Nicolas Sarkozy © TF1/LCIA l'étranger, l'initiative étonne : fin juin, lorsqu'avait été annoncée la venue de Nicolas Sarkozy en personne à Bruxelles pour la réunion des grands argentiers de l'UE, le ministre allemand des Finances avait commenté par deux mots : "intéressant" et "inhabituel". Plus enthousiaste, Jean-Claude Juncker, Premier ministre, ministre des Finances du Luxembourg et président de l'Eurogroupe, "l'applaudit des deux mains". En France, elle devrait donner de nouveaux arguments aux détracteurs du président, qui l'accusent déjà d'être omniprésent, voire "omnipotent". Quoi qu'il en soit, Nicolas Sarkozy sera ce lundi le premier chef de l'Etat à accompagner un ministre des Finances (en l'occurrence, Christine Lagarde) pour expliquer lui-même les orientations budgétaires de son pays à une réunion ministérielle de l'Eurogroupe.
La toute nouvelle ministre des Finances Christine Lagarde ne voit pour sa part aucun inconvénient à être la seule ministre parmi les treize à être accompagnée par son président. "Pour un baptême du feu à l'Eurogroupe, quoi de mieux que d'avoir un général tel que le président de la République pour expliquer de manière solennelle à nos partenaires européens la politique économique de la France?"
Sarkozy attendu de pied ferme sur la politique budgétaire
Celui-ci devra notamment préciser pourquoi la France a décidé de repousser à 2012 le retour à l'équilibre de son budget, alors qu'elle s'était engagée en avril sur la date de 2010. "Si un pays ne peut pas respecter un engagement, cela soulève un problème qui n'est pas juridique mais politique", a mis en garde Fernando Teixeira Dos Santos, ministre portugais des Finances.
Le chef de l'Etat français proposera par ailleurs à la rentrée, une réunion européenne des chefs d'Etat et de gouvernement pour parler de la politique économique. Et de la politique monétaire : Nicolas Sarkozy souhaite mettre sur la table la question de "la surévaluation de l'euro" et demander plus de pouvoirs pour l'Eurogroupe afin de contrebalancer le poids de la Banque centrale européenne. Il défendra également la candidature de Dominique Strauss-Kahn pour diriger le Fonds monétaire international. Un point qui semble pour l'heure faire plus polémique sur la scène politique intérieure française qu'à Bruxelles.
D'après agence
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