© AFP"Des accords de coopération avec la Libye, j'espère qu'on en signera bien évidemment. Les Etats-Unis l'ont fait (...). Je ne vois pas au nom de quoi la France serait le seul pays à ne pas signer ce type d'accord", a commenté le président Sarkozy lors de la conférence de presse mardi sur la libération des infirmières bulgares par la Libye.
Le pays d'Afrique du Nord représente un potentiel commercial important pour la France et l'Union européenne, notamment en matière énergétique. "La Libye a quatre fois plus de pétrole que l'Algérie", indique à LCI.fr Barah Mikaïl, chercheur sur le Moyen-Orient à l'Iris (Institut de recherches internationales et stratégiques). Il estime d'ailleurs que la Libye est la grande gagnante de l'accord conclu avec l'Union européenne. "Elle avait fait un premier pas en décembre 2003 en renonçant à son programme nucléaire mais le général Kadhafi s'était plaint d'un manque de réaction commerciale des Etats-Unis. Il lui restait un dossier sous le coude, celui des infirmières bulgares, et il l'a exploité au mieux".
Vaste plan de privatisations
Et, si les échanges commerciaux entre la Libye et la France sont encore modestes, (0,1% des exportations et 0,45% des importations françaises), ils progressent rapidement : +20% en un an pour les importations et 43% pour les exportations. Ce nouvel épisode devrait "accélérer le retour de la Libye sur la scène internationale", commente Barah Mikaïl.
Le pays tourne en ce moment le dos à un système économique étatiste, il a lancé un plan de privatisation de 375 sociétés publiques et a besoin à la fois d'investissements et de savoir-faire. En premier lieu dans le domaine de l'énergie. Le pays recèle d'importantes réserves gazières et minières largement inexplorées. De quoi attirer la convoitise des compagnies occidentales. Après des années d'absences, certaines sont revenues, à l'instar de la britannique BP, qui a signé fin mai un accord de 900 millions de dollars dans l'exploration de gaz. Tripoli a également lancé début juillet un important appel d'offre pour l'exploration de 41 blocs gaziers auquel Total, qui n'a jamais quitté la Libye, entend participer. L'Europe, et notamment la France, sont de plus en plus soucieux de diversifier leur approvisionement.
Vente de Rafales ?
La France nourrit également des ambitions dans le nucléaire. Elle a signé avec Tripoli en mars 2006 un protocole d'accord sur la recherche nucléaire civile, qui ouvrait la porte à une "participation" des sociétés françaises. La société Areva indique avoir "été sollicitée pour présenter son offre" de centrales nucléaires, précisant que les contacts, "au stade préliminaire", dataient de 2006.
Dans le domaine bancaire, c'est un groupe français, BNP Paribas, qui a remporté la semaine dernière l'appel d'offres portant sur la privatisation de 19% du capital de la Sahara Bank, n'hésitant pas à payer le prix fort : 145 millions d'euros.
Nouvelle perle d'Afrique du Nord
Dassault a de son côté obtenu un contrat de modernisation de 12 chasseurs-bombardiers Mirage F1 libyens. La Libye a également manifesté son intérêt pour le Rafale, l'avion de chasse français jamais encore vendu à l'étranger, mais aucune négociation concrète ne semble engagée. De nombreux autres secteurs sont aujourd'hui concernés par les privatisations : l'agriculture, la chimie, la métallurgie et la téléphonie.
Le tourisme pourrait également profiter de cet accord. Seuls 300.000 touristes se rendent en Libye chaque année contre six millions pour ses voisins, le Maroc et la Tunisie. "La Libye est sans conteste le pays d'Afrique du Nord avec le plus fort potentiel de développement", conclut Barah Mikaïl.
Retour MYTF1
Invitée de LCI mercredi matin, Christine Lagarde a estimé que les relations entre la France et le Libye "étaient en plein développement". 
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