La France "guérie" de son déficit excessif

le 29 janvier 2007 à 22h23 , mis à jour le 29 janvier 2007 à 22h39

Les ministres des Finances des Vingt-Sept clôturent mardi la "procédure pour déficit excessif" qui avait provoqué une crise en Europe en 2003.

TF1-LCI : Thierry Breton, invité de LCI le 22 novembre 2006Thierry Breton, invité de LCI le 22 novembre 2006 © TF1-LCI

Thierry Breton s'est félicité de cette "très bonne nouvelle". Pour la première fois depuis 2002, la France est guérie de son "déficit excessif", une étape symbolique dans l'assainissement des finances publiques du pays. Les ministres des Finances des Vingt-Sept clôturent mardi sans tambour ni trompettes la "procédure pour déficit excessif" qui avait pourtant provoqué une crise de grande ampleur entre le couple franco-allemand et ses partenaires européens en 2003.

"La France est ainsi le premier grand pays de la zone euro à pouvoir en bénéficier", a précisé le ministre de l'Economie et des Finances après une réunion de l'Eurogroupe qui a approuvé la mesure. "(...) Ceci traduit les efforts très importants qui ont été faits par le gouvernement français depuis deux ans", a-t-il ajouté en confirmant sa prévision de 2,6% du PIB pour le déficit en 2007.

La sonnette d'alarme avait été tirée en 2003 par la Commission européenne au vu des chiffres définitifs pour 2002 : le déficit public avait atteint en France 3,2% du PIB, soit au-delà de la limite de 3% imposée aux membres de l'euro. Elle n'avait donc pas d'autre choix que d'ouvrir la procédure pour déficit excessif, qui prévoit toute une série d'étapes pouvant aller jusqu'à l'instauration d'amendes. La France était en bonne compagnie, puisque l'Allemagne, à sa grande colère, avait été classée dans cette catégorie.

"De l'eau dans leur vin"

Il s'en est suivi une féroce bataille entre la France et l'Allemagne d'une part, appuyées par leurs alliés italiens, grecs ou portugais, et la Commission d'autre part, soutenue par les petits pays "vertueux" qui avaient réussi à maintenir le cap. Paris et Berlin affirmaient que les choses allaient s'arranger et qu'il fallait faire preuve de souplesse dans une période de basse conjoncture afin de soutenir la croissance. "La France a d'autres priorités que la réduction des déficits", soulignait le ministre français de l'Economie de l'époque, Francis Mer, au plus fort de la crise.

Le discours a bien changé depuis. Les deux premières économies de la zone euro ont fait de la réduction du déficit sinon "la" priorité de leur action, du moins unes des priorités les plus importantes. Sous la tutelle de Nicolas Sarkozy et Thierry Breton, la France est rentrée dans le rang, le déficit public étant repassé sous la barre des 3% dès 2005. L'Allemagne renoue quant à elle avec le discours orthodoxe d'il y dix ans. "Les deux camps ont en fait mis de l'eau dans leur vin", estime un expert monétaire de la Commission.

D'après agence

le 29 janvier 2007 à 22:23
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