François Fillon le 28 juin 2007 © TF1-LCISéminaire d'avant vacances : François Fillon réunit mardi ses ministres pour fixer les délicats équilibres du budget 2008. Le Premier ministre doit concilier le début de réalisation des promesses électorales de Nicolas Sarkozy avec la tenue de l'engagement de la France de maîtriser ses déficits publics.
Dans un rapport du 18 juillet, le sénateur UMP Philippe Marini estime qu'il faudra, selon les scénarios, économiser entre 60 et 80 milliards d'euros sur la législature afin de ramener les comptes publics à l'équilibre et la dette sous les 60% de produit intérieur brut au plus tard en 2012. Le président a en effeet repussé à cette date ce double objectif. Le coût pour l'Etat du "paquet fiscal" sera pour sa part de 10 à 11 milliards dès 2008, selon la propre estimation de la ministre de l'Economie Christine Lagarde.
En attendant que la révision générale des politiques publiques permette d'identifier des gisements d'économie, en principe au printemps prochain, le gouvernement n'a donc d'autre choix que de procéder à des coupes budgétaires. La réduction du nombre de fonctionnaires semble le principal levier. Elle reste aussi, jusqu'à présent, la principale inconnue des arbitrages attendus, en-dehors de l'annonce de principe de Nicolas Sarkozy sur le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
L'Education nationale en première ligne
Sachant que 57% des fonctionnaires qui cesseront leurs fonctions en 2008 dépendent de l'Education nationale, le ministre du Budget Eric Woerth n'a pas surpris en indiquant la semaine dernière que le nombre de suppressions de postes dans l'Education sera "évidemment très significatif". Le ministre concerné, Xavier Darcos, avait provoqué une levée de bouclier syndical en évoquant 10.000 postes.
Le 5 juillet, le quotidien économique Les Echos avait avancé pour sa part le chiffre de 17.000, estimation alors "ni confirmée ni infirmée" par le gouvernement. Selon les chiffres du rapport Marini, 82.000 fonctionnaires prendront leur retraite en 2008. Si la moitié n'étaient pas remplacés (soit 41.000), l'effort correspondant représenterait arithmétiquement près de 24.400 postes dans l'enseignement. Un chiffre qui, à lui seul, pourrait susciter une rentrée sociale très animée.
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