
L'association Grandes écoles au féminin, qui regroupe HEC, l'Essec, l'ESCP, Polytechnique, l'Ena, Centrale, les Mines de Paris, les Ponts et Chaussées et l'Insead, a publié mercredi une étude sur "le parcours professionnel des diplômé(e)s des grandes écoles. 7233 diplômés ont répondu (étude Ipsos)
LCI.fr : Les inégalités, de salaires ou de promotion, entre hommes et femmes dans la vie professionnelle sont connues. Concernent-elles également les anciens des grandes écoles ?
Véronique Préaux-Cobti (présidente de l'association Grandes écoles au féminin) : Oui, tout à fait. C'est la première fois qu'une étude est faite sur une population très homogène d'hommes et de femmes qui sortent de grandes écoles (HEC, Essec, ESCP, Ena, Ponts et Chaussées, Mines de Paris, Centrale, Polytechnique et l'Insead, ndlr), des mêmes promotions. Le premier constat que l'on peut faire sur plus de 7000 réponses, c'est que hommes et femmes s'investissent avec la même intensité dans leur vie professionnelle, ils ont la même implication et les mêmes attentes. 90% des femmes et 80% des hommes souhaitent en priorité s'épanouir dans leur travail. Ils travaillent le même nombre d'heures, 51 heures en moyenne par semaine.
"Les différences Véronique Préaux-Cobti
LCI.fr : Malgré cela, des inégalités existent-elles ?
de salaires sont
plus importantes
dans le privé que
dans le public"
Véronique Préaux-Cobti : Oui, à même niveau de formation et de responsabilité, les hommes sont deux fois plus nombreux dans les instances de direction, et les femmes sont deux fois moins nombreuses à encadrer des équipes de plus de 50 personnes. Quant au salaire, les femmes gagnent en moyenne 20% de moins que leurs collègues masculins et cet écart va même jusqu'à 27% pour les 36-40 ans. Ces différences de traitement existent dès le début de la carrière.
LCI.fr : Avez-vous constaté des différences selon que ces personnes sortent d'écoles d'ingénieur, de commerce ou de l'ENA ?
Véronique Préaux-Cobti : Non, ces critères ne sont pas pertinents. Les inégalités sont du même ordre quelle que soit la grande école. En revanche, les différences de salaires sont plus importantes dans le privé que dans le public.
LCI.fr : L'étude montre que, même lorsque ces femmes issues de grandes écoles ont des enfants, elles continuent à travailler à temps plein.
Véronique Préaux-Cobti : Oui, en effet, avec trois enfants ou plus, elles sont 85% à continuer à travailler contre 37% pour le reste de la population active féminine. La durée du travail hebdomadaire est d'ailleurs la même qu'avant leur grossesse, ce qui montre bien leur implication intacte dans leur carrière. Cela montre, que le fait d'avoir des enfants, qui est perçu comme un des principaux freins à l'évolution des carrières des femmes, est très surestimé. D'ailleurs, à la question "si vous aviez la possibilité matérielle d'arrêter de travailler", 54% des femmes diraient non contre 31% des hommes.
85% des femmes |
Véronique Préaux-Cobti : Tout d'abord, ce qui nous a étonné, c'est le manque de visibilité de ce problème. 62% des hommes déclarent ne pas constater de traitement différent selon le sexe quand 65% des femmes en sont convaincues. Si le problème n'est pas identifié par tous, on peut difficilement lutter contre. Ensuite, les femmes reconnaissent être moins promptes à demander des promotions ou des augmentations que leurs homologues masculins.
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