Et si la France n'était pas endettée ?

Par , le 25 septembre 2007 à 18h23 , mis à jour le 26 septembre 2007 à 11h32

A quoi ressemblerait la France si la "faillite" évoquée par François Fillon ne la guettait pas ? Alors que le gouvernement présente mercredi le budget 2008, LCI.fr a posé la question à deux économistes.

TF1-LCI © TF1-LCI

Alors que le gouvernement présente mercredi le budget de l'Etat français pour 2008 qui prévoit un déficit public de 42 milliards d'euros, LCI.fr a demandé à deux économistes à quoi ressemblerait la France si elle n'était pas endettée. En 2006, la dette de l'Etat représentait 1150 milliards d'euros soit plus de 18 000 euros par habitant (voir l'infographie). Chaque année, l'Etat dépense 20% de plus que ses recettes et rembourse, au titre de l'intérêt de l'emprunt de la dette, environ 150 milliards d'euros soit le budget de l'Etat.

Que se passerait-il si les comptes étaient à l'équilibre ? Quelles seraient les marges de manœuvre du gouvernement, les implications pour les entreprises et pour les particuliers ?
 
1. L'Etat pourrait baisser les impôts et les cotisations pour les entreprises
"L'impôt sur le bénéfice des entreprises en France est supérieur à la moyenne européenne, ce qui est pénalisant pour la croissance", note Nicolas Bouzou, économiste à l'agence Astérès. Idem pour la taxe professionnelle : "cette taxe est perçue par les collectivités locales et, même si le gouvernement aimerait bien la réduire ou la supprimer, il n'a pas aujourd'hui les moyens de compenser ce montant auprès des collectivités", estime l'économiste.
 
2. L'Etat pourrait supprimer l'impôt sur le revenu
Le remboursement de la dette équivaut chaque année à un peu plus de 3% de PIB (produit intérieur brut). C'est à peu près le montant des recettes de l'impôt sur le revenu, indique Xavier Timbaud, responsable du département analyses et prévisions à l'OFCE.
 
3. La France pourrait procéder aux investissements dont elle a besoin
Toujours sur la base de 3% de PIB supplémentaire dans les caisses de l'Etat (cf ci-dessus), "l'Etat pourrait augmenter le budget de l'enseignement de 50%". "Ce serait surtout nécessaire pour l'enseignement supérieur qui est le parent pauvre de l'enseignement", juge Nicolas Bouzou. "L'argent versé au titre de la dette serait sans conteste plus utile s'il était attribué aux universités".

Les hôpitaux et les infrastructures routières pourraient également en bénéficier. Xavier Timbaud cite l'exemple de la Norvège qui, grâce à ses ressources pétrolières, n'a non seulement pas de dette mais est assise sur un pactole représentant 100% de son PIB. "Les impôts y sont particulièrement faibles, le taux de chômage aussi grâce à une redistribution sociale très forte", note l'économiste de l'OFCE.
 
4. La France pourrait davantage s'endetter
"Paradoxalement, si la France n'avait pas de dette, elle pourrait peut-être davantage emprunter", juge Xavier Timbaud. "Lorsque Tony Blair est arrivé au pouvoir, l'Angleterre était peu endettée. Il a donc emprunté pour davantage investir ce qui, à court et à moyen terme, a été favorable à l'économie et à l'emploi".

La France pourrait-elle emprunter à de meilleures conditions de marché si sa situation financière était assainie ? "Pas forcément", répond Nicolas Bouzou. "La France est aujourd'hui très bien notée par les agences de notation qui déterminent les conditions de marché. Les créanciers se bousculent car la France rembourse toujours ses emprunts".

Pour l'économiste, le véritable risque serait que, d'ici 10 à 15 ans si rien ne bouge, la situation financière se dégrade et que la notation soit moins bonne. "Les créanciers se feraient plus rares et imposeraient des taux d'intérêts plus élevés".
 
4. La France irait peut-être moins bien
Pour que la France ne soit pas du tout endettée aujourd'hui, deux hypothèses : l'Etat aurait beaucoup moins dépensé au cours des 25 dernières années (la dette n'était "que" de 73 milliards d'euros en 1978, ndlr) ou les recettes auraient été plus importantes. "Avec moins de dépenses, l'actif, c'est-à-dire les routes, les infrastructures, l'éducation ou la santé, serait moins bon", estime Xavier Timbaud.

Par Sophie Lutrand le 25 septembre 2007 à 18:23
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

44 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • JP85600, le 26/09/2007 à 18h30

    En réponse à FRANCOIS de PARIS, c'est bien beau de critiquer les anciens (entre et comme toujours les gens de la génération 68). Mais n'oubliez pas que vous ancetres se sont battus pour avoir ce que vous avez, ce n'est peut-être pas énorme, mais c'est mieux que rien. Au debut du 20ème siecle des gens se sont battus pour être respectés (les mineurs, les ouvriers, les paysans ...) En 1914, nos anciens se sont battus pour éviter d'être envahis (1914 / 1918 cela vous cause-t-il) En 1936, il y a eu le "front Populaire", ce qui a permis aux ouvriers de pouvoir avoir deux semaines de congés par an. En 1939, nos anciens se sont encore battus pour garder leur indépendance (enfin certains vous savez 1939 / 1945) Après la guerre il y avait des tickets pour pouvoir s'alimenter. Puis il y a eu 1968, effectivement (j'y était) ce ne fut pas quelque chose d'exceptionnel, mais cela à quand même apporté quelques avancées. Il est vrai qu'en vous lisant nous aurions mieux fait de nous abstenir (surtout eviter de dire il est interdit d'interdire) peut-être auriez vous un peu plus d'estime pour vos parents et grands parents. Bonne lecture et merci de me publier

