Sarkozy crée le débat autour de la TVA sociale

le 03 avril 2007 à 11h50 , mis à jour le 03 avril 2007 à 14h03

Le candidat UMP, tout comme François Bayrou, plaide en faveur de la mise en place de cette nouvelle taxe. Une proposition fermement condamnée à gauche, au nom de la "justice sociale".

TF1/LCI Nicolas Sarkozy présente son ouvrage intitulé "Ensemble", à la presse.Nicolas Sarkozy présente son ouvrage intitulé "Ensemble", à la presse. © TF1/LCI

En proposant d'expérimenter la TVA sociale, Nicolas Sarkozy remet la fiscalité au cœur du débat présidentiel. Dans "Ensemble", son livre-programme paru lundi, le candidat UMP se dit "convaincu" que la TVA sociale qui consiste à consacrer une partie de la TVA au financement de la protection sociale, est un impôt de nature à relancer l'économie. Nicolas Sarkozy se réfère ainsi aux expériences menées en Allemagne et au Danemark, où le financement de la protection sociale s'appuie non seulement sur le travail, mais aussi sur la consommation.

Dans son ouvrage, Nicolas Sarkozy précise "qu'environ un tiers de la baisse des cotisations pourrait être réallouée à l'augmentation du pouvoir d'achat". "C'est le contraire du système actuel de financement de la protection sociale, qui en taxant le travail obère la compétitivité des exportations, augmente le prix des produits français par rapport aux prix des produits importés, déprécie la rémunération du travail et contribue à faire de l'emploi une variable d'ajustement de l'économie", analyse-t-il. L'idée n'est pas nouvelle. François Bayrou s'était déjà, lors de la présentation de son programme économique, prononcé en faveur de cet impôt.

Un impôt "socialement injuste"

Cette proposition est férocement critiquée par la gauche. Ségolène Royal la juge "mauvaise et dangereuse" car elle conduira "à un alourdissement de l'impôt sur la consommation" et à une "diminution des salaires". "Je propose au contraire une revalorisation des bas salaires pour relancer la croissance. Je propose donc la solution inverse", a poursuivi la candidate socialiste. François Hollande dénonce une mesure "socialement injuste, car elle ferait payer aux consommateurs l'allègement des cotisations accordées aux entreprises (...) économiquement dangereuse, car elle réduirait le pouvoir d'achat des ménages, freinant dès lors la consommation, moteur essentiel de la croissance". De son côté, Olivier Besancenot fustige lui aussi la proposition de TVA sociale, jugeant qu'il s'agit de "l'impôt le plus injuste". "Un milliardaire et un chômeur se trouvent sur un pied d'égalité en payant la même TVA sur l'alimentation", fait valoir le candidat de la LCR.

Pour des raisons différentes, Philippe de Villiers se montre lui aussi très sévère à l'égard de cette proposition. Le candidat du Mouvement pour la France estime que cette idée revient à "trois points d'impôt supplémentaires qui seront payés par les consommateurs". Or selon lui, "toute forme d'impôt supplémentaire est symboliquement une erreur".

Avec agence

le 03 avril 2007 à 11:50
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