ses sites de téléchargement de musique iTunes. Ce reproche est la première étape d'une procédure formelle d'infraction en droit de la concurrence, selon le porte-parole de la Commissaire qui s'exprime dans les Echos (de mardi). La Commission juge illégal le fait qu'un consommateur européen ne puisse acheter de la musique en ligne sur le système iTunes uniquement depuis son pays de résidence, alors que les prix varient d'un pays à l'autre. |
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