Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des Finances à l'Assemblée nationale lors de l'examen du projet de loi sur le "paquet fiscal""Confiance, croissance, emploi". Voilà le triptyque défendu par Christine Lagarde, ministre de l'économie, des Finances et de l'Emploi mardi à l'Assemblée nationale. La ministre s'exprimait devant les députés qui entamaient l'examen du projet de loi pour le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA), dit "paquet fiscal". Au menu : instauration d'un bouclier fiscal, c'est-à-dire un plafond d'imposition (coût : 600 millions d'euros), mise en place d'heures supplémentaires mieux rémunérées (6 milliards d'euros), suppression des droits de succession(2,2 milliards d'euros), crédit d'impôt pour les intérêts des emprunts immobiliers (3,7 milliards d'euros).
De ce "choc de confiance", la ministre attend 0,5 point de croissance supplémentaire pour 2008. Conformément à ce qui avait été annoncé, l'ensemble des mesures du projet de loi coûteront entre 10 et 11 milliards d'euros en 2008, "en fonction du nombre d'heures sup réalisées", selon la ministre et 13,6 milliards d'euros en rythme de croisière soit dès 2009.
Pour autant, il ne s'agit que "d'une première étape", a expliqué la ministre très à l'aise pour sa première intervention devant les députés. Il y aura "au moins quatre autres" grandes réformes économiques, dont une "réforme générale de notre fiscalité", a-t-elle précisé.
Pas de place pour la paresse
Christine Lagarde, sur les traces du Président de la République, a axé tout son discours sur la valeur travail : il faut "rompre avec le mépris qui entoure la valeur travail". "Les Français ne veulent pas des loisirs en plus", "des pains et du jeu" mais "du travail". Qu'y a-t-il de plus aristocratique que de considérer le "travail comme une servitude", s'est interrogé la ministre à l'encontre des députés PS et des défenseurs des 35 heures.
Plutôt que de "partager le gâteau travail", "je préfère parler de pâte qui lève", a ironisé la patronne de Bercy avant de détailler l'ensemble des mesures (lire l'article) et de laisser la parole à Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives et père du Revenu de solidarité active (RSA). L'ancien président d'Emmaüs, moins à l'aise que sa collègue, a d'ailleurs été chahuté par les députés de l'opposition. L'examen du projet de loi devrait se poursuivre jusqu'à la fin de la semaine.
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