François Fillon lors de la conférence de presse de présentation du budget 2008 © DRPour sa dernière conférence de presse avant la trêve estivale, le Premier ministre a annoncé les grandes lignes du budget 2008. "En moyenne, un fonctionnaire sur deux ne sera pas remplacé, à trois exceptions près", a précisé François Fillon à l'issue d'un séminaire gouvernemental. Les ministères de la Justice, de l'Education Nationale et de la Recherche et de l'enseignement ne seront pas concernés par cette proportion. Dans l'enseignement, un fonctionnaire sur trois ne sera pas remplacé, les effectifs seront maintenus dans le secteur de la Recherche et 1600 fonctionnaires seront recrutés à la Justice. Ce personnel sera affecté aux neuf nouveaux centres pénitenciers actuellement en construction.
Le Premier ministre a rappelé que 12.000 postes de fonctionnaires n'avaient pas été remplacés en 2007 : "l'effort sera donc doublé en 2008". Cela correspond "à une économie de 700 à 800 millions d'euros en année pleine", a estimé Eric Woerth. Etant donné que les départs s'étaleront sur toute l'année, le ministre du Budget et des Comptes estime donc les économies "à la moitié", soit environ 350 à 400 millions d'euros. La moitié de ces économies sera affectée à l'amélioration des rémunérations des fonctionnaires, a indiqué le Premier ministre. Cette information va dans le même sens que les propos du Président qui avait indiqué mardi matin à Dax que les fonctionnaires seraient "moins nombreux mais mieux payés".
Ces 22.700 fonctionnaires en moins, "c'est beaucoup trop" pour la CGT. Le Snes-FSU, principal syndicat du secondaire, soupçonne le gouvernement d'avoir "en tête de diminuer les heures de cours obligatoires au collège et au lycée", pour éponger ces suppressions "considérables", selon la FSU.
En attendant les réformes de structure
Quant aux dépenses, François Fillon a dit avoir "refusé le saupoudrage" afin de concentrer l'action du gouvernement sur les priorités. Là aussi, certains ministères sont privilégiés : 1,8 milliard d'euros supplémentaire sera affecté au budget de la Recherche et de l'Enseignement, celui de la Justice augmentera de 4,5%. En 2007, le budget de la justice avait augmenté de 5,2% pour un total de 6,27 milliards d'euros. Une enveloppe de 140 millions d'euros reviendra au budget de l'Education nationale afin de permettre la mise en place d'études dirigées dans tous les collèges à la rentrée 2008. Le nombre de suppressions de postes dans l'Education nationale sera communiqué fin août car "il doit prendre en compte le recrutement de 6000 personnes pour les études dirigées".
Pour ce budget, le gouvernement fait l'hypothèse d'une croissance de 2,5% et d'une inflation de 1,6%. "Les dépenses en volume n'augmenteront pas", a assuré le Premier ministre. Il a rappelé que l'objectif était un retour à un budget équilibré "au plus tard en 2012". Quant au non remplacement d'un fonctionnaire sur deux d'ici la fin du quinquennat, le Premier ministre l'a conditionné à la réalisation de réformes structurelles, rapprochement ou fusion d'administration, Unedic-ANPE... "Les ministres recevront des notifications détaillées de leur budget d'ici à la fin du mois d'août", a conclu François Fillon.
| Budget de la justice : "une maigre consolation" |
Les annonces sur le budget de la Justice sont encore loin du compte, ont déploré mardi les principaux syndicats de magistrats et de surveillants de prison. "Ce n'est qu'une maigre consolation et nous ne sommes pas encore à niveau", a commenté la vice-présidente de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire). Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), a pour sa part jugé "effrayant que les moyens toujours privilégiés soient ceux de la pénitentiaire" alors qu'il y a notamment "un manque de moyen dans les greffes". "Ce pourrait être une bonne chose si cela peut servir à l'amélioration des conditions de détention et pas seulement à augmenter le nombre d'établissements en prévision de l'augmentation du nombre de détenus, après le vote de la loi anti-récidive", a-t-il noté. Et pour le premier syndicat de surveillants de prison (UFAP/Unsa), il n'y a rien de neuf. "On ne compte pas se réjouir de ces 1.600 créations de postes puisque ceux-ci sont programmés depuis 2002", a-t-il déclaré. |
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