Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe © TF1/LCIDans la mesure du possible, "nous allons faire tous nos efforts pour atteindre les objectifs" fixés en avril au niveau de la zone euro, soient parvenir à l'équilibre des finances publiques au plus tard en 2010. C'est la réponse de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde vendredi aux semonces de ses pairs lors d'une réunion à Porto, tout en reconnaissant que l'objectif de 3% au moins de croissance pendant la période, que Paris juge nécessaire pour y parvenir, était très optimiste. Même réponse de la part du Premier ministre. "Nous poursuivrons notre effort pour rejoindre l'équilibre budgétaire dès 2010 si la conjoncture le permet, au plus tard en 2012", a-t-il assuré vendredi soir.
L'Eurogroupe, forum des ministres des Finances de la zone euro réuni vendredi à Porto, avait demandé dans la matinée à la France de ramener son budget à l'équilibre en 2010 et non en 2012. Son président, Jean-Claude Juncker, avait auparavant estimé que la France devait accroître ses efforts pour réduire ses dépenses publiques.
Il a critiqué vendredi le manque "d'ambition" de la France en matière de réduction de son déficit public. "Nous pensons que les ambitions dont la France a fait preuve (en matière de réduction des déficits) ne correspondent pas tout à fait au niveau des attentes qui sont les nôtres", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse. Les réformes structurelles engagées par la France "vont dans la bonne direction et sont de nature à augmenter le potentiel de croissance", mais "nous pensons que réformes structurelles et amélioration budgétaire doivent aller ensemble", a ajouté le ministre des Finances et Premier ministre luxembourgeois.
La zone euro "assez robuste"
Jean-Claude Juncker a par ailleurs annoncé que l'Europroupe va surveiller de "très près" la situation sur les marchés des changes, alors que l'euro bat record sur record face au dollar et s'approche du seuil de 1,40 dollar. "Une volatilité excessive et des mouvements désordonnés sur le marché des changes sont indésirables pour la croissance économique", a estimé le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, lors de la même conférence de presse.
Jean-Claude Juncker a reconnu que "les risques se sont accrus" et notamment en matière de croissance. Mais là encore, le point de vue communautaire diffère de celui du chef de l'Etat français car, aux yeux du président de l'Eurogroupe, l'économie de la zone euro est "suffisament robuste" pour qu'il n'y ait pas lieu de procéder "à une révision dramatique à la baisse" des prévisions de croissance pour 2008, a-t-il ajouté. Le patron de la BCE a abondé dans ce sens en laissant entendre que la BCE continuait à envisager une hausse de ses taux d'intérêt directeurs en zone euro, après avoir renoncé à un tour de vis début septembre, du fait des turbulences sur les marchés financiers.
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