Euro trop fort : Sarkozy "ne cèdera pas"

le 19 juillet 2007 à 14h49 , mis à jour le 20 juillet 2007 à 11h40

Contrairement à son habitude, la discrète BCE s'est fendue d'un communiqué jeudi en réaction à une déclaration du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes. Ce dernier estime qu'il est possible "d'influencer" la BCE.

Jean-Claude Trichet, président de la BCEJean-Claude Trichet, président de la BCE © LCI

Le sang de Jean-Claude Trichet n'a fait qu'un tour après une déclaration du secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet : selon ce dernier, il est possible "d'influencer" les décisions sur les taux de la BCE via un dialogue "plus ouvert" avec les ministres des Finances de la zone euro. "Pas acceptable", a réagi le président de la BCE. Ce n'est pas la première fois que le Français défend son institut contre ce qu'il considère comme des tentatives d'entamer son indépendance, mais il est rarissime qu'il réagisse à un propos en particulier et aussi rapidement.

Berlin, ardent défenseur de l'indépendance de la BCE, a aussi promptement remis les choses au point. "Bien sûr il est possible de discuter. Mais les décisions prises par la Banque centrale européenne sont du seul ressort de ses organes dirigeants, et ne doivent être ni préparées ni influencées par des discussions politiques des Etats membres", a dit jeudi le porte-parole de la chancelière, Ulrich Wilhelm.

Dilemme de septembre

La déclaration de J.P Jouyet au International Herald Tribune surprend d'autant plus que deux jours plus tôt, le président français Nicolas Sarkozy a affirmé son attachement à l'indépendance de la BCE à l'occasion de sa rencontre à Toulouse avec la chancelière conservatrice allemande Angela Merkel. Le sujet était devenu un sujet de friction entre Paris et Berlin : Angela Merkel et Nicolas Sarkozy avaient profité de leur rencontre, consacrée essentiellement au groupe européen d'aéronautique EADS, pour gommer aussi publiquement leurs divergences sur le sujet.

La pression maintenue par la France est potentiellement problématique pour le conseil des gouverneurs. S'il attend octobre avant de remonter le principal taux, actuellement à 4%, il pourrait être soupçonné de céder aux pressions françaises. S'il frappe dès septembre, il est susceptible de faire grimper davantage l'euro, déjà à un niveau record, face au dollar et au yen. La force de la monnaie unique deviendrait progressivement un plus grand problème pour les exportateurs. Et l'argument de Nicolas Sarkozy en faveur d'une plus grande influence des pouvoirs politiques sur les changes pourrait faire des adeptes.

le 19 juillet 2007 à 14:49
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19 Commentaires

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  • Galmiche, le 19/07/2007 à 21h29

    L'Europe palabre et les produits Américains et Asiatiques nous envahissent pendant ce temps là... No comment!

  • Baal, le 19/07/2007 à 19h38

    La monnaie, l'inflation, etc ... Tout ça c'est politique. C'est normal qu'il y ait une politique monetaire qui soit commune avec le reste de la politique communautaire. Un minimum de concertation s'impose !

  • POULAIN, le 19/07/2007 à 19h13

    Si SARKO veut influencer du cours de l'euro comme il veut réformer la justice, c'est trés dangereux, ce serait la porte ouverte à l'interventionisme des politiques. Cependant si la mission que l'on a donné à la BCE est la lutte contre l'inflation, pourquoi ne pas lui demander de lutter contre le chômage comme pour la FED aux Etats Unis. Le chomage... pas de chance, justement un sujet qui ne sera plus d'actualité, car il baissera en raison de la pénurie de main d'oeuvre en Chine et par suite de la monté des produits importés. La lutte contre l'inflation deviendra un vrai sujet d'actualité. L'euro monte car l'empire américain sombre,et SARKO ne doit surtout pas se comporter comme un vassal en essayant de sauver la face des empereurs américains.

  • Cousin, le 19/07/2007 à 18h55

    Grace a l euro fort nous payons moins cher notre energie avec un euro faible le prix de celle ci explosera et notre pouvoir d achat baissera d autant

  • Nicolas2a, le 19/07/2007 à 18h28

    L'euro fort penalise les exportation europeennes, vis a vis du dollar et du yen, il serait temps que la BCE y remedie, sinon gare aux delocalisations, et a la montée des prix. finalement Sarkozy va gagner car la BCE ne pourra resister a la montée de la grogne chez les 27.

  • Jean-Luc, le 19/07/2007 à 18h20

    L'euro est trop fort. Seul un imbecile ne peut pas le voir et il faut vraimente etre Trichet pour ne pas prendre acte. Ca se voit que ce n'est pas la PCE qui exporte... Un bel exemple de bureaucratie.

  • Florian, le 19/07/2007 à 18h00

    Le titre n'aurait-il pas dû être : "LA BCE ne cédera pas"?

  • Alain, le 19/07/2007 à 17h55

    Qui a élu Mr Trichet ? De quelle légitimité démocratique peut-il se prévaloir en regissant la vie de près de 400 millions de personnes ? Ferait bien de s'en souvenir avant de jouer les vierges outragées ! Le malheur avec les technocrates désignés, c'est que le peuple ne peut pas les renvoyer s'il n'est pas satisfait d'eux. Sommes nous toujours en démocratie alors que chacun sait que l'Euro au point où il en est étrangle nos exportations et favorise les importations !

  • Bill, le 19/07/2007 à 17h46

    Dilemme et non dilemne ...

  • ISABELLE, le 19/07/2007 à 17h27

    Il faut que JC TRICHET descende de son trône... il n'est pas le roi Soleil...

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