Un Airbus A380 (archives). © LCILes compagnies aériennes broient du noir. Les prix fous du pétrole leurs donnent une vision bien pessimiste de 2008 et ils viennent de faire une nouvelle victime : Silverjet. La petite compagnie britannique spécialisée dans les voyages d'affaires transatlantiques, a annoncé vendredi qu'elle suspendait tous ses vols et se plaçait sous administration judiciaire, n'ayant toujours pas reçu un prêt d'urgence qu'elle attendait d'un investisseur. Quant aux autres compagnies, comme Air France, elles ne cessent de faire augmenter leur surcharge carburant pour épargner leurs comptes, au risque de perdre des clients.
L'Association internationale du transport aérien a intégré cette nouvelle donne. Elle a révisé drastiquement ses prévisions pour les transporteurs cette année, tablant désormais sur une perte de 2,3 milliards (environ 1, 5 milliards d'euros) de dollars, lors de l'ouverture de son assemblée générale lundi à Istanbul.
Malheureux, qui comme Sisyphe...
En avril, l'IATA tablait encore sur un profit de 4,5 milliards de dollars (environ 3 milliards d'euros) pour cette année, après 5,6 milliards de dollars de bénéfices en 2007 - les premiers depuis l'an 2000. Et encore : Le pronostic de lundi se fonde sur un baril à 106,5 dollars en moyenne. "La situation a changé dramatiquement ces dernières semaines. Un pétrole qui est monté au dessus de 130 dollars par baril nous a mené dans un territoire inconnu. Si l'on y ajoute l'affaiblissement de l'économie mondiale, nous avons tous les éléments pour une nouvelle tempête" sur les compagnies a expliqué Giovanni Bisignani, directeur général de l'IATA.
"Notre industrie est comme Sisyphe, après une longue et pénible ascension une boule géante de mauvaises nouvelles nous pousse à nouveau vers le bas", a-t-il dit, rappelant que les transporteurs avaient déjà beaucoup souffert après les attentats du 11 septembre 2001, avec la chute brutale du trafic aérien. Devant la crise pétrolière, Giovanni Bisignani a lancé un cri d'alarme aux gouvernements: "Ils doivent arrêter de nous traiter, nous et nos passagers, comme des vaches à lait et ils doivent contrôler les fournisseurs qui font la même chose".
Le billet papier est mort, vive le billet électronique !
Le poste carburant se taille effectivement la part du lion dans les dépenses des transporteurs, alors que les cours du pétrole évoluent à des niveaux records. Tous les moyens sont bons pour faire des économies, comme celles que leur offre le billet électronique, en attendant des avions plus économes en carburant, comme l'A380.
L'IATA, qui est basée à Genève et représente plus de 240 compagnies aériennes et 94% du trafic international, a profité de son assemblée générale pour célébrer la fin du billet d'avion papier en déversant sur les délégués rassemblés une pluie de petits morceaux de tickets. Le billet d'avion en papier a été enterré le 1er juin, en étant remplacé par le ticket électronique.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