  • Wanda, le 26/09/2007 à 14h32

    A lire toutes les réactions, la dette colossale est due à la gauche, a la CMU, à la gauche, aux immigrés, à la gauche, au RMI, et surtout à la gauche. Et moi, je persiste a penser qu'elle est due surtout à l'incompétence de nos gouvernants depuis cinquante ans, de leurs mauvais choix, de la mauvaise gestion de ces mauvais choix, de la corruption qui n'est pas si marginale que ça. Comparer deux états semblables sur un demi-siècle: la France et l'Allemagne. L'Allemagne était laminée par la guerre, par chance pour eux, ils n'ont pas L'ENA, cette merveilleuse école que le monde entier nous envie, mais que personne ne copie.

  • Armand, le 26/09/2007 à 13h09

    Et si on ne rebourssait QUE ce que l'on doit (les capitaux et pas intérêts) ? Et bien la France aurait "comme par hazard" des dizaines de milliard en plus dans son budget. La France ne va pas plus mal qu'avant 1980, la différence c'est qu'avant 1980 l'Etat pouvait créer sa propre monnaie, maintenant, il doit l'acheter. Voilà la réalité : on est endetté à cause du système monétaire, et non pas à cause d'un mauvais budget !

  • COLLOMB, le 26/09/2007 à 13h08

    VENEZ PAS VOUS PLAINDRE DE LA POLITIQUE ACTUELLE.C EST QUE LE DEBUT ET çA POUR 5 ANS

  • Julien, le 26/09/2007 à 13h04

    Alain, de PAris, les fonctionnaires et les étrangers ne sont pas responsables de tous les maux du pays. C'est un eu facile de dire ça, mais ridicule.

  • Laurent, le 26/09/2007 à 13h03

    Pourquoi toujours la faute aux socialistes ? pourtant ca fait 12 ans que le RPR/UMP sont au pouvoir et a au contraire la dette a encore augmentée, et sarko qui augmente encore le nombre de personnels à l'Elysée ? c'est pas du foutage de G.?

  • Libérta, le 26/09/2007 à 12h58

    Qui s'est enrichie sur le dos de l'état? Pas moi! A qui profite la casse de l'outil social? Aux financiers, banques, tous ceux qui nous tiennes" par la bourse" ! Assurances, assureurs, n'ont-ils pas beaucoup à gagné dans cette mauvaise gestion des comptes de l'état, mais aussi la Banque de France ? Bonnet blanc, blanc bonnet !

  • Cedric, le 26/09/2007 à 12h33

    Merci Alain de Paris, pour ton analyse un poil raciste, je suppose que tu ne beneficie pas de la sécurité social et d'aucune aide de l'etat

  • Dom, le 26/09/2007 à 12h26

    On peut écrire n'importe quoi dans un tel article puisqu'il s'agit d'une situation imaginaire!!! Ce n'est pas vraiment de l'info mais plutôt de la science-fiction. Pour l'article de demain je suggère des titres : "Et si la France était la première puissance modiale..." ou bien "Et si la France était plus endetté encore..." ou bien 3Et si on traitait des questions intéressantes sur LCI.fr???"

  • François, le 26/09/2007 à 12h19

    A voir les réactions, on tombe une nouvelle fois dans le débat stérile droite/gauche qui consiste à dire "C'est pas moi c'est l'autre". Les dernières élections présidentielles ne vous apprennent donc rien??? La dette n'est ni de droite ni de gauche, c'est NOTRE DETTE à tous. Ou plus exactement: c'est celle de nos parents... J'ai 30 ans aujourd'hui et je paye cette dette contractée par mes parents. Vous me répondrez "Oui mais cette dette à servit à investir pour toi mon fils!" Ah bon? Moi ce que je vois c'est plutôt ça : je n'aurai pas de retraite "publique", je bosserai plus longtemps qu'eux, je galère pour acheter un appart alors que le marché était facile pour eux... (le tout dans une ambiance tranquille, 68 oblige...)Et l'état des lieux pourrait faire 20 pages de blogs... Maintenant, ils ont payé leurs maisons et leurs gosses, et leurs impots, même parfois élevés, ne les étouffent plus. Donc, message à tous les plus de 50 ans: quand on a fait une connerie, on l'assume et on aide de façon constructive ou alors on se la ferme une bonne fois pour toute et on laisse les gosses apporter un peu de sang neuf dans l'économie. La solution ne viendra jamais de ceux qui ont créé cette dette, de droite comme de gauche, car ils sont trop attachés à leurs aquis. Maintenant, va falloir trancher un jour ou l'autre et ça va faire mal...

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience