© DRLes chiffres du chômage mentent-ils ? Une note de 15 pages, réalisée par trois fonctionnaires dont deux administrateurs de l'Insee "dont l'un a travaillé au ministère de l'emploi et un salarié syndicaliste de l'ANPE", écrit Le Monde affirme, que "de fait, une révision du taux de chômage à la hausse de l'ordre de 0,8 point, soit 200.000 à 300.000 demandeurs d'emploi en plus, ne serait pas surprenante". Et "une telle révision reviendrait à diviser par deux la baisse du chômage estimée depuis mi 2005", ajoutent-ils. "C'est dire s'il est important que le juge de paix", en l'occurrence l'Insee, "remplisse sa fonction" en publiant "les résultats de l'enquête Emploi 2006", poursuit la note.
Les auteurs de la note diffusée mardi, qui signent "Sky.", ne prétendent pas avoir eu accès à des données nouvelles, mais s'appuient sur les données de l'ANPE. Après ces révélations en tout cas, le ministre de l'Economie Thierry Breton a affirmé mardi que le système de calcul des chiffres du chômage par l'Insee était "performant" et n'avait "pas changé depuis des années". "Je n'ai aucun pouvoir" sur le calendrier de publication des chiffres de l'Insee ou sur la méthode scientifique de calcul de l'institut de statistiques, a-t-il insisté, ajoutant que "l'Insee ne rend pas de comptes au ministre".
Précarité et radiation
L'institut a annoncé le 16 janvier, en raisons d'incertitudes techniques, le report à l'automne de cette enquête qui donne chaque année en mars les statistiques du chômage dans leur version révisée. Il doit détailler jeudi devant le CNIS (Conseil national de l'information statistique) les motifs de ce report, qui a suscité la polémique en pleine campagne présidentielle.
Les auteurs de la note justifient leur estimation par le fait qu'à "partir de juin 2005, les innovations se sont multipliées dans la façon de gérer les chômeurs, pour bousculer les demandeurs d'emploi hors des catégories phares utilisées pour les statistiques officielles". Ils citent les licenciés économiques qui signent des conventions de reclassement personnalisé (CRP), des contrats de transition professionnelle (CTP) ou ceux exerçant "des petits boulots d'attente aidés par l'Etat". Parallèlement, "le risque de radiation administrative a augmenté de 20% depuis le début de l'année", "soit environ 6.000 radiations supplémentaires chaque mois" (catégorie 1), affirme la note.
L'Insee doit être juridiquement indépendante |
L'Insee travaille de façon impartiale et objective, selon un rapport d'évaluation effectué par des homologues européens, les offices statistiques européen Eurostat, belge et irlandais. Toutefois, l'institut ne remplit que "partiellement" le critère de l'indépendance formelle : bien que l'Insee soit en pratique "libre d'interferénces politiques ou extérieures, son indépendance n'est pas précisée dans la loi", à la différence de ses homologues européens. L'Institut est une des directions générales du ministère des Finances. Les experts européens recommandent que cela lui soit accordé "dès que possible". |
Retour MYTF1
Pour aller plus loin sur ce sujet
Chargement en cours...




