
Les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont tranché la semaine dernière : réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre de l'Union d'ici 2020, pour limiter l'ampleur du réchauffement climatique. Et la marge est large. Actuellement, la part des renouvelables dans la consommation d'énergie parmi les 27 plafonne à moins de 7% à l'exception de la Suède où elles représentent 31,2% de la consommation totale.
"Parvenir à l'objectif de 20% suppose donc de tripler la production actuelle des grands pays qui sont aussi les plus gros consommateurs - Espagne, France, Allemagne, Italie, Pologne, Royaume Uni et Allemagne -", souligne le président du Syndicat (français) des énergies renouvelables (SER), André Antolini. "Il va falloir se retrousser les manches, car on n'a pas progressé depuis des années". "Dans le secteur électrique, il va falloir développer résolument l'éolien et arrêter de chipoter; il faut aussi reconsidérer l'hydraulique à la hausse en revoyant les barrages et développer le solaire photovoltaïque", selon André Antolini.
Objectif intenable ?
"On n'est pas parvenu au bout des possibilités en éolien", note quant à lui Cédric Philibert de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). "Cependant, il sera indispensable de développer les interconnexions entre les pays membres" - producteurs et consommateurs - pour assurer les livraisons d'électricité, plutôt que de chercher à la stocker. Et aussi, explique l'expert, parce qu'il sera moins cher et plus sûr d'assurer des approvisionnements depuis l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient que de compter, même en Grèce ou en Italie, sur la seule production locale.
Par ailleurs, les 27 de l'UE se sont également engagés à porter à 10% la part des biocarburants dans leur consommation globale (contre 5,7 aujourd'hui). Or cet objectif paraît intenable sans recours à des importations, selon Cédric Philibert. "Pour garantir - en l'état actuel des techniques - les 10% visés, il faudrait y consacrer 40% des terres agricoles. Ca ne pourra donc se faire sans importations d'éthanol du Brésil ou d'huile de palme d'Indonésie... Ce qui en terme d'environnement est extrêmement discutable", estime l'expert de l'AIE, faisant valoir les risques de déforestation accélérée. Selon ce dernier, l'Europe n'y arrivera pas sans importer et sans réduire sa consommation.
d'après agence
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