Jean-Claude Trichet, président de la BCE © LCILe sang de Jean-Claude Trichet n'a fait qu'un tour après une déclaration du secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet : selon ce dernier, il est possible "d'influencer" les décisions sur les taux de la BCE via un dialogue "plus ouvert" avec les ministres des Finances de la zone euro. "Pas acceptable", a réagi le président de la BCE. Ce n'est pas la première fois que le Français défend son institut contre ce qu'il considère comme des tentatives d'entamer son indépendance, mais il est rarissime qu'il réagisse à un propos en particulier et aussi rapidement.
Berlin, ardent défenseur de l'indépendance de la BCE, a aussi promptement remis les choses au point. "Bien sûr il est possible de discuter. Mais les décisions prises par la Banque centrale européenne sont du seul ressort de ses organes dirigeants, et ne doivent être ni préparées ni influencées par des discussions politiques des Etats membres", a dit jeudi le porte-parole de la chancelière, Ulrich Wilhelm.
Dilemme de septembre
La déclaration de J.P Jouyet au International Herald Tribune surprend d'autant plus que deux jours plus tôt, le président français Nicolas Sarkozy a affirmé son attachement à l'indépendance de la BCE à l'occasion de sa rencontre à Toulouse avec la chancelière conservatrice allemande Angela Merkel. Le sujet était devenu un sujet de friction entre Paris et Berlin : Angela Merkel et Nicolas Sarkozy avaient profité de leur rencontre, consacrée essentiellement au groupe européen d'aéronautique EADS, pour gommer aussi publiquement leurs divergences sur le sujet.
La pression maintenue par la France est potentiellement problématique pour le conseil des gouverneurs. S'il attend octobre avant de remonter le principal taux, actuellement à 4%, il pourrait être soupçonné de céder aux pressions françaises. S'il frappe dès septembre, il est susceptible de faire grimper davantage l'euro, déjà à un niveau record, face au dollar et au yen. La force de la monnaie unique deviendrait progressivement un plus grand problème pour les exportateurs. Et l'argument de Nicolas Sarkozy en faveur d'une plus grande influence des pouvoirs politiques sur les changes pourrait faire des adeptes.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




