
La Commission européenne a dénoncé lundi les enquêtes d'opinion sur l'euro qui encouragent les "réactions viscérales" des Européens au détriment des faits, après un nouveau sondage exposant le sentiment négatif du public dans cinq grands pays de l'UE. Objet de la colère du commissaire européens aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia, le sondage publié lundi par le Financial Times a été réalisé dans les quatre grandes économies de la zone euro (Allemagne, France, Italie et Espagne), mais aussi au Royaume-Uni, qui n'utilise pas la monnaie unique. Ses résultats sont sans appel : il montre qu'une majorité de citoyens jugent "négatif" l'impact de l'euro sur l'économie de leur pays.
Le sondage, réalisé par l'institut britannique Harris Interactive, précise que cet effet négatif de l'euro est souligné par plus des deux tiers des Français, Italiens et Espagnols, et une majorité des Allemands - même si une majorité des personnes interrogées dans ces trois derniers pays estime que d'autres économies que celle de leur propre pays ont dû bénéficier d'effets positifs au sein de la zone euro. Plus de la moitié des 5314 personnes sondées dans les quatre pays manifestent une préférence pour leur ancienne monnaie. Près des deux tiers des Allemands regrettent ainsi le Deutsche Mark. En outre, 45% des Européens interrogés, y compris 60% d'Allemands, ont une opinion négative sur l'entrée dans l'Union européenne de la Bulgarie et de la Roumanie le 1er janvier 2007.
Bruxelles dénonce "l'amalgame"
Des conclusions que l'on refuse à Bruxelles : la porte-parole de Joaquin Almunia a ainsi regretté que "les immenses bénéfices que nous a apportés l'euro soient parfois oubliés", en attribuant notamment à la monnaie unique le mérite d'une très bonne résistance à la hausse des prix de pétrole depuis deux ans. "Après les deux chocs pétroliers de 1974 et de 1980, la hausse des prix a été de 15% en France et de 17% en Italie", a-t-elle rappelé. "Aujourd'hui, l'inflation reste contrôlée en dépit d'une augmentation à peu près comparable des prix du brut", a-t-elle expliqué.
Et de dénoncer "l'amalgame" entre la médiocre performance économique de l'UE pendant la première partie de la décennie en cours et l'introduction de l'euro, en soulignant que la zone euro avait créé 12 millions d'emplois nets depuis 1999, soit davantage que les Etats-Unis : "Actuellement, la croissance augmente et le chômage dans la zone euro est à son niveau le plus bas depuis que ces chiffres sont compilés. Il ne faut pas encourager les gens à faire confiance à leurs impressions plutôt qu'aux faits".
D'après agence
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