© TF1/LCI"Jusqu'à présent, le métier de bistrotier pouvait être exercé par n'importe qui : un joueur de foot ou de pétanque...", résume André Daguen, le président l'Union des métiers des industries hôtelières (UMIH). "Pour le client, ce permis d'exploitation est la garantie d'un meilleur service." Depuis la publication d'un décret jeudi, toute personne voulant ouvrir un établissement de débit de boissons ou un restaurant doit recevoir une formation obligatoire répartie sur trois jours. A l'issue de 20 heures d'enseignement, le futur cafetier reçoit un permis d'exploitation valable 10 ans.
La formation comprend un aspect prévention, en matière de protection des mineurs et même de lutte contre les stupéfiants. "De plus en plus de gens en consomment dans les cafés. On nous apprend à être vigilants dans ce domaine", précise Didier Chenet, le président du Synhorcat, un autre syndicat de cafetiers. En voulant "remettre de l'ordre" dans leur profession, les bistrotiers veulent aussi améliorer leur "image" écornée par certaines fermetures administratives, et la rendre plus "professionnelle".
"Refuser de donner de l'alcool"
En 2003, un cafetier avait été condamné pour complicité de délit de conduite sous l'emprise de l'alcool. L'un de ses clients avait pris le volant et commis un accident mortel, après être sorti ivre de son établissement. Cette coresponsabilité reste peu connue par certains exploitants de débits d'alcool. "Les bistrotiers doivent savoir à qui on peut donner de l'alcool et comment on peut refuser d'en donner", poursuit André Daguen. Dans ce domaine, toute la difficulté réside dans le fait que la loi interdit aussi le refus de vente à un consommateur, "sauf motif légitime".
La formation, dispensée par les syndicats de cafetiers, devrait coûter environ 700 euros. Mais les cafetiers établis de puis plus de dix ans en sont dispensés. Seuls les futurs exploitants et les plus novices devront passer cet "examen" un peu particulier.
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