Le diplôme ne fait rien à l'affaire, quand on a une jupe...

Par Propos recueillis par Sophie LUTRAND, le 07 février 2007 à 18h27 , mis à jour le 08 février 2007 à 10h04

Même diplômées de l'ENA ou de Polytechnique, les femmes sont victimes d'inégalités par rapport à leurs homologues masculins. Elles gagnent en moyenne 20% de moins qu'eux selon une étude publiée mercredi.

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L'association Grandes écoles au féminin, qui regroupe HEC, l'Essec, l'ESCP, Polytechnique, l'Ena, Centrale, les Mines de Paris, les Ponts et Chaussées et l'Insead, a publié mercredi une étude sur "le parcours professionnel des diplômé(e)s des grandes écoles. 7233 diplômés ont répondu (étude Ipsos)

LCI.fr : Les inégalités, de salaires ou de promotion, entre hommes et femmes dans la vie professionnelle sont connues. Concernent-elles également les anciens des grandes écoles ?

Véronique Préaux-Cobti présidente de Grandes écoles au fémininVéronique Préaux-Cobti (présidente de l'association Grandes écoles au féminin) : Oui, tout à fait. C'est la première fois qu'une étude est faite sur une population très homogène d'hommes et de femmes qui sortent de grandes écoles (HEC, Essec, ESCP, Ena, Ponts et Chaussées, Mines de Paris, Centrale, Polytechnique et l'Insead, ndlr), des mêmes promotions. Le premier constat que l'on peut faire sur plus de 7000 réponses, c'est que hommes et femmes s'investissent avec la même intensité dans leur vie professionnelle, ils ont la même implication et les mêmes attentes. 90% des femmes et 80% des hommes souhaitent en priorité s'épanouir dans leur travail. Ils travaillent le même nombre d'heures, 51 heures en moyenne par semaine.

"Les différences
de salaires sont
plus importantes
dans le privé que
dans le public"

Véronique Préaux-Cobti

LCI.fr : Malgré cela, des inégalités existent-elles ?

Véronique Préaux-Cobti : Oui, à même niveau de formation et de responsabilité, les hommes sont deux fois plus nombreux dans les instances de direction, et les femmes sont deux fois moins nombreuses à encadrer des équipes de plus de 50 personnes. Quant au salaire, les femmes gagnent en moyenne 20% de moins que leurs collègues masculins et cet écart va même jusqu'à 27% pour les 36-40 ans. Ces différences de traitement existent dès le début de la carrière.

LCI.fr : Avez-vous constaté des différences selon que ces personnes sortent d'écoles d'ingénieur, de commerce ou de l'ENA ?

Véronique Préaux-Cobti : Non, ces critères ne sont pas pertinents. Les inégalités sont du même ordre quelle que soit la grande école. En revanche, les différences de salaires sont plus importantes dans le privé que dans le public.

LCI.fr : L'étude montre que, même lorsque ces femmes issues de grandes écoles ont des enfants, elles continuent à travailler à temps plein.

Véronique Préaux-Cobti : Oui, en effet, avec trois enfants ou plus, elles sont 85% à continuer à travailler contre 37% pour le reste de la population active féminine. La durée du travail hebdomadaire est d'ailleurs la même qu'avant leur grossesse, ce qui montre bien leur implication intacte dans leur carrière. Cela montre, que le fait d'avoir des enfants, qui est perçu comme un des principaux freins à l'évolution des carrières des femmes, est très surestimé. D'ailleurs, à la question "si vous aviez la possibilité matérielle d'arrêter de travailler", 54% des femmes diraient non contre 31% des hommes.

LCI.fr : Comment expliquer, alors, que leur carrière se développent moins vite ?

85% des femmes
qui ont trois enfants
ou plus continuent
à travailler
 


Véronique Préaux-Cobti : Tout d'abord, ce qui nous a étonné, c'est le manque de visibilité de ce problème. 62% des hommes déclarent ne pas constater de traitement différent selon le sexe quand 65% des femmes en sont convaincues. Si le problème n'est pas identifié par tous, on peut difficilement lutter contre. Ensuite, les femmes reconnaissent être moins promptes à demander des promotions ou des augmentations que leurs homologues masculins.

