Les statisticiens du ministère de l'Emploi en grève © TF1/LCIDes sociologues, historiens, économistes et statisticiens ont appelé mercredi, dans une lettre ouverte à Jean-Louis Borloo, à ne pas publier les chiffres du chômage jeudi. "L'affichage d'un taux de chômage artificiellement bas relève de la manipulation de l'opinion publique, alors que les périodes électorales devraient être des moments de transparence sur le bilan des politiques menées", écrivent-ils, en apportant leur soutien à la grève qu'ils ont faite jeudi à la Dares, le service statistique du ministère de l'Emploi. Une centaine de chargés d'études, chercheurs ou statisticiens se sont rassemblés à l'heure du déjeuner, jeudi, devant la tour abritant la Direction générale du travail et la Dares à Paris (XVe).
Les chiffres du chômage pour le mois de mars ont été rendus publics ce jeudi par le ministère de l'Emploi. "Les données de l'ANPE, à la suite de modifications administratives, ne sont plus en l'état exploitables pour le calcul et conduisent à une sous estimation forte du taux de chômage", jugent-ils. "En tant que chercheurs soucieux de la qualité et de la crédibilité des statistiques concernant l'emploi et le chômage, nous soutenons l'action des personnels des services statistiques de l'emploi et nous demandons aussi au ministre Jean-Louis Borloo de suspendre cette publication", ajoutent-ils.
La lettre ouverte est signée par quarante chercheurs dont plusieurs noms de la recherche française, le sociologue de l'éducation Christian Baudelot (ENS), l'historien de la statistique Alain Desrosières, l'économiste Bernard Gazier (université Paris 1), ainsi que Thomas Piketty (EHESS), cofondateur de l'Ecole d'économie de Paris (PSE), qui a apporté son soutien à la candidate PS à la présidentielle Ségolène Royal.
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