Dominique Strauss-Kahn commentant le départ de Nicolas Sarkozy du gouvernement (21 mars 2007) © Election présidentielle - TF1/LCILe prétendant européen à la tête du FMI sera donc Dominique Strauss-Kahn. Mardi après-midi, le socialiste s'est félicité du soutien des pays de l'UE à sa candidature, confirmant qu'il postulait à ce poste. "Je veux remercier chaleureusement les 27 de la confiance qu'ils m'ont témoignée", a réagi l'ancien ministre de l'Economie qui va "maintenant s'attacher à convaincre les autres parties prenantes". Ce serait "un honneur pour la France et une chance pour le FMI", a pour sa part déclaré Nicolas Sarkozy mardi.
L'annonce des ministres des Finances des 27 sur la candidature de Strauss-Kahn a été faite mardi en fin de matinée par la présidence portugaise de l'Union européenne, alors que la Pologne venait tout juste d'annoncer la candidature officielle de son propre prétendant : l'ex-Premier ministre Marek Belka. Mais les réticences polonaises sont vite tombées, selon des sources diplomatiques.
"L'hypothèse DSK" avait été la veille au menu à la fois du conseil d'administration du FMI, et des entretiens des ministres des Finances de l'UE réunis à Bruxelles - Nicolas Sarkozy y avait d'ailleurs plaidé pour son "poulain". Dominique Strauss-Kahn a de réels atouts pour succéder à l'Espagnol Rodrigo Rato, à la tête du FMI depuis juin 2004 et qui a décidé à la surprise générale de démissionner fin octobre pour raisons personnelles. Le chef de l'Etat ne tarit pas d'éloges : "Je sais que c'est un poste très convoité. Pour l'obtenir, il faut avoir une forte crédibilité, une expérience incontestable, être polyglotte. Dominique Strauss-Kahn a ces qualités. Lui et moi avons la même vision du fonctionnement du FMI".
Remous autour de "l'hypothèse DSK"
Un éloge repris mardi par la ministre française des Finances, Christine Lagarde : "Le calibre du candidat, son expérience internationale, le rôle qu'il a joué au sein de l'Eurogroupe, lui ont permis de rallier très rapidement les soutiens", a-t-elle estimé. Désormais candidat officiel des Européens, il va pouvoir "commencer un processus de campagne et de consultation avec l'ensemble des pays membres du FMI".
Sur la scène politique intérieure aussi, la candidature DSK séduit. Au PS même, où la stratégie d'ouverture du chef de l'Etat et ses appels du pied à des personnalités de gauche créent un malaise palpable, les appels à ne pas mêler "des problèmes de politique intérieure" à ce sujet ont cédé la place à des commentaires nettement plus élogieux : Claude Bartolone a ainsi affirmé mardi que le soutien des 27 à la candidature de Dominique Strauss-Kahn constituait "un honneur pour tous les socialistes". Et il a tenu à bien différencier son cas des ralliements individuels à Nicolas Sarkozy.
| Fonds monétaire international et Banque mondiale |
Créé en 1944 avec la signature des accords de Bretton Woods, le FMI avait pour but originel de garantir la stabilité du système monétaire international, mis en place après-guerre et reposant sur une parité fixe des monnaies et la convertibilité du dollar en or. Son rôle est aujourd'hui essentiellement d'accorder des crédits aux pays en difficulté financière en contrepartie de politiques économiques dans le droit fil de l'orthodoxie monétaire. Ce qui fait du FMI une organisation complémentaire de la Banque mondiale, créée essentiellement pour aider le continent européen et le Japon à redresser la tête au lendemain de la Seconde guerre mondiale, et qui fournit aujourd'hui des financements aux pays en difficulté. Selon une règle non-écrite, la direction du FMI revient à un Européen, celle de la Banque mondiale à un Américain. |
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