Par Propos recueillis par Sophie LUTRAND le 07 février 2007 à 18:27
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8 Commentaires

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  • Lavice, le 08/02/2007 à 17h46

    Au contraire je pense que les femmes sont plus avantagées que les hommes, elles ont beaucoup plus de droits. ce n'est peut être pas le cas de toutes les entreprises mais la mienne oui.les avantages sont conséquents dans les grandes entrepises, un congé maternité représente en moyenne 5 mois d'arrêt auxquels s'ajoutent les congés, puis après il y a le 80%, pris en général le mercredi, qui est une journée morte, et aussi le congé parentale qui permet de travailler a mis temps pendant 1 ou 2 ans, cette liste d'avantages est courte par rapport a tous les avantages mais elle permet de se rendre contre que les femmes n'ont pas a ce plaindre. dans mon entreprise les salaires sont identiques entre homme et femme et il vaut mieux être une femme pour profiter pleinement des avantages. de ce point de vue les patrons préfèrent forcémént les hommes avec une abscence moindre.

  • Sego, le 08/02/2007 à 14h36

    Il est vrai. Mais que faites-vous des femmes qui ne peuvent ou veulent pas avoir d'enfants? De plus,l'article et les études montrent que "le fait d'avoir des enfants, qui est PERCU (par qui???) comme un des principaux freins à l'évolution des carrières des femmes, est très surestimé." Donc, ce n'est qu'un prétexte des hommes encore bien dominants pour nous exploiter sans que nous le sachions. Nous n'y pouvons rien si c'est nous qui faisons les bébés! C'est déjà assez dur comme ça! C'est une honte,cela fait des années qu'on nous exploite, qu'on nous brime et qu'on nous humilie!!Ca suffit!!Femmes,(et hommes solidaires) rejoignez vos grand-mères et arrières-grand-mères qui se sont battues pour vous dans la rue!!Voilà au moins un vrai motif de manifestation.

  • Maurice, le 08/02/2007 à 13h59

    L'argument des provisions est un peu léger !! La période d'absence pour maternité ne dépasse pas 20 % du temps sur une année. Mais ça ne s'applique qu'à l'année de la naissance de l'enfant. Pourquoi maintenir cette différence les autres années ? Il n' y a aucune raison !!

  • Otto, le 08/02/2007 à 13h28

    Rde, Edd: c'est marrant je suis informaticien travaillant avec des femmes et je n'ai jamais vu de comportements tels que vous les décrivez. Ne généralisez pas votre caricature qui est tellement grosse qu'elle en devient grotesque.

  • Carine, le 08/02/2007 à 12h49

    Réponse à rde: Faites soigner vos employés masculins parce que c'est d'eux que vient le problème. Quand on veut discriminer on trouve toujours une excuse bidon (congés maternités, harcèlement des collègues...) Il faudrait penser à changer de siècle messieurs.

  • Johanna, le 08/02/2007 à 12h20

    Malheureusement tellement vrai. Etant femme, testez votre employeur et annoncez-lui au cours de l'entretien (le sujet est souvent abordé d'une manière ou d'une autre) d'embauche "non je ne veux pas d'enfant, je n'en ai jamais voulu et je déteste les enfants, alors ne vous inquiétez pas pour les congés maternité", froid garanti et poste envolé... Si, si, j'ai essayé (je suis pourtant mère d'une petite fille). Les employeurs ne savent pas ce qu'ils veulent...

  • Eric, le 08/02/2007 à 11h06

    L'écart est très simple à expliquer: il provient de la provision par les entreprises des congés maternité et des démissions après congés maternité.

  • Rde, le 08/02/2007 à 08h41

    Vous êtes mignons mais si vous aviez affaire a la bande de teigneux primitif et psychotique a laquelle j'ai affaires et poutant je travaille dans l'informatique , laisser une femme travailler dans ce milieu demande l'assistance quasi permanente d'un garde du corps pour ne pas se faire harceler injurier et pour finir quitter le boulot en pleurs . Alors de fait ça fait grimper le prix de l'heure de travail . Alors si vous avez une solution à ça faite moi signe .

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