Le premier conseil des ministres du gouvernement Fillon 2 © TF1/LCIC'est une "loi pour pouvoir déduire de l'achat d'une résidence principale les intérêts sur les impôts", avait expliqué Jean-Louis Borloo dimanche, lorsqu'il était encore ministre de l'Economie. Le projet de loi examiné et adopté mercredi matin en conseil des ministres prévoit notamment un crédit d'impôt égal à 20% des intérêts d'emprunt pour les ménages qui acquièrent leur résidence principale, plafonné à 3.750 euros pour un célibataire et 7.500 pour un couple (le détail de la mesure).
Autre volet emblématique du texte, son article 1, censé illustrer le slogan "travailler plus pour gagner plus". Il prévoit que les heures supplémentaires seront déduites du revenu imposable des salariés et que les cotisations sociales payées par l'employeur comme par le salarié seront réduites. (le détail de la mesure ici) Le Conseil d'Etat, qui a globalement validé le texte, estime toutefois que cette différence de traitement ne devrait pas être maintenue au-delà du 31 décembre 2008, selon des informations de presse.
Coûteux mais efficace ?
Le texte supprime en outre totalement les droits de succession pour le conjoint survivant (ou le partenaire pacsé) et porte de 50.000 à 150.000 euros l'abattement sur les donations. Le "bouclier fiscal", plafonnant actuellement à 60% des revenus les impôts directs des contribuables, sera ramené à 50% et intégrera les prélèvements sociaux. Le travail étudiant sera défiscalisé et les redevables de l'ISF pourront choisir d'investir dans les PME ou les organismes d'intérêt général le montant de leur impôt, dans la limite de 50.000 euros. Côté grandes entreprises, les "parachutes dorés", ces indemnités de départ des dirigeants qui ont défrayé la chronique ces derniers mois, et l'octroi de stock-options seront désormais un peu plus encadrés.
Dès leur annonce, ces mesures ont provoqué une salve de critiques, la gauche fustigeant des "cadeaux fiscaux". Tout comme certains économistes, les syndicats y voient une mesure coûteuse pour la collectivité et incapable de réduire le fossé entre travailleurs et chômeurs. Le coût du projet a été évalué à 11 milliards d'euros en année pleine par François Fillon.
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