© LCISerait-ce la fin de l'ère de l'immobilier trop cher ? L'Institut Precepta (groupe Xerfi), qui a rendu publique une étude jeudi, affirme que le marché du logement en France pourrait connaître "le scénario noir d'un krach" et les prix chuter de 25% à l'horizon 2010. Après "une hausse de près de 100% entre 1996 et 2006", "le point haut du cycle a été atteint" et désormais "les tendances s'inversent", estime l'institut.
"Les prix dans l'immobilier (résidentiel, ndlr) progressent aujourd'hui quatre fois plus rapidement que le pouvoir d'achat", relève Precepta pour qui "jamais la déconnexion entre les deux n'a été si forte". Tout en reconnaissant que "ce choc a été en partie absorbé par l'amélioration des conditions de crédit qui ont augmenté la capacité d'emprunt des ménages", l'étude estime que "ce mouvement semble avoir atteint ses limites".
"Les ménages ne peuvent plus suivre"
"Les nouvelles en provenance de l'étranger ne sont pas bonnes", poursuit l'Institut, relevant "la surchauffe immobilière particulièrement élevée en Espagne et au Royaume-Uni", et que "les informations en provenance du marché américain ne sont pas bonnes". Le cabinet craint ainsi "un mimétisme" qui ferait que les prix de l'immobilier en France "reflueraient sensiblement à partir de 2007". "Les prix atteignent de tels niveaux que les ménages calent et ne peuvent plus suivre, ou alors difficilement".
Des spécialistes pas convaincus pas un krach
"Il y aura ralentissement" admet Philippe Waechter, analyste chez Natixis, mais "c'est une nuance assez sensible avec rupture". "Dans un marché immobilier, le facteur primordial de la chute est l'accumulation de stocks, comme ce fut le cas à la fin des années 80 au moment de l'éclatement de la bulle", explique-t-il. Or la situation française montre exactement le contraire. Pour Michel Mouillart, professeur d'économie à Paris X, "le ralentissement pourrait être très prononcé, accompagné d'un repli du nombre de transactions". Mais, il ajoute aussitôt qu'il s'agira là d'un "repli d'attentistes" et non pas "d'un effondrement".
La FNAIM affirme qu'un "scénario de retournement brutal de la conjoncture est écarté", pariant notamment sur la part croissante du prêt à taux zéro (PTZ) qui a permis "à plus de 430.000 ménages de réaliser un projet immobilier entre 2005 et 2006". Jean-Michel Six, chef économiste pour l'Europe de Standard & Poor's, considère que "les facteurs annoncés prêchent pour un ralentissement, mais pas pour un effondrement".
L'indice de référence des loyers en hausse de 3,19% |
L'indice de référence des loyers, qui sert de base à la révision annuelle des loyers en France, a progressé de 3,19% en glissement annuel au troisième trimestre 2006, a annoncé vendredi l'Insee. Cette progression est due "pour l'essentiel à la hausse de l'indice du coût de la construction" qui a fait un bond de 8,06% au troisième trimestre après 7,05% au trimestre précédent, explique l'Insee.
(D'après agence)
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