© TF1-LCIA l'image de l'ensemble des places boursières, la Bourse de Paris a salué par un vif rebond la décision de la banque centrale américaine d'abaisser son taux d'escompte, un geste d'apaisement qui laisse envisager une possible détente des taux directeurs américains.
A l'issue d'une séance marquée par une volatilité extrême - le CAC a perdu jusqu'à 0,9% en matinée pour toucher un nouveau plus bas de l'année à 5.217,70 points et a atteint un plus haut de 5.450,35 points dans l'après-midi - l'indice phare de la Bourse a terminé sur un gain de 1,86% à 5.363,63 points. Le volume d'échanges a explosé, atteignant 15,9 milliards d'euros, dont 8,6 milliards sur les seules valeurs de l'indice, dopé par l'arrivée à échéance des options et futures sur indices. Après une semaine de tourmente et de très violentes secousses, le CAC parvient ainsi à limiter sa perte à 1,56% d'un vendredi sur l'autre.
Paris et Londres bondissent
La Réserve fédérale américaine a pris les marchés par surprise en annonçant, en début d'après-midi, une baisse d'un demi-point de son taux d'escompte (à 5,75%), ramenant ainsi de 100 à 50 points de base l'écart avec son principal taux directeur (Fed funds), maintenu quant à lui à 5,25%. Le taux d'escompte est un taux d'urgence appliqué aux établissements financiers, généralement en difficulté, qui font appel à la Fed. Celui des Fed funds est le niveau auquel la Fed souhaite que le taux au jour le jour se négocie sur le marché monétaire. L'écart entre ces deux taux n'avait jamais été modifié depuis 2003, date à laquelle la Fed avait inversé son système d'échelle, faisant passer le taux d'escompte au-dessus de celui des Fed funds.
"C'est un autre moyen pour la Fed d'injecter des liquidités, tout en voulant rassurer et restaurer la confiance", estime Florence Pisani, économiste de Dexia Asset Management. Pour Eric Vergnaud, responsable de la recherche économique pour la zone euro chez BNP Paribas, il s'agit "d'une bonne nouvelle. Cela montre que la Fed prend en compte les difficultés de certains établissements financiers et qu'elle veut éviter que la crise ne finisse par toucher les entreprises et les particuliers". Surtout, la Fed a accompagné son geste d'un communiqué sans ambiguïté sur les menaces que font peser sur la croissance la détérioration des conditions du crédit et des marchés financiers, un constat qui ouvre la porte à une possible baisse des Fed funds.
New York clôture en hausse
De nombreux stratèges et économistes de marché avaient émis le souhait, avec la tourmente boursière, que la Fed abaisse ses taux directeurs pour ramener le calme et la confiance sur les marchés financiers. "Je pense que la Fed se laisse maintenant la possibilité d'abaisser ses taux si la décision d'aujourd'hui ne suffit pas à normaliser la situation, c'est-à-dire à ce que les conditions de crédit ne soient pas réduites pour les bons emprunteurs, entreprises ou particuliers, et que la confiance soit restaurée", observe Florence Pisani. Pour Philippe Waechter, directeur de la recherche économique à Natixis Asset Management, "cela renforce la probabilité d'une baisse d'un demi-point du taux des Fed funds au FOMC du 18 septembre".
Les économistes estiment aussi que la décision de la Fed rend plus difficile un relèvement des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) en septembre, comme anticipé jusqu'ici par de nombreux experts. Le geste de la Fed a été salué par l'ensemble des places boursières. En Europe, Londres, a grimpé de 3,5%, tandis que Francfort a pris plus modestement 1,5%. Du côté des indices paneuropéens, l'EuroStoxx 50 a gagné 2,34% et l'EuroFirst 300 2,27%. Wall Street finissait aussi en forte hausse avec le DJIA +1,82% et le Nasdaq +2,20%.
